‹ Médecins amateursChapitre 38 sur 96 · UN COMPTE D’APOTHICAIRE DE ROUELLE · texte numérisé non relu

UN COMPTE D’APOTHICAIRE DE ROUELLE

(Collection de l’auteur )

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faisant travailler sur le cadavre, mais sur « des pièces en cire et injectées, qui aient la vérité de la nature, sans en offrir le dégoût ». Il était d’avis qu’une teinture légère d’anatomie convient à une femme « avant que de le devenir, quand elle le devient, et après qu’elle l’est devenue ».

Il était également convaincu qu’il n’avait réussi à couper racine à la curiosité de sa fille, qu’en lui permettant de s’instruire « sur le péril et les suites de l’approche de l’homme » : ainsi elle avait été préparée au devoir conjugal, à la naissance de Tentant; ainsi avait-elle pu prendre des précautions durant la grossesse, et faire montre de résignation au moment de l’accouchement.

« On lui avait fait voir l’enfant dans la matrice; aussi, à sa première couche, a-t-elle montré une fermeté qu’on n’a peut-être encore jamais vue à une femme ignorante. »

Mais, direz-vous, où avait-elle puisé ces connaissances? Vous n’ignorez pas qu’au xviT siècle, les jeunes filles et dames du monde se pressaient au cours de physique de l’abbé Nollet, au cours d’anatomie de Du Verney, aux leçons d’astronomie de Fontenelle, etc. Outre ces maîtres, d’autres, plus modestes, répandaient la bonne parole. Il y avait, notamment, « une demoiselle très habile et très honnête », qui faisait des démonstrations à l’aide de pièces en cire, si admirablement préparées,

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