Lettre XX
maux menacent l’enfance, tant de convulsions, tant de coliques, tant d’accidents dépendant de la dentition peuvent survenir pendant l’inoculation et la rendre fatale, que mieux vaut retarder celle-ci que de la faire dans de telles conditions.
« Je te crois convaincue, écrit Mirabeau à Sophie, de la nécessité de l’inoculation; mais, si tu as le moindre doute, dis-le moi; je te promets de le lever et, si tu veux, je te ferai une petite dissertation, qui contiendra les preuves incontestables de l’utilité de cette méthode, les réponses aux objections et les principales choses à observer dans le traitement (1) . »
Cette dissertation, il y a bien des années que nous en possédons le texte intégral, et si nous avons reculé devant son insertion, c’est d’abord qu’il n’est pas entièrement inédit; ensuite, parce qu’il présente des longueurs qui en rendent la lecture un peu fastidieuse. Nous nous bornerons donc à en donner une analyse, fidèle quoique sommaire, qui achèvera de convaincre nos lecteurs, s’ils n’en sont déjà persuadés, de la multiplicité d’aptitudes et de la variété de travaux, qui font de la figure de Mirabeau une si originale physionomie.
Tout d’abord, l’inoculation est envisagée « politiquement et moralement ». Ce n’est pas aux gens