Biologica, mai
BERNARDIN DE SAINT-PIERRE
Le premier de ces points, c’est « l’étude des moyens de dissémination dont bénéficient les fruits et les graines; dissémination effectuée par les animaux; dissémination opérée par le vent et par les eaux. Cette question, que Darwin devait traiter plus tard de façon magistrale, dans l 'Origine des Espèces, est exposée dans l’Etude XI ».
Enfin, dans l’Etude X, se trouve la troisième idée féconde. « C’est l’ébauche de ce que l’on nommera plus tard la théorie du mimétisme et de 1 homochromie. En ce qui concerne cette question, si controversée, à l'étude de laquelle se passionneront nombre de naturalistes, parmi lesquels figureront successivement Bâtes, Darwin (1), Wallace et Poulton, Bernardin de Saint-Pierre doit encore être considéré comme un véritable précurseur. »
Il le fut encore dans bien d’autres voies.
A ceux qui croiraient que les exhibitions de Cinghalais, de Nubiens ou d’Esquimaux, sont de date récente, nous apprendrons que, bien longtemps avant que le Jardin d’ Acclimatation ait inauguré l’ère de ces spectacles, Bernardin avait songé à faire
1. Erasme Darwin, le grand-père de Charles Darwin, a cité de nombreux faits, dans le dessein de prouver que les couleurs des animaux et des végétaux ont pour but de favoriser la conservation des espèces; mais le livre où il a consigné le résultat de ses recherches, sa Zoonomia, n’a paru qu’en 1794, après les Etudes de la Nature, de Bernardin de Saint-Pierre.
venir à Paris des Indiens avec leurs pirogues, des Lapons avec leurs rennes, des Arabes montés sur leurs chameaux.
Quand il fut nommé, en 1792, intendant du Jardin royal des Plantes et garde des cabinets d’histoire naturelle (1), en remplacement de « M. le che-
1. Voici le texte, donné par M. Hamy, et extrait par lui des Archives nationales, du « Brevet d’intendant du Jardin royal des Plantes et des cabinets d’histoire naturelle, en faveur de Jacques-Henry Bernardin de Saint-Pierre » :
Aujourd’hui , le 1er juillet mil sept cent quatre-vingtdouze, le Roi étant en son Conseil, Sa Majesté voulant pourvoir à l’exercice de la place d’intendant du Jardin royal des Plantes et des cabinets d’histoire naturelle, vacante par la démission qu’en a donnée entre les mains de Sa Majesté, à la fin du mois de décembre dernier, le sieur Auguste-Charles- César Flahault de la Billarderie, qui en avait été pourvu par provisions du 18 avril 1788, Sa Majesté, sur les bons témoignages qui lui ont été rendus de la personne du sieur Jacques Henry Bernardin de Saint-Pierre, de ses connaissances et de ses talents, a jugé à propos de le choisir pour remplacer ledit sieur Flahaut de la Billarderie, et elle ne doute pas qu’il ne donne tous ses soins pour maintenir dans son éclat et son utilité l’établissement du Jardin royal des plantes et des cabinets d’histoire naturelle, devenu le plus célèbre de l’Europe, et qu’il ne réponde dignement dans l’exercice de cette place à la confiance dont Sa Majesté l’honore. En conséquence, le Roi a nommée ledit sieur Bernardin de Saint-Pierre intendant du Jardin royal des plantes et des cabinets d’histoire naturelle, aux lieu et place du sieur Flahault de la Billarderie qui en a donné sa démission. Veut Sa Majesté que ledit sieur Bernardin exerce ladite place sous la surveillance du Ministre de l’Intérieur et qu’il jouisse des droits et appointements attribués à ladite place à compter de ce jour qu’il sera admis à en remplir les fonctions.
Et, pour assurance de ce dessus, S. M. a signé le présent