‹ Médecins et empoisonneurs au XVIIe siècleChapitre 6 sur 22 · DANDIN · texte numérisé non relu

DANDIN

Je prétends Qu'Aristole n'a point d'autorité céans.

C'était, on le voit, porter un furieux coup au maître du divin syllogisme. Mais il fallait être Racine ou Molière pour oser défendre

k Aristote Tempire de la raison qu'il avait possédé à lui seul pendant le moyen âge, pour s'obstiner à dire à l'esprit humain :

« Keprends ton essor suspendu et cesse de te croire ligotlé dans les quatorze propositions de l'éternelle scolastique. Va, viens, cours, discute, cherche de nouveaux horizons h la science du droit comme à l'anthropologie. Fais toucher aux hommes leurs secrètes plaies afin que la vue du mal universel balaie définitivement ces cloaques d'incertitude et d'erreur. »

Et, depuis le xvif siècle, nous n'avons pas varié. C'est toujours à Descartes que nous recourons lorsqu'il s'agit d'appliquer la théorie des idées. Tout en faisant la part de l'expérimentation, la philosophie n'a point fait un pas. C'est encore à l'aide du syllogisme que l'on disserte, oubliant que si les prémisses sont fausses tout le reste l'est également. Bien que Ton ait trouvé "^ soixante -quatre figures de syllogismes possibles, on en est encore à faire prédominer dans nos lycées modernes Ja

logique du moyen âge, — cette fameuse logique dont, en vérité, le bonhomme Chrysale pouvait dire, au nom.de ses contemporains:

. Raisonner est l'emploi de toufe ma maison," Et le raisonnenienl en bannit la raison.

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