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Bernardin de Saint-Pierre. Paris,, Lecène et Oudin

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE

prudhommesques, dont il a fait généreusement endosser la paternité à Bernardin de Saint-Pierre.

Un collaborateur direct aurait agi avec moins de fantaisie et de sans-gêne. Il n’a fait preuve de goût que dans une seule circonstance : c’est quand il a supprimé le passage où Bernardin compare la mer à... la vessie humaine, « dont le fluide est analogue à celui des mers par sa salure. » Tandis que « l’organe de sécrétion » {sic) est comparable à un volcan « par son gaz, ses borborygmes et ses soufres ».

Par contre, que de puérilités, ou d’inconscientes naïvetés, il a laissé subsister et dont se sont gaussés, non sans raison, reconnaissons-le, ceux de nos contemporains qui ont revu l’œuvre de Saint-Pierre à la lueur de la critique moderne! Ne choisissons, parmi ces perles, (pie celles du plus bel orient; nous réussirons à en faire encore un collier fort présentable.

Parcourons les Etudes de la Nature et glanons çà et là. Savez-vous, par exemple, à quoi servent les bêtes de proie? A assurer le service de la voirie, vous vous en doutiez presque.

« Il périt, chaque année, de mort naturelle, au moins la vingtième partie des quadrupèdes, la dixième des oiseaux, et un nombre infini d’insectes, dont la plupart des espèces ne vivent qu’un an. »

L’air et l’eau ne tarderaient pas à être corrompus par la putréfaction de tous ces animaux si, dans sa

prévoyance, la nature n’avait créé une innombrable armée de fossoyeurs, chargés de nettoyer la surface du globe de ces cadavres qui la souillent. Il est vrai, reconnaît notre auteur, que « plusieurs espèces de bêtes carnassières dévorent les animaux

tout vivants » ; là encore, la nature s’est montrée sagement prévoyante :

« Elle destine peu d’animaux à mourir de vieillesse, et je crois même qu’il n’y a que l’homme dont la vieillesse soit utile à ses semblables.

« A quoi serviraient, parmi les bêtes, les vieillards sans réflexion, à des postérités qui naissent avec toute leur expérience? D’un autre côté, comment des pères décrépits trouveraient-ils des secours parmi des enfants qui les quittent dès qu’ils savent nager, voler ou marcher? La vieillesse serait pour eux un poids, dont les bêtes féroces les délivrent. »

Pourquoi les animaux verraient-ils, d’ailleurs, venir la mort avec appréhension, puisque c’est pendant la nuit, et au milieu du sommeil, qu’ils sont généralement croqués?

« Ils ne joignent à ce moment fatal aucun des sentiments qui le rendent si amer à la plupart des hommes, les regrets du passé et les inquiétudes de l’avenir. Leurs âmes insouciantes s’envolent dans

les ombres de la nuit, au milieu d’une vie innocente

et souvent dans les illusions de leurs amours.»

Toutes les bêtes, sans exception, ont trouvé leur

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