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LA FONTAINE

Photo Braun

Portrait par Rigaud

la supériorité, chez qui l’éclat du style ne fera que mettre en relief la justesse des idées. Nous 11e sachions pas que le sens critique détruise le goût littéraire et que le progrès des sciences doive avoir pour naturelle conséquence la décadence des lettres.

Comme l’écrivait M. Paul de Rémusat (1), « les vraies beautés résistent à l’analyse et ce serait faire un médiocre éloge de la littérature d’imagination, que d’en attribuer le goût seulement à ceux qui renonceraient à l’usage de leur jugement ».

Homère, Virgile sont-ils moins grands poètes parce qu’à l’élégance de leurs descriptions s’allie l’exactitude des faits? Et quand Boileau écrivait qu’« il faut être vrai, même dans la fable », sans doute pensait-il à son contemporain et ami La Fontaine, qui oublia si souvent de l’être.

Puisqu’il met les bêtes en scène, est-ce trop exiger qu’il les peigne fidèlement? Nous entendons l’objection : ce sont des êtres fictifs qui vivent dans ses fables, des représentations animées de facultés, de qualités et de vices abstraits : le renard figure l’astuce; le lion, la force et l’autorité; le corbeau, la naïveté; encore faut-il que ces animaux ne soient pas trop différents dans l’apologue de ce qu’ils sont dans la réalité. A défaut de la vérité, nous réclamons la vraisemblance. Lorsque La Fontaine, dans

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