‹ Médecine pratiqueChapitre 79 sur 115 · CHAPITRE TIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE TIL

Coliques bilieuses des années 1670 , 71 , ^2.

I. Durant toutes les années de cette constitution , comme le sang avait beaucoup de penchant à déposer sur les viscères des humeurs bilieuses et échauffées, il y eut plus de coliques bilieuses qu’à l’ordinaire. Cette maladie doit être mise au rang des chroniques , et par conséquent elle n’est pas de mon sujet. Je ne laisserai pas néanmoins d’en traiter ici, parce qu’elle dépendait alors de la même altération du sang, qui produisait la plupart des maladies épidémiques de ce temps-là, et d’ailleurs, parce qu’elle était précédée des mêmes symptômes fébriles que la dyssenterie d alors ; que même quelquefois , comme j’ai remarqué plus haut, elle venait à la suite de la dyssenterie qui , après avoir long-temps tourmenté le malade , semblait avoir entièrement cessé; mais, quand la colique bilieuse ne suivait pas une longue dysseriterie , elle commençait ordinairement par une fièvre qui , après avoir duré seulement quelques heures , aboutissait à cette maladie.

2. La colique dont nous parlons attaque principalement les jeunesgensd’im tempérament chaud et bilieux, sur-tout en été. Une douleur des plus violentes et des plus insupportables se tait sentir dans les intestins, qui, quelquefois, semblent être serrés comme avec une bande, et d’autres fois la douleur se fixant dans un point, il semble qu’elle les perce, comme on ferait avec une tarière. Celte

Chap. VH.

Pourquoi il est traité ici de la colique bilieuse.

See symptômes.

2d4 Coliques bilieuses

SecxiokIV.

douleur diminue de temps en temps, après quoi elle revient de plus belle. Le malade qui en prévoit le retour , témoigne, par l’effroi qui parait sur son visage, et par ses cris lamentables , l’horreur qu’il en a.

Au commencement de la maladie, la douleur ne se fixe pas si sûrement dans un point que dans son progrès. Les envies de vomir ne sont pas si fréquentes, et le ventre ne résiste pas si opiniâtrement à l’action des purgatifs. Mais, plus la douleur augmente, et plus elle se fixe dans un point, plus aussi les envies de vomir sont fréquentes et le ventre resserré, jusqu’à ce qu’enfin la violence insurmontable des symptômes cause un renversement total du mouvement péristaltique des intestins , et en conséquence la passion illiaque , à moins qu’on n’y remédie de bonne heure. Dans cette dernière maladie , tous les purgatifs deviennent aussitôt émétiques. Les lavemens mêmes remontent avec les matières fécales le long du canal intestinal, et sont rejetés par le vomissement. La matière que l’on rend de la sorte , lorsqu’elle est sans mêlaïige , est tantôt verte , tantôt jaune , et tantôt de quelque autre couleur extraordinaire (i).

(i) La colique bilieuse vient , i.o d’une humeur bilieuse , âcre , et corrompue , qui s’est amassée en grande quantité , et séjourne dans les menus intestins , sur-tout dans le duodénum ; 2.® elle vient souvent d’une passion violente , snr-tout dans les jeunes gens d’un tempérament chaud et sec, et en été. J’ai connu une personne âgée , sujette à cette maladie, et qui toutes les fois qu’elle se mettait en grande colère , ne manquait pas d’avoir une attaque de colique bilieuse, et à la fin elle en eut uue dont elle mourut eu peu d’heures. Cette maladie est produite aussi par un trop grand usage des liqueurs spiritueuses et chaudes. Ses principaux symptômes sont enrouement , card algie , dégoût continuel , vomissement de bile verte , hoquet , chaleur et fièvre ; insomnie , grande altération , bouche amère ; à quoi succèdeat quelquefois de fréquentes évacuations de matières bilieuse par les selles.

Lorsque la colique bilieuse attaque avec frisson , et que la douleur est extrêmement violente , le danger est grand , car cela dénote une iuflaramatioa , laquelle , si on n’y remédie pas , aboutit à la moitification.

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