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Ropartz, La famille Descartes en Bretagne

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comprenons; encore faut-il avoir de solides arguments pour prétendre à pareil honneur.

Bien que ce débat ne nous passionnât pas outre mesure, nous l’avons suivi et nous avons été payé de nos peines, puisqu’il en est sorti pour nous cette indication — une véritable révélation — que René Descartes était issu d’une famille qui a compté plusieurs médecins parmi ses membres.

Un historien qui a dressé une sorte de généalogie du philosophe, fait remonter celle-ci à un Gilles Descartes, d’abord échevin, puis maire de la ville de Tours, en 1522, pendant trente-sept jours (1). Gilles Descartes serait le bisaïeul du philosophe, à s’en rapporter au tableau généalogique ci-dessous (2).

1. On lit dans l’Histoire (manuscrite) de la mairie et des maires de Tours , par Chalmel, conservée à la Bibliothèque de Tours, le passage suivant, reproduit dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest , 1856-58, t. VIII, p. 238-239 : « Serment du 1er novembre 1522. N° 54. Descartes (Sire Gilles), sieur de Châtillon, dans la paroisse de Coursay, bourgeois de Tours. Il ne fut maire que pendant trente-sept jours, étant mort le 12 décembre 1522. Son exercice fut continué par le sieur Thévenin, ex-maire et le plus ancien échevin. C’est sans doute le peu de durée de son mairat qui l’a fait omettre dans les plus anciens catalogues. Ce fut dans cette même année, 8 août, que se fit, par ordre de François Ier, l’enlèvement du treillis d’argent qui entourait le tombeau de Saint-Martin, enlèvement auquel il paraît, par un procès-verbal du chapitre, que concourut Gilles Descartes, qui pour lors n’était qu’échevin. »

2. Nous l’extrayons de la source précitée : « Gilles Descartes, maire de Tours, eut pour fils : 1° Gilles Descartes,

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Or, la lecture de ce tableau nous apprend seulement qu’il y a eu un maire de Tours du nom de Gilles Descartes; qu’il a existé, d’autre part, un docteur en médecine du nom de Pierre Descartes.

Est-il prouvé que Pierre Descartes, médecin, que nous venons de mentionner, était l’aïeul du philosophe, comme le croient certains historiographes, Chalmel et autres? Ce n’est point l’avis de Baillet : voici ce qu’en dit cet érudit très autorisé : « Pierre Descartes, l’aïeul de René, étoit un gentilhomme aisé, qui s’étoit retiré de bonne heure du service et, des emplois, pour goûter plus longtemps les fruits du repos qu’il s’étoit procuré. Mais il n’hésita jamais de l’interrompre, lorsqu’il fut question de servir son prince et sa patrie. Il se signala même, depuis, en diverses occasions; et s’étant jeté dans la ville de Poitiers, l’an 1569, avec le comte de Lude pour en soutenir le siège contre les Huguenots, il contribua

prêtre, trésorier de la Cathédrale de Tours, par la cession que lui fit de cette dignité, en 1511, Jean de Lenoncourt; 2° noble homme Pierre Descartes, médecin, qui épousa Jeanne Ferrand, de Châtellerault ; 3° Joachim Descartes, conseiller au Parlement de Rennes, marié le 15 janvier 1589 à Jeanne Brochard, fille de René, lieutenant général à Poitiers, époux de Jeanne Sain, de la famille de laquelle descendent les Sain-de-Bois-le-Comte, de Tours.

« Joachim eut deux fils : Pierre Descartes, conseiller au Parlement de Rennés, marié à Marguerite de Chvau, par contrat du 17 septembre 1624; René Descartes (sieur du Perron) le philosophé, né le 31 mars 1596* mort sans postérité en 1650. Pierre eut pour enfants, etc... »

beaucoup à affermir le parti du roy, à faire lever le siège, et à maintenir le peuple et les troupes dans l’obéissance du prince légitime (1).»

Nous sommes assez loin du petit médecin de Châtellerault. Baillet a voulu redorer le blason de Descartes, en relevant ses origines. Donner au philosophe un petit médecin comme ancêtre, c’était, croyait-il, le diminuer; à moins d’admettre que, mal informé lui-même, par certains membres de la famille de Descartes, des neveux établis en

Bretagne, son biographe ait écarté, sur la foi de renseignements erronés, le modeste personnage,

1. « Il y avoit encore en Touraine, dit le même biographe, une autre branche de l’ancienne maison de Descartes ou des Quartes, qui se trouva transformée par les alliances dans des familles étrangères, du temps de Henri second. Cette branche s’étoit divisée, sous le règne de Charles VII, en aînez qui sçurent se maintenir noblement jusqu’à la fin, i hantant le ban et arrière-ban , sans avoir jamais dérogé à leur état; et en puisnez, qui tombèrent dans la pauvreté, et qui furent obligez d’entrer dans le négoce pour subsister. De ces derniers étoit venu un médecin de Châtellerault en Poitou, nommé Pierre Descartes qui, du temps de François Ier, soutint un procès à la Cour des Aydes de Paris contre les Elus de cette ville, qui prétendoient le mettre à la taille. Il fut rétabli par la Cour dans tous les droits de sa noblesse, après avoir fidèlement représenté sa généalogie par générations non interrompues jusqu’au roi Charles cinquième. Mais la branche des uns et des autres s’étant emparée de celle de M. Descartes le philosophe, dès le temps de Philippe de Valois, je les ay jugez trop éloignez de luy, et trop indifférents à notre sujet, pour en rapporter ici les noms et les qualitez. » Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, t. II, 1871-73, 195-196.

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dont nous allons faire revivre la silhouette effacée.

Pierre Descartes était le fils de Jean Descartes et de Jeanne Dupuy, fille et héritière d’un cadet de la maison de Vatan, en Berry.

Cette bisaïeule de notre philosophe étant morte assez jeune, son mari serait passé à de secondes noces, sans avoir augmenté sa famille par ce nouveau mariage.

Un historien breton, Ropartz, donne pour mari à Jeanne Dupuy un Gilles Descartes : Jean et Gilles paraissent être le même personnage.

Jeanne Dupuy étant décédée, son époux aurait de nouveau convolé, sans se préoccuper de son fils, lequel dut se tirer d’affaire en exerçant la médecine à Châtellerault, où il s’était préparé une belle situation, en épousant la fille d’un praticien réputé dans la contrée (1), du nom de Ferrand.

D’après l’abbé Chevalier (2) et M. Beaussire (3), le mariage de Claude Ferrand avec le médecin Pierre Descartes serait rien moins que démontré. Cependant, M. Arthur Labbé (4), dans une très atta-

1. Bulletin et Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, t. XIX (1897), 82.

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