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CHAPITRE VII

Au bas du village, près du moulin, la cour de Blondel, avec sa barrière toujours ouverte, sa maison blanche et son bout de jardin, est un lieu public de rendez-vous. On y vient prendre la voiture, flâner autour de

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l'arrivée, souhaiter bon voyage aux connaissances qui se déplacent.

Au pied de la diligence, la mère Blondel circule avec sa béquille, taquinant le valet qui attelle les chevaux tristes. Elle est avare et dévote, plus vieille que son mari, dont elle énumère les vices, éternellement.

Il pleut depuis le matin, les ornières sont pleines comme des ruisseaux, et les gouttières delà bâche crachent Teau, qui rebondit en crottant les roues.

Quelques voyageurs causent sous des parapluies.

L'épicier Petitpas va consulter au Havre, pour son asthme ; une personne du carreau se rend à Pontivilliers pour des couches; une fermière en bonnet mauve rejoint une noce sur la route d'Epouville. Son mari, debout surlemarchepied,rembrasseàpleines joues.

— « Bien du plaisir ! Le bonjour à tout le monde, d

— « A ce soir ! »

Et Médéric sent son cœur se briser, en songeant que la voiture reviendra et ne lui ramènera personne,

Lisée a embrassé son père et réservé Médéric pour la fin. Elle veut garder son baiser plus netet plus pur.

La voilà installée dans le coin de la portière, son châle sur les genoux.

— « Tu nous écriras ! t>

— « Oh ! oui, bien sûr ! »

— « Quand? »

— « Demain. »

La mère Blondel vient rôder autour de la porte.

— Tiens, c'est vous, madame Ferrard.

Et la santé? Eh ! moi, je vous remercie, ça va. mal, ça va très mal, toujours chaud à la tête et froid aux pieds; avec ça un petit train

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de fièvre... C'est la faute de Blondel. Un homme qui me gruge d'inquiétudes ! Pas de tête pour deux sous, et puis licheur! Mais où est-il encore passé? On n'attend plus que lui, il va être en retard pour la poste.

Médéric et Lisée se regardent, les yeux pleins de larmes. Ils ne trouvent rien à se dire.

Des gouttes tombent sur les parapluies, et Petitpas, cramoisi, apoplectique, secoué par son asthme, crache dans la paille qu'il piétine.

Ah! la suprême minute qui rompt les rêves commencés! Ils songent aux douceurs des jours révolus, aux rendez-vous d'amour, le soir, au coin de la haie ; au frisson qu'ils avaient en se donnant la main, à la tristesse de l'hiver qui les enveloppe; et leurs cœurs endoloris se fondent dans un adieu muet.

Enfin, Blondel paraît, la casquette en

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