Lettre LX1X
MIRABEAU
et à leurs contes, on devrait user « de topiques, de poudres et de toutes ces bêtises irritantes, exactement bonnes à rien, si ce n’est à tourmenter et tuer l’enfant » (1 ) .
Foin de ces billevesées : « le téton de la nourrice est le remède presque unique ».
« Si la gencive devenait trop rouge et trop gonflée, si l’inflammation se déclarait, accompagnée de tous les symptômes qui ne sont que trop capables de donner la mort, qu’on ne balance pas un instant, pour prévenir les accidents, à couper la gencive sur la dent. Au moyen de cette petite opération qui n’est rien, la tension et l’inflammation de la gencive cessent et la dent trouve un libre passage (2). »
« Souviens-toi, recommande-t-il à un autre endroit, que ma fille tête au moins jusqu’à ce qu’elle ait vingt dents, si toutefois sa nourrice n’a pas un
1. L’enfant de Mirabeau et de Sophie de Monnier devait mourir à la suite de convulsions de dents, à l’âge de « deux ans seize jours », ainsi que l’atteste son acte mortuaire. ( Lettres à Sophie, III, 338.) Mirabeau avait presque prévu ce dénouement, quand il écrivait : « La dentition est, en général, plus difficile chez les enfants gras, et il faut compter sur les convulsions; je le dis pour que tu ne t’en effraies pas trop. » Et, pour prévenir pareil accident, il conseillait, « outre la précaution de faire une incision à la gencive, si l’enflure devenait trop forte », d’employer « la poudre de guttette (?), les yeux d’écrevisse, généralement tous les absorbans, mais surtout l’esprit de corne de cerf, que Syndenham et Boerhaave recommandent très expressément ». Lettre LXXIY.