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CHAPITRE IV

Petites-Féroles irrégulières des années 1674

et 1675.

I. A que les rougeoles épidémiques qui parurent au commencement de l’année 1670, amenèrent des petites'véroles noires que j’ai décrites en traitant des maladies de cette année-Ià, de meme les rougeoles qui se firent sentir au commencement de l’an 1674, et qui n’étaient pas moins épidémiques , amenèrent une sorte de petites-véroles si semblables aux précédentes , qu’elles paraissaient être les mêmes. INous avons dit en décrivant les petites-véroles précédentes, qu’après les deux premières années les pustules devenaient de jour en jour moins noires et plus grosses, et qu’à la fin de l’année 1672 la maladie, eu égard à son genre , était douce et bénigne. Mais en 1674 elle revint avec sa première violence , et avec plusieurs symptômes dangereux. Les pustules étaient noires comme de la suie, savoir, lorqu’elles étaient confluentes , et que le malade ne mourait pas avant qu’elles fussent parvenues à maturité; car quand elles n’étaient pas encore parvenues à maturité , elles étaient jaunes. Quand il y en avait lieaucoup, elles étaient très-petites; et quand il y en avait peu, elles étaient aussi grosses que dans les autres genres de petites-véroles, et très-rarement elles étaient noires.

Mais quoique les petites véroles dont il s’agit main,tenant,ressemblassent si fort à celles de 1670 ^

Chap. IV.

Retour des petites-Teroles noires.

Petites-vjîROLes irrégelières

■L. elles en différaient néanmoins en quelques parti-

sbc«o» V. ji montraient que la pourriture y était

plus grande , et la matière morbifique plus grossière et d’une coction plus difficile. Car quand les pustules étaient mûres, elles sentaient plus mauvais ; en sorte qu’on ne pouvait presque approcher des malades. De plus, elles parcouraient plus lentement leurs différons périodes , et duraient plus long-temps que dans aucune sorte de petites-

véroles que j’aie jamais vues.

Plus U pe- 2. Il est remarquable que plus la petite-vero e tite-vérole est est bénigne , plus tôt aussi les pustules parviennen t ^’ôÆr/iup-à maturité, et plus tôt la maladie se termine. Cest f"'- ainsi que dans les petites-véroles confluentes régu¬

lières qui commencèrent en 1667 , le onziemejour

était le plus dangereux; après quoi il ny avait ordinairement rien à craindre. Dans les petitesvéroles confluentes irrégulières qm vinrent ensuite et qui commencèrent en 1670 , le plus grand danger était le quatorzième jour , oumeine le dix septième. Si les malades allaient au-dela , ils étaient entièrement hors d’affaire ; et je n en ai vu aucun qui soit mort passé cejour-là.

Mais dans les petites- véroles confluentes de 1674, il mourail des malades , même après le vingtième jour. Quant à ceux qui en réchappaient , et qui étaient en petit nombre , non-seulement les jambes leur enflaient , ce qui est ordinaire dans toutes les petites-véroles confluentes ; mais encore les bras, les épaules, les cuisses , et d autres parties. Cette enflure commençait par une douleur insupportable , et qui ressemblait entièrement aux douleurs rhumatismales. Assez souvent elle tournait en suppuration , et aboutissait à des abcès qui formaient de grands sinus dans les parties ïiiusculaires et le malade était encore en danger

DES ANNEES 1674 Ct 1675. SQS

durant plusieurs joubs après qu’il n’avait plus de petite-vérole.

Je voyais donc clairement trois degrés de petites-véroles épidémiques dans les trois différentes constitutions que j’ai décrites; le dernier degré était toujours plus mauvais que le précédent , soit par rapport à la pourriture qui était plus grande , soit par rapport à la matière morbifique dont la coction était plus difficile.

3. Les petites-véroles dont je traite maintenant Ceiie-cipame paraissaient être comme un rejeton des précédentes : car, quoique ces dernières, en se rallentissant , fussent devenues bénignes , néanmoins la matière morbifique , venant à fermenter de nouveau, et étant aidée de la constitution de Fair qui « se trouvait favorable aux petites-véroles , elles se renouvelèrent avec beaucoup de fureur et de violence. Elles étaient d’autant plus irrégulières, et accompagnées d'une pourriture d’autant plus grande , que la matière qui les produisait était plus giossière et d’une coction plus difficile que celle qui avait produit les précédentes.

Et, pour mieux entendre ce que je dis , il faut supposer comme une chose certaine , qu’il n’y a jan(iais dans l’air une telle disposition qui produise dans un endroit une maladie épidémique, et qui en même temps en produise une autre fort différente dans un endroit peu éloigné. Si cela était ainsi , tous les vents qui souffleraient pourraient changer cette disposition de l’air. Il me paraît plus vrai ^ semblable que telle ou telle étendue de l’air se remplit des vapeurs qui proviennent de quelque fermentation minérale. Ce > vapeurs infectent 1 air, et, selon les différens endroits de la terre d’où elles partent , elles causent diverses maladies qui sont funestes à telle ou telle espèce d’animaux ^

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