Lettre du 23 décembre 1786, à Duval
science, pour se cabrer devant ces explications, inattendues, de l’origine des marées ou de la forme des pôles; tout au plus, quelques journaux de l’époque firent-ils des réserves, mais si discrètement qu’elles passèrent inaperçues.
La Correspondance littéraire osa, toutefois, prétendre que le fond des Etudes de la Nature ne porte que « sur des observations fausses, des principes de physique tout à fait erronés ». Par contre, un panégyriste de Bernardin célèbre « les grands tableaux, les vues morales, les relations intimes qu’il établit entre la Providence et l’homme ». Les railleries ne sont venues que beaucoup plus tard, et lorsque les écrits de Bernardin de Saint-Pierre eurent été vulgarisés, grâce aux soins de son fidèle disciple, l’époux de sa seconde femme, le littérateur Aimé Martin.
D’après un biographe moderne de l’écrivain des Harmonies, Aimé Martin aurait fait subir d’importantes retouches à cet ouvrage, au point de le complètement dénaturer. En comparant le texte authentique avec l’impression, M. Maurice Souriau (1), le biographe en question, a relaté de nombreuses suppressions et interpolations, « inexcusables et systématiques ». Aimé Martin se serait permis d’ajouter des phrases de son cru, des réflexions plus ou moins