‹ Médecins amateursChapitre 45 sur 96 · Lettre LXXXVTL · texte numérisé non relu

Lettre LXXXVTL

MIRABEAU

manger de la salade, qu’il aime beaucoup, des raves qui ont été longtemps sa nourriture d’été, du beurre qui ne l’a jamais incommodé et il ne s’en est pas bien trouvé (1); aussi est-il promptement revenu au petit-lait purgatif et à un régime alimentaire de circonstance.

Son grand remède, c’est l’exercice et celui du cheval a ses préférences. L’équitation produit chez lui deux effets : elle lui procure un sommeil tranquille et elle déblaie ses reins. Quand le temps ne lui permet pas de sortir du donjon, que la neige le retient dans sa cellule, la fièvre le reprend, les urines se chargent, en dépit des diurétiques qui lui sont prescrits par le fameux Lorry (2), et toutes ses incommodités reviennent : n’est-ce pas encore la confirmation de cette diathèse rhumatismale et goutteuse, dont il a, d’ailleurs, noté les symptômes, aussi bien que le clinicien le plus averti, au point de nous donner l’illusion qu’il n’était pas étranger à notre science?

Où s’y était-il initié? Avait-il suivi des cours de médecine? Ou simplement avait-il lu des ouvrages qui en traitaient? C’est vers cette dernière hypothèse que nous pencherions. Rendons-lui cette justice qu’il s’en tient généralement à des prescriptions

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