AUTOGRAPHE DE MIRABEAU
Fac-similé
( Collection de l’auteur)
MIRABEAU
nies ne font guère mal qu’à mes yeux : les tiennes t'échaufferont le sang, te l’aigriront et te jetteront dans des maladies de langueur... Suis un régime rafraîchissant, bois du lait, dors, ne passe point de nuits, pas même pour me répondre; ne te brûle ni au feu ni par le feu et j’espère que tu ne te ressentiras plus de rien (1).»
Et un peu plus tard :
« ...Dors, dors longtemps; et lors même que tu ne pourrais pas dormir, repose-toi dans ton lit. Ne discontinue plus le lait. Parle-moi de cette toux, mais pour me dire qu’elle n’est pas revenue... (2) »
Mais le maudit rhume ne veut pas battre en retraite et l’inquiétude du médecin se double de celle de l’amant. Le moindre bobo de sa Sophie lui est un tourment.
Il la morigène, parce qu’elle s’est fait arracher une dent « qui n’était que creuse » ; il s’alarme de sueurs qui annoncent qu’elle a quelque reste de fièvre, laquelle pourrait dégénérer en fièvre lente. Il lui inflige un véritable cours de physiologie, pour lui faire accepter ses vues.
« Toute forte contention d’esprit, en dirigeant vers la tête la plus grande partie des forces vitales, fait de cet organe un centre d’activité qui ralentit d’autant l’action de tous les autres organes. Une