‹ Médecins amateursChapitre 35 sur 96 · Paître, op. ait · texte numérisé non relu

Paître, op. ait

l’inquiétude de la recherche qui rendent les hasards féconds. « Il arrive, a dit Claude Bernard, qu’un fait ou une observation reste très longtemps devant les yeux d’un savant sans lui rien inspirer. Puis tout à coup vient un trait de lumière. L’idée neuve apparaît alors avec la rapidité de l’éclair, comme une sorte de révélation subite (1).»

Diderot ne raisonne pas autrement et l’expression de sa pensée ne diffère pas sensiblement de celle dont se sert Claude Bernard. Il est d’avis, lui aussi, que rien ne se fait par sauts dans la nature : « l’éclair subit et rapide » qui passe dans le cerveau tient à une série de phénomènes antérieurs avec lesquels on en reconnaîtrait la liaison, si l’on n’était pas plus pressé de recueillir cette lueur et d’en jouir, que d’en rechercher la cause. Ce n’est pas le fait nouveau qui constitue la découverte, mais l’idée qui se rattache à ce fait. « Par euxmêmes, les faits ne sont ni féconds ni stériles, ni grands ni petits; la grandeur n’est que dans l’idée qui les explique, la fécondité n’est que dans l’esprit qui conçoit l’idée. » Entre Claude Bernard et Diderot, la distance n’est donc pas si considérable qu’on le croirait.

Et puisque le nom de Claude Bernard est venu sous notre plume, il ne sera pas sans intérêt de faire connaître que le savant professeur au Collège

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