ELISABETH, PRINCESSE PALATINE
DESCARTES MÉDECIN
de notre vie, écrivait-il, nous pourrions, sans autres inventions, parvenir à une vieillesse beaucoup plus longue et plus heureuse que nous ne faisons» (1).
Il n’est pas besoin d’amples commentaires pour établir l’influence considérable exercée par Des^ cartes sur la marche des sciences médicales; pour démontrer la part qui lui revient dans les progrès qu’elles ont accomplis. Bien qu’il n’ait réellement pas pratiqué la médecine, qu’il ne s’en soit occupé que fortuitement, nous devons à Descartes de s’être constitué l’apologiste de la circulation du sang, si contestée à son apparition! d’avoir eu une idée assez nette de la circulation capillaire et de son rôle dans le phénomène de la nutrition; d’avoir compris, autant que l’état de la science le lui permettait, le mécanisme de la digestion des aliments. A la vieille idée de la coction dans l’acte de la digestion, Descartes a substitué une idée hardie autant que neuve, celle de la dissolution. Il a presque deviné le suc gastrique : « Les viandes, dit-il, se digèrent dans l’estomac, par la force de certaines liqueurs qui, se glissant entre leurs parties, les séparent, les agitent et les échauffent, ainsi que l’eau commune fait celle de la chaux vive, ou l’eau forte celle des métaux ». Il a soupçonné la théorie lavoisienne de la respiration : « L’air de la respi-