Lettre LXXYI
que tu brûles des pastilles d’ambre dans ta chambre : c’est un parfum beaucoup trop violent pour tes nerfs; emploies-en d’autres plus doux, et plutôt plus souvent. Surtout du feu et un grand courant d’air. Pourquoi donc ta chambre est-elle humide et si mal située? Pourquoi exposée à une si détestable odeur? Es-tu en bon air? Tu y étais autrefois (1).» Dans une autre épître, il est plus explicite et aussi plus pressant :
« ... Je voudrais savoir en détail quel est ton régime. Peux-tu prendre des bains? Si tu le peux, fais-le et, encore mieux, monte à cheval, s’il est possible, ce que je ne crois pas. Ne lis pas, n’écris pas tard; obstine-toi à trouver le sommeil, fût-ce dans mes bras (2) ; reste beaucoup dans ton lit : ah! Sophie, Sophie, soigne ma vie... Ta personne est à moi, comme ton cœur; je te supplie de n’en pas disposer si légèrement, tu n’en as pas le droit (3) . »
Il revient sur la question du sommeil qui, semblet-il, le préoccupe. Bien avant nos psychiatres modernes, il a clairement vu que dormir, c’est guérir.
« Chère amie, dors, je t’en conjure : force-toi à dormir, lutte contre l’insomnie; obstine-toi, reposetoi du moins et ferme tes beaux yeux... Mes insom-