Th. cit
MAINE DE filltAN
Ce fut la véritable raison pour laquelle il consacra sa carrière publique à la défense des droits et prérogatives de la couronne. « Impressionnable comme il l’était, ressentant dans le trouble de ses sentiments et même dans le désordre de son organisation le contre-coup douloureux des commotions extérieures, il ne pouvait contempler qu’avec effroi le spectacle des tempêtes politiques. D’autres ont besoin des excitations du dehors pour se sentir exister; il leur faut de fortes secousses pour préserver de la langueur une nature qui s’affaisse dans le calme. Il portait, lui, dans ses nerfs agités, dans les mille variations d’une sensibilité presque fébrile, une source de mouvement qui n’était que trop abondante. Il n’est pas rare qu’on souhaite la paix au dehors avec d’autant plus de vivacité qu’on la trouve moins au-dedans de soi. Les vues de M. de Biran sur la marche des sociétés se rattachent donc, par un lien assez étroit, à sa nature personnelle (1 ) . »
Cette paix sociale, ce n’est pas de la souveraineté du peuple qu’on peut l’attendre : qui ne connaît le despotisme, les caprices de la foule? Elle peut avoir une généreuse impulsion un jour et le lendemain se livrer à la violence et à l’injustice. L’autocratie est-elle préférable? Elle « n’est le repos qu’en apparence : la contrainte n’est pas le calme! » Il faut