‹ Médecins amateursChapitre 82 sur 96 · Pensées de M. de B. (Naville · texte numérisé non relu

Pensées de M. de B. (Naville

MAINE DE BIRAN

fluide nerveux, l’homme de génie va n’être plus qu’un sot. Buffon était presque tombé dans l’enfance et d’Alembert n’entendait plus, à la fin, le calcul différentiel (1).»

Ailleurs, Maine de Biran écrit (2) : « Le vent qui souffle a une influence singulière sur toute ma manière d’être », et il est si fermement convaincu de cette action météorologique, qu’il a toujours noté avec soins les corrélations de ses dispositions morales avec l’état de l’atmosphère. Ses cahiers sont, à cet égard, particulièrement instructifs :

« Du 9 au 16 octobre (1814). — La température a été fraîche, un peu humide; il a plu en petite quantité... Je suis mélancolique, moins disposé à me répandre au dehors, et, beaucoup plus à revenir sur soi-même... La société philosophique qui se réunit chez moi, toutes les semaines, a contribué à réveiller cet instinct méditatif, mais la saison y a

une influence très marquée. »

Tournons un feuillet de l’agenda :

« Du 16 au 22 octobre. — La température se refroidit chaque jour; le ciel est brumeux, pluvieux; les jours deviennent courts, nous touchons à l’hiver. J’éprouve la modification ordinaire attachée à cette saison; il y a, en général, plus d’aplomb, de calme, au fond de mon être, plus de force méditative. »

Page 1