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scTi©K . qu’il n’est ordinaire aux petites- véroles discrètes.
Symptômes 4- Les pctites-vérolcs confluentes irrégulières despetites vé- cu bcauGOup de choscs des confluentes
roles couüu- » i i • •
entes. régulicres que j avais observées dans la constitution ' précédente. Elles paraissaient tantôt le second et tantôt le troisième jour, sous la forme d’une tumeur rougeâtre et uniforme qui couvrait tout le visage, et qui était plus élevée que l’érysipèle , sans qu’il y eût presqu’aucune distinction visible des pustules. Le reste du corps était chargé d’une infinité de pustules rouges , enflammées et réunies par plaques, entre lesquelles s’élevaient, prin • cipalement sur les cuisses, des vésicules assez remarquables, qui ressemblaient à des brûlures, et étaient pleines d’une sérosité limpide. Cette sérosité coulait abondamment lorsque la pellicule qui couvrait les vésicules venait à se déchirer, et alors la chair qui était au-dessous paraissait noire et sphacélée. Mais ce redoutable symptôme se rencontrait rarement , et on ne le vit que le premier mois de la maladie.
5. Dans ce temps-là , c’est-à-dire au mois de Janvier 1670, un brasseur , nommé M. Collins, de la paroisse de Saint-Gilles, me fit appeler pour voir son fils encore enfant, qui était fort mal. Il avait sur les cuisses des vésicules grosses comme des noix , et pleines d’une sérosité claire , lesquelles étant ouvertes , la chair au-dessous parut entièrement sphacélée , et peu après le malade mourut : ce qui arriva aussi à tous ceux que je vis attaqués de ce funeste symptôme.
b. Environ le onzième jour la tumeur rougeâtre du visage se trouvait revêtue en différens endroits, et peu à peu dans tout le visage., d’une pellicule blanche et luisante. Bientôt après il en sortait une
DES ANIVÉES 1670 , 71 , 72. ^4?
matière épaisse et luisante qui n’était ni jaune ni brune , deux couleurs qui se trouvent dans les autres espèces de petites-véroles ; mais elle était d’un rouge foncé , semblable au rouge de sang caillé , et qui , chaque jour , à mesure que la tumeur mûrissait , approchait davantage de la couleur noire; jusqu’à ce qu’enfin tout le visage était noir comme de la suie.
Dans l’autre genre de petite-vérole confluente , le onzième jour était le plus dangereux , et la plupart de ceux que la maladie enlevait , mouraient ce jour-là. Mais dans la petite-vérole confluente dont nous parlons, les malades ne mouraient ordinairement que le quatorzième jour , et quelquefois meme que le dix-septième, à moins qu’un régime excessivement chaud n’avançât leur mort ; et quand ils passaient le dix-septième jour, ils étaient hors d’affaire. Toutefois ceux à qui il survenait de ces funestes vésicules accompagnées de gangrène , lesquelles nous avons dit arriver à quelques-uns le premier mois de la maladie, mouraient peu de jours après l’éruption.
7. La fièvre et tous les autres symptômes qui précédaient ou accompagnaient cette petite- vérole , étaient plus considérables que dans l’espèce précédente , et il y avait des signes manifestes d’une plus grande inflammation. Les malades étaient plus portés à saliver ; les pustules étaient plus enflammées et beaucoup plus petites ; en sorte que quand elles commençaient à paraître , il n’était pas aisé de les distinguer de l’érysipèle , ni merne de la rougeole , quoiqu’on puisse connaître sûrement cette dernière maladie par le jour de l’éruption , et par les autres signes que nous avons rapportés cidessus, en donnant l’histoire de la rougeole. Après que les pustules étaient tombées, les écailles fari-
Chap. VI.
Sücxiüi^ iV.
Cette petite-vérole s'adoucit la troisième aaaée.
ÏÆéthode eu rative.
PeTÏTES-VÉROLES IRRÉGÜLIÈRES
neuses restaient plus long-temps, et imprimaient sur la peau des marques plus profondes
Il est important d’ajouter que , durant cette constitution où les dyssenteries étaient si épidémiques, les petites-véroles que Ton traitait avec un régime trop chaud, se terminaient quelquefois par la dyssenterie; chose que je n’avais jamais vue une seule fois auparavant.
8. Il faut encore observer que ces petites-véroles irrégulières n’eurent pas toujours des symptômes également fâcheux. Car au bout de deux ans , c’està-dire en 1672, qui était la troisième année , elles commencèrent à s’adoucir; et de noires qu’elles étaient auparavant , elles devinrent peu à peu jaunes , qui est la couleur naturelle des petitesvéroles légitimes, quand elles sont en suppuration ; de telle manière que la dernière année de cette constitution , elles furent entièrement bénignes et d’un bon caractère, eu égard à leur nature. Nonobstant cela, on voyait assez par la petitesse de leurs pustules, par la grande disposition que les malades avaient à saliver, et par les autres symptômes , qu’elles n’étaient pas du genre des petites'véroles régulières.
9. Mais , quoique l’ignorance où nous sommes des causes qui produisent la différence spécifique de chaque chose, ne permît pas de comprendre pourquoi ces petites-véroles étaient différentes de celles de la constitution précédente, j'étais néanmoins très-assuré par la nature des symptôn^es , que rinflammation était beaucoup plus violente dans les premières que dans les secondes; et qu’ainsi tout le traitement consistait à modérer enc(jre davantage la trop grande ébullition du sa ng.
Cette indication se remplissait principalement
DES ANNto 1670, 71 , 72. 249
en donnant les narcotiques de la manière que -■
T , , A T ^ Chap. yI.
nous avons dit plus haut, et outre cela, par un régime tempéré , c’est à-dire, en faisant boire abondamment de quelque liqueur propre à tempérer l’ardeur brûlante dont les malades étaient tourmentés, sur-tout dans le temps de la suppuration, qui est plus grande dans la petite- vérole que dans toute autre maladie. La décoction blanche qui se fait avec un peu de pain et de corne de cerf dan& beaucoup d’eau et suffisante quantité de sucre , était utile ; mais l’eau laiteuse , composée de trois parties d eau et d’une partie de lait bouillies ensemble , était ordinairement plus agréable au goût des malades , et répondait mieux à l’intention qu’on avait de rafraîchir.
La grande quantité de liqueur que buvaient les UtîUtédeia malades, ne servait pas seulement à modérer la ^ chaleur extrême qui se faisait sentir principale- naaiadie. ment durant la fièvre de suppuration ; elle servait encore à aider la salivation , et à l’entretenir plus long-temps qu’elle n’aurait duré , si la chaleur eût été plus grande. Outre cela, j’ai souvent observé que la boisson copieuse des liqueurs dont nous avons parlé, avait produit de merveilleux effets ; en sorte que les petites-véroles qui , durant leur éruption , semblaient devoir être confluentes et des plus malignes , devenaient discrètes dans le progrès de la maladie ; que les pustules qui , en suppurant, auraient rendu une matière d’abord rouge et ensuite noire, paraissaient très-jaunes ; et qu’au lieu d’être petites et fort enflammées , elles étaient grosses et d’un bon caractère.
10. Le flux menstruel qui arrive .souvent aux femmes dans le temps qu’elles ont la petite-vérole , ne doit en aucune façon les empêcher de boire abondamment de ces liqueurs. Au contraire, elles
pETTfES-V:ÉROtÊS IRRIÉGTTLIÈRES
^*****^""'"^ doivent en boire par cette raison-là meme ; car le
Siciiajsiv. gg trouvent alors les femmes , vient
uniquement de ce que le sang étant trop atténué par la chaleur excessive de la maladie, il s’échappe par les voies naturelles , sur-tout lorsque des femmes ignorantes ont imprudemment employé un régime trop chaud, et la décoction de corne de cerf avec les fleurs de souci, etc., ce qui est jeter de rhuile sur le feu. Or, tout ce qui délaie et tempère puissamment le sang , quoique non pas d’une manière immédiate, contribue nécessairement à entretenir la tumeur du visage et des mains , en arrêtant l’hémorrhagie. Au contraire , les remèdes chauds qui semblent plus propres à entretenir cette tumeur , la font diminuer, en ce qu i Is augmentent la perte de sang.
Je ne doute pas meme que cette mauvaise méthode n’ait été funeste à un grand nombre de femmes : car les assistans craignant que l’hémorrhagie ne fit affaisser les pustules , tâchaient de prévenir ce malheur par l’usage des cordiaux , et d’un régime encore plus échauffant qu’à l’ordinaire; mais, en agissant de la sorte, ils tuaient plus sûrement ces pauvres femmes , quelque peine qu’ils se donnassent pour arrêter l’hémorrhagie et pour entretenir les pustules et la tumeur dans une élévation convenable, en mêlant divers astringens avec les cordiaux.
F.s<>mpie(îe IJ. Je traitai , il n’y a pas long-temps une Dame lEus une Oa- grande distinction et de beaucoup de mérite, qui avait une petite-vérole noire et maligne. Je lui avais interdit, dès le commencement de sa maladie, tout ce qui pouvait agiter le sang. Néanmoins, comme elle était d’un tempérament trèssaiiguin, qu’elle était jeune et vigourèuse, et que d’aiüeurs on était alors en été, elle lut attaquée le
DES Aî^HEES
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troisième jour de l’éruption , et hors du temps ordinaire de 'Ses règles, d’une perte de sang si abondante , que les femmes qui étaient présentes , crurent qu’elle s’était blessée. Ce symptôme dura trois jours, sans que je crusse devoir interrompre l’usage de l’eau laiteuse que j’avais ordonnée. Je pensai meme qu’elle était alors encore plus nécessaire, et qu’il fallait en donner davantage; c’est ce que je fis en effet pendant toute la maladie , sur-tout vers le temps de la fièvre suppuratoire.
Alors on appela avec moi , pour traiter la maladie, M. Millington , très-habile Médecin e-t trèshonnête homme , mon intime ami , et qui avait été autrefois membre du même Collège que moi. Comme il vit que toutes choses allaient assez bien, eu égard à la nature de la maladie, il entra volontiers dans mon sentiment; savoir , que la malade continuât à boire copieusement de l’eau laiteuse ; car elle disait souvent elle-même que cette liqueur lui était très-agréable, qu’elle la rafraîchissait , la nourrissait et faisait couler la salive. Quand le visage eut commencé à se durcir et à se couvrir d’une croûte, comme nous appréhendions que les exhalaisons putrides de la matière purulente qui, dans cette sorte de petite-vérole , rendait une fort mauvaise odeur , ne rentrassent dans le sang , nous permîmes à la malade de prendre, une fois le jour, ou toutes les fois qu’elle sentirait des douleurs d’estomac, quelques cuillerées de vin de Canarie, un peu bouilli; nous ajoutâmes à cela une potion calmante qui se prenait tous les jours à l’heure du sommeil : et avec ce peu de remèdes la malade guérit, sans être attaquée d’aucun autre symptôme dangereux, excepté l’hémorrhagie. Le visage et les mains s’enflèrent raisonnablement; les pustules furent d’une bonne grandeur , eu égard au genre
Chap. Vi.
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Section IV.
En quel cas îa grande boisson n'était pas 3si nécessaire.
aSa Pet.-vér. irrég. des AMfe 1670, 71, 72.
de la maladie ; la salive coula abondamment et facilement jusqu’au bout. Enfin, quoique les pustules du visage semblassent disposées à noircir lorsqu’elles suppuraient, ellesjautiirent néanmoins dans la plupart des autres parties.
12. Les petites- veroîes de cette constitution étaient beaucoup plus inflammatoires que celles des autres constitutions. Cependant , lorsqu’elles étaient discrètes, ou en petit nombre , l’expérience montrait qu’il n’était pas besoin de faire boire une si grande quantité de liqueurs dont nous avons parié. Il suffisait que les malades bussent de la petite-bière à leur soif et à leur volonté ; qu’ils vécussent de decoction d’avoine, de panades, et de temps en temps depommescuites; ets’ilsétaient hors de l’âge de puberté, qu’ils prissent du sirop diacode, quand ils souffraient, ou qu’il survenait un délire causé par le défaut du sommeil.
Voilà tout ce que je faisais, quand il n’y avait pas beaucoup de pustules , sinon que je tenais les malades au lit. Mon fils , Guillaume Sydenham , qui, au mois de Décembre 1670 , eut une petitevérole discrete de cette nature, fut heureusement guéri par la seule méthode que je viens de recommander.
ï3. Je ne dirai rien davantage touchant les petites-véroles de cette constitution , ayant déjà traité au long des petites véroles régulières ; desquelles les premières ne différaient qu’en ce qu’elles étaient plus inflammatoires. C’est pourquoi il fallait travailler avec plus de soin à tempérer l’ardeur brû- Lmte qui leur était naturelle , et qui était si dangereuse.
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