‹ Médecine pratiqueChapitre 95 sur 115 · I. 1^’an 1675, l’automne, contre son ordinaire, Commejaee · texte numérisé non relu

I. 1^’an 1675, l’automne, contre son ordinaire, Commejaee

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lut SI beau et si doux jusqu aux derniers jours toux épidémi-

TOÜX 3;PII>É5I!QUES

Section V

d’Octobre , qu’on aurait cru être en été ; mais le temps ayant changé subitement, et étant devenu froid et humide, il y eut de tout côté un si grand nombre de toux, que je ne me souviens pas d'en avoir jamais tant vu. Presque personne n’en était exempt , de quelque âge et de quelque tempérament qu’il fût , et des familles entières s’en trouvaient attaquées en même temps. Ces toux n’étaient pas seulement remarquables par leur nombre 5 puisqu’il n’est aucun hiver qui n’en produise beaucoup ; elles l’étaient encore par le danger où elles jetaient les malades.

La fièvre épidémique qui a été décrite ci-dessus, régnait violemment alors depuis le commencement de l’automne ; et comme il n’y avait point d’autre maladie épidémique qui pût affaiblir cette fièvre , la toux aidait à la produire , et en meme temps lui donnait moyen d’attaquer la plevre et les poumons , de meme qu’immédiatemenl avant la naissance des toux , elle attaquait la tète.

La fièvre 2.Ce cliaugementimprévu dps sy iiiptômes donua était la même à quclqucs Médeciiis qui n’y avaient

pas fait assez d’attention de regarder cette fièvre comme une pleurésie ou une péripneumonie essentielle , quoiqu’elle fût entièrement la meme qu’elle avait été pendant toute la constitution.

Preuve de Qar alors , de meme qu’elle avait fait auparavant , nfanièrr doit elle commcnçait toujours avec une douleur à la «lie attaquait, tpte , au dos et daus les membres, symptômes qui accompagnaient toutes les fievres de ceite constitution. La seule différence qu’il y avait , c’est que la matière fébrile se portant en grande quantité à la plevre et aux poumons , à la faveur de la toux, elle causait des symptômes qui sont propres à ces parties- là.

lît par le trai- îféanmoins la fièvre, autant que j’ai pu obser-

tejaeut. ' i i# i.

SoS

DE l’an 1675.

ver, était absolument la meme que celle qui avait régné jusqu’au jour que les toux commencèrent. Lesremecles qui la guérissaienttrès- promptement, démontraient encore cette vérité. Et, quoique la douleur piquante de côté, la difficuité de respirer, la couleur du sang que l’on tirait, et les autres signes ordinaires de la pleurésie^ semblassent indiquer une pleurésie essentielle; toutefois la maladie ne demandait d’autre traitement que celui qui convenait à la fièvre de cette constitution , et la méthode de traiter la vraie pleurésie n’y convenait nullement , comme on verra ensuite. D’ailleurs, quand la pleurésie est une maladie primitive , elle règne ordinairement entre le printemps et l’été; au lieu que la pleurésie dont il s’agit ici régnait dans un temps bien différent. Ainsi on ne doit la regarder que comme un symptôme de la fièvre de cette année, et comme un produit de la toux que le froid de la saison avait occasionée.

3. Pour expliquer maintenant la méthode de traiter ces toux, et meme celles qui arrivent en d’autres années, pourvu qu’elles viennent des memes causes , je parle ici de la méthode que l’expérience a montré être la meilleure; il faut remarquer que lorsque le froid vient à resserrer tout à coup les pores de la peau, la matière qui coutume de se séparer du sang par la transpiration insensible rentre alors en dedans , se dépose sur les poumons, les irrite, et excite la toux. Cette matière qui est une vapeur chaude et récrémentitielle, étant ainsi retenue et ne pouvant s’évacuer par les pores de la peau , la fièvre s’allume aisément, savoir, lorsque la vapeur morbifique est en si grande quantité, que le poumon ne peut s’en débarrasser, ou lorsque par des remèdes

Chap. V.

Circonstances auxquelles iî faut foire attention pour traiter la toux.

XûllX ÉPilÆ’rîK^ÜtS

et un régime trop chauds, on augmente la chasection V. ^ n’était déjà que disposé à 4

fièvre.

Mais quelle que soit la fièvre stationnaire qui domine alors, la nouvelle fièvre dont il s’agit en prend aussitôt le nom et le caractère , et en suit totalement le génie, nonobstant qu’elle conserve encore quelques symptômes dépendans de la toux qui Ta produite; et par conséquent il est sûr que dans toutes les toux qui viennent de pareille cause , il faut remédier non-seulement à la toux , mais encore à la fièvre qui s’y joint si facilement.

Détail du Irai- L\. Sur CCS principes, voici comment je n^aitais tement iTfjaiades qui avaient recours à moi. Si la toux

n’avait pas encore produit la fièvre et les autres symptômes dont nous avons parlé, je jugeais que c’était assez d’interdire au malade la viande et toutes sortes de liqueurs spiritueuses , et de lui ordonner de faire un exercice modéré, de prendre l’air, et de boire de la tisane pectorale. Cela suffisait pour appaiser la toux, et pour prévenir la fièvre et les symptômes qui avaient coutume de l’accompagner.

L’abstinence de viande et de liqueurs spiritueuses , et l’usage des rafraîchissemens tempéraient tellement le sang, qu’il n’élait pas susceptible des impressions de la fièvre. L’exercice , en ouvrant les pores de la peau , rétablissait la transpiration arrêtée par le froid, et procurait l’évacuation de la matière qui causait la toux.

Danger d’em- était daiigercux de vouloir appaiser cette

pioytriesnar- toux par les narcotiques et les anodins , comme cute ^^^ssi par des liqueurs spiritueuses et des remèdes toux. chauds. Car on ne faisait par-là qu’épaissir et rendre visqueuse la matière qui l’excitait ; et cette matière

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qui aurait du s évacuer en vapeurs au moyen — 7 — “ de la toux , étant ainsi retenue dans le sang , dont elle ne pouvait plus se séparer , allumait la fièvre.

C’est un malheur qui arrivait souvent aux gens du peuple , lesquels voulant arrêter la toux avec de l’esprit-de-vin brûlé, ou d’autres liqueurs chau^ des , causaient des pleurésies et des péripneumonies; et de cette façon, une maladie très-légère de sa nature , et très - aisée à guérir , devenait dangereuse , et souvent mortelle. Ceux qui employaient les sueurs ne réussissaient pas mieux, quoiqu’ils parussent agir plus raisonnablement.

J’avoue que les sueurs qui viennent d’elles-mêmes sont assez souvent le meilleur remède contre la toux ; mais quand on les excite de force , il est certain qu’elles enflamment le sang, et qu’elles peuvent causer la mort.

6. Quand on ne traitait p.as la maladie de la Elle était tjùel» manière que nous avons décrite ci-devant, et

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meme indépendamment de cela, il survenait quel- nèvpe. quefois, principalement aux personnes délicates et aux petis enfans , tantôt dès le commencement, et tantôt au bout d’un jour ou deux , une alternative de chaud ou de froid, une douleur à la tête, au dos et dans les membres, et des sueurs spontanées , sur-tout la nuit. A tous ces symptômes, qui accompagnaient ordinairement la fièvre de cette constitution, se joignait souvent une douleur de côté , et quelquefois un resserrement de poitrine; ce qui rendait la respiration difficile^ arrêtait la toux, et augmentait la fièvre.

7. Des observations exactes m’apprirent que la Manière dp meilleure méthode de oombattre cette fièvre et

lièvre

ses dangereux symptômes , était de saigner du bras, d’appliquer des vésicatoires sur la nuque du cou , et de donner tous les jours un lavement.

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