J’ai parié des bons effets de ce remède. Quant
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aux inconvéniens , je ne lui en ai jamais trouvé aucun (i). A la vérité, il arrête presque la salivation le dixième ou le onzième jour; mais ce défaut est suppléé par quelques selles qui arrivent alors, et qui sont moins dangereuses pour le malade, que n’était la salivation. Car, comme nous avons dit plus d’une fois , ce qui met principalement en danger dans les petites-véroles confluentes , c’est que la salive étant devenue plus visqueuse le dixième ou le onzième jour, elle menace d’étouffer le malade.
La diarrhée remédie alors à ce symptôme, ensuite elle cesse d’elle-même, ou du moins on l’arrête aisément par l’eau laiteuse et les narcotiques , dès qu’il n’y a plus de danger du côté de la petite-vérole.
9. Durant ce temps-là , le malade gardait le lit, Comment îos sans même découvrir ses bras; mais je ne souffrais pas qu’il fût plus couvert qu’à l’ordinaire. Je lui permettais même de changer de place , comme il voulait , dans son lit , afin d’empêcher les sueurs auquelles il avait une très-grande disposition , malgré l’usage de l’esprit de vitriol. Sa nourriture était des décoctions d’avoine et d’orge, et quelquefois une pomme cuite. Les derniers jours , s’il se trouvait languissant , on s’il avait des maux d’estomac , je lui accordais trois ou quatre cuillerées de vin deCanarie. Tous les soirs, dès le cinquième ouïe sixième jour, je faisais prendre de bonne heure un narcotique aux adultes ; car les enfans n’en avaient pas besoin : ce narcotique était quatorze gouttes de laudanum liquide dans l’eau de fleurs de primevère.
Le régime.
(1) Il y a néanmoins sujet de craindre que le grand usage de cette liqueur acide ne coagule le sang', et ne nuise aux poumons et aux parties nerveuses : ainsi il faut l’employer avec beaucoup de prudence. L’huile de soufre par la cloche , ou l’esprit de vin dulcifié , remplira la même vue , et peut être donné beaucoup plus sûrement.
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PETfTES-VEROLES IRRÉGÜLrÏRES
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^ lo. Le quatorzième jour, je permettais au ma*
iC^ECTfON^ V V JL
Saignée et lade'de se lever ; le vingt et unième , je le faisais pri^ir^ia- saigner du bras (i) ; ensuite , je le purgeais deux ou die. trois fois , après quoi son visage était meilleur et
plus vermeil que ne l’avaient ordinairement ceux qui avaient été violemment attaqués de cette maladie. Ajoutez à cela, qu’en usant de l’esprit de vitriol , on n’était presque jamais marqué de la petite-vérole , dont les cicatrices sont causées par des humeurs âcres et échauffées qui rongent l’épiderme.
Exewipiede j|^ Le 26 Juillet 1675 , M. Elliot , Gentilhomme
cette metnode .. -, i i t» • • i
dans un adai- UC la Ghambre du Koi , et mon ami , me chargea de soigner un de ses domestiques , attaqué de tous les symptômes qui annonçaient une petite-vérole confluente noire : c’était un jeune homme d’environ dix-huit ans , d’un tempérament très-sanguin , et qui était tombé dans cette maladie, pour avoir trop bu. Les pustules sortirent en si grande quantité que je n’en ai jamais tant vu; et elles étaient si confluentes et si serrées les unes contre les autres, qu’on pouvait à peine les distinguer. Me confiant sur l’efficacité de l’esprit de vitriol, je ne fis point du tout saigner le malade, quoique j’en eusse le temps , et que j’eusse dû le faire , sachant que la maladie était causée par excès de vin.
Quand l’éruption fut achevée, c’est-à-dire, le cinquième ou le sixième jour, je fis mettre de l’esprit de vitriol dans des bouteilles qui étaient
(i) Peu d’ Auteurs ont recommandé généralement la saignée après la petitevérole, et la pratique moderne ne favorise nullement cette méthode. En eflet , lorsque la maladie a été violente , la saignée doit être nuisible , parce que le sang a été nécessairement fort appauvri , et les forces considérablement épuisées. Cependant il peut y avoir des cas où la saignée est nèces- .sairc , mais il faut les spécifier et les marquer comme des exceptions à la règle générale. Quant à la purgation , elle convient toujours , et 0» ne doit jamais l’ometlre.
DES ANîvfiES 1674 et 1675.
pleines de petile-bière , et je permis au malade' de boire de cette bière à discrétion. Le huitième jour, il lui prit une si violente hémorrhagie par le nez, que la garde, épouvantée , crut devoir m’envoyer quérir sur-le-champ. Etantarrivé, et voyant que ce symptôme venait d’une chaleur excessive et d’un mouvement extraordinaire du sang , j’ordonnai au malade de boire encore une plus grande quantité de petite-bière imprégnée d’esprit de vitriol , et en très-peu de temps l’hémorrhagie cessa.
Comme la salivation fut abondante, l’enflure du visage et des mains considérable, et les Dustules d’une bonne grosseur, la maladie se termina assez heureusement , si ce n’est que les derniers jours il y eut des déjections muqueuses et sanguinolentes , lesquelles ne m’auraient peut-ctre point embarrassé si j’avais fait saigner le malade dès que je fus appelé. Cependant je n’employai contre ce symptôme dyssentérique, d’autre remède qiîe mon narcotique , lequel j’aurais été d’ailleurs obligé d'employer tous les soirs, quand meme il n’y aurait point eu de déjections sanguinolentes. Le narcotique les arrêta , les pustules disparurent ; ensuite le malade ayant été saigné du bras assez copieusement , et ayant bu abondamment de l’eau laiteuse, il guérit en peu de temps.
12. Presque dans le même temps, un de mes voisins, nommé M. Clinch^ me confia deux de ses enfans qui avaient la petite-vérole : l’un était âgé de quatre ans ; l’autre tettait encore , etn’avaitpas six mois : tous deux avaient des pustules trèspetites, extrêmement confluentes, qui sortaient à la maniéré de l’érysipele , et qui étaient du genre df‘s noires. Je fis mettre de l’esprit de vitriol dans tout ce que buvaient l’un et l’autre; et, malgré leur bas-âge, sur-tout du plus jeune, ils le prirent
Chaf. IV.
Et dans deitx eufaus.
PETITES-VIÊROLES IRREGULÏEREâ
sans aucune répugnance. Ils n’eurent meme aucun symptôme considerable, et guenrent en peu de temps. Le Docteur mon intime ami,
étant allé les voir avec moi , trouva Taîné déjà guéri , et le plus jeune encore malade dans son berceau.
L’esprit de j 3^ Couime les petites-véroles discrètes de cette
vitriol n était ^ . , , . , , . . , , , .
pas nécessaire constitution étaient assez bénignes, il notait pas dans les peti- nécessaiie d’v employer l’esprit de vitriol ; il suf-
tes-verolesdis- *'. ^ •
crêtes. usait de les traiter suivant la méthode qui convient aux petites-véroles discrètes , et que j’ai expliquée ci-dessus.
i4- Voilà , mon cher Lecteur, tout ce que j’avais à dire sur la petite-vérole. II y aura peut-être des gens qui en feront peu de cas , car tel est le génie de notre siècle. Je sais néanmoins combien cela m’a coûté de peine, de soins et de travail durant plusieurs années de suite. Je ne l’aurais pas meme publié , si la charité pour le prochain et le désir d’etre utile aux autres, ne m’y avaient engagé; quoique je sente bien que la nouveauté des choses que j’avance fera du tort à ma réputation.
Aucun vcs- Je ne vois pas cependant pourquoi l’on doive tè?v/roiedans uiéthode iiouvelle de traiter une
Hippocrate, ni maladie , dont on ne trouve aucun vestige ni dans Hippocrate , ni dans Galien 3 a moins que de donner la torture à quelque passage obscur et difficile. Certains modernes ne suivent-ils pas tous les jours des méthodes qui ne viennent point de ces deux grands Médecins? Et, si les uns ont droit de vanter ces méthodes, les autres ne sontils pas également en droit de les rejeter.
i5. On ne doit pas être surpris si je me suis un peu écarté de la route commune dans le traitement des fièvres qui dépendent des constitutions
DES AlfSEES 1674 et 1675.
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qui produisent les pelites-veroles epidemiques.
Car , s'il n’y a point eu de petites-véroles dans les premiers siècles du monde, il s’ensuit qu’il n’y avait point non plus de ces fièvres qui en dépendent. Or, il est très- vraisemblable , pour ne rien dire de plus, que la petite-vérole n’existait pas anciennement : car, si elle eût existé comme aujourd’hui, elle n’aurait pu être inconnue à un Médecin aussi éclairé qu’Hippocrate. Ce grand homme quia mieux connu riiistoire des maladies, et qui les a décrites plus exactement qu'aucun de ceux qui sont venus après lui , n’aurait pas manqué de nous donner pareillement une description simple et fidèle de la petite-vérole.
16. Ainsi, je pense que les maladies ont des périodes marquées, lescjuelles dépendent désaltéra- dès, tions secrètes et inconnues qui arrivent en divers temps dans les entrailles de la terre. Et comme certaines maladies qui ont existé autrefois ne se voient plus du tout aujourd'hui , ou du moins sont très-rares et très-affaiblies par la longueur du temps, comme la lèpre et quelques autres; je crois de même que les maladies qui régnent maintenant, finiront un jour , pour faire place à de nouvelles, dont nous ne pouvons avoir le moindre soupçon. La chose peut fort bien être ainsi, et le passé semble nous répondre de l’avenir.
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