Lettre LXXXIX
personne profondément occupée n’existe que par la tête; elle semble à peine respirer. Toutes les autres fonctions se suspendent ou se troublent plus ou moins; la digestion en souffre surtout... (1) »
Un autre jour, il lui fait une leçon sur les tempéraments, qui porte bien l’empreinte des doctrines de l’époque. Empruntons seulement à Mirabeau, qui lui-même paraît l’avoir emprunté de Stahl, la description du tempérament sanguin :
« Le tempérament sanguin qui se fait reconnaître par une figure pleine, des membres charnus et fermes et un teint fleuri, exige des solides d’une texture spongieuse, et un sang riche et délié, qui puisse y couler librement. »
Si, avec un tel tempérament, on mène une vie sédentaire, on contrarie les lois de la nature, « et cela même peut porter sur le moral ».
« Car il est un caractère affecté à chaque tempérament : aussi voit-on que ceux qui possèdent le tempérament sanguin, qui est celui où les fonctions s’exécutent avec le plus de facilité, sont ordinairement fort gais, décidés et francs, tandis que l’exercice pénible de ces fonctions, comme dans le tempérament flegmatique, réduit à un état d’indolence et de timidité qu’on porte dans la conduite ordinaire de la vie. »
Sans attacher plus d’importance qu’il ne convient