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il la l'oie (lu Ic'iiik'iiiaiii où tlk- avail (-cpciKlaiil cspcTc paiailiT a\cc. celai. Kllc parlil.
Mais quand clli' arriva au t((ii\i-iil. quand clic y douiaiida Céline... on lui ré|)ondil qu'elle n'y élail plus... (ju'elle veriail de quitler le couveni dejtuis (Iiicl(|ues jdurs.
l/clal de maladie où Vvoruia la supposai!, avait n iidii suspcclcs les réponses qu'on lui lit. Son inquiélude el ses erainlcs s'accrurent par tout ce qu'elle put recueillir des pensioiuiaires (pii ne sa- \ aient pas ce (pii s'élail passé, et soupçonnaient seulenienl qu'on leur cacliail quelque chose.
Tout ce qu'elle put conclure de leurs paroles, c'est qu'en efl'et Céline avait paru en proie à un violent chagrin, et à une maladie qui lui ùlait tout à coup le sonlimenl de rexisfeiice : elle paraissait évanouie et ne reprenait connaissance que pour pleurer anièrcnient. La lille de service qui avait dit cela, ajoutait qu'étant entrée de nouveau dans sa chambre pour lui apporter une potion calmante, elle ne l'avait plus trouvée dans son lit, el que depuis cet instant elle avait complètement ignoré ce qu'elle était devenue. Si la supérieure le savait, elle n'en parlait plus et imposait silence à tous ceux qui voulaient en parler.
C'est eu efl'et ce qui s'était passé avec Yvonna, quand elle avail voulu interroger sur son amie, et la jeune lémme iiiquièle el attristée s'éloigna du couveni et revint à Paris sans avoir pu rien savoir de la deslinée de Céline.
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Ce ne fut qu'après plusieurs jours d'inquiétude qu'elle en recul enfin la lettre suivante.
Ma chère et bien chère Tvonna.
Tu te souviens de la douloureuse agitation où j'étais quand je l'écrivis la dernière fois... .J'avais sans cesse présente l'image de M. de Jouval dans l'accès du désespoir, terminant sa vie et ses malheurs comme il était prêt à le faire, lorsque j'allai l'arrêter et l'implorer pour lui-même. Chaque instant accroissait pour moi l'impression de celte idée; elle était devenue, dans mon esprit. pr('S(|ue une réalité, el j'essayerais bien inutilcnient de dépeindre ma soutTrance. Comment exprimer celle que cause la mort de l'objet qu'on aime? la mort violente ! la mort qu'on eût pu empêcher et dont on est la cause! Aujourd'hui encore, que la possibilité de voir renaître cette situation n'existe plus, ce n'est pas sans éprouver des tourmenls inexprimables que ma pensée s'y reporte.
Si un seul instant écartait M. de Jouval de ma mémoire, c'était pour me présenler mon père, aigripar les dépositions des religieuses, ni'arraohant à mon asile, m'entrainanl sans vouloir m'entendrc, sans que j'eusse le courage d'élever devant lui la voix pour ma défense, dans quelque autre pension d'où je ne pourrais plus communiquer avec vous, ni m'instruire du sort de M. de Jouval. Cette suite de conséquences me rendait mes [tremières craintes 1 18.
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111 IDC r;i|t|icl;uil ci'liii (|iii les occasiomiait ; les iiiLMiu'S iiiia^'os sf |ir('S»'iil;ii('iit (Je iimivcjm, cl je (.lécrivjiis ;iiiisi un cercle (jiii iiic niiiieiiiiil ((tiijours au niciiic |((iiiil. ;mi comble de la (Jouleui cl de l'cCfroi.
Une lièvre lirùlaiile. en nie donnanl une force r.iclice, scnddait doubler mes lacullés. [jour l(;s proportionner à ce que j'avais à soufî'rir. De là naissait ensuite l'accableuient qui confondait toutes mes idées, sans détruire le sentiment vague de mes maux. Ces jours ont été affreux; je ne l'en trace (|u'une imparfaite esquisse ; il n'est pas de termes qui rendent exactemeiiL des inqjressions de ce genre.
Dans un instant où l'espérance balançait un peu mes craintes j'avais écrit à M. de .louval pour l'instruire de l'obstacle qui me retenait, je lui avais dit : « Compte/ sur mon cœur; je vous aime. Tra- < vailler à m'unir à vous, c'est chercher à me ren- » dre heureuse; et quoi qu'il arrive, jamais je ne 'i serai à un autre. » Je ne savais comment lui faire porter celte lettre, il m'était im[)ossible d'enqjlojcr Mine, ma femme de chambre, gardée à vue, et ne jouissant dans la maison que d'une apparente liberté : j'avais le projet d'en charger le bon M. Blondel ; mais comme si une fatalité se fut attachée à moi, et eût voulu m'ùter tout moyen d'alléger ma misérable situation, déjà deux lois il était venu depuis que ma lellre était écrite, et la maîtresse l'avait accompagné , s'était approchée avec lui de
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mon lit, et ne l'avait pas quitté un instant. Je frémissais d'impatience; chaque heure qui s'écoulait ajoutait à n)on désespoir, et me semblait devoir être l'heure qui comblait celui de M. de Jouval. La dernière journée que je passai de celte manière, ne peut se peindre, ni s'imaginer ; et je ne conçois pas moi-même que j'aie pu souffrir autant sans que mes organes se brisassent.
La fatigue, et non le calme, enfin me rendit immobile pendant quelques moments ; je vis sortir de ma chambre les personnes qui y étaient; on ne lit que tirer la porte ; le bruit de la clef ne se fit pas entendre; celui des pas s'alfaiblissant par degrés m'indiqua qu'on ne prenait plus de précautions contre mes tentatives pour revoir le bosquet. Une lueur d'espérance brilla pour moi , et mon àme alTaibiie reprit de l'énergie. J'irai, me dis-je ; j'userai le reste de mes facultés à lui porter de la consolation, ou je périrai près de son corps privé de vie. J'étais mourante ; mais je dus à l'idée de la possibilité de consoler, de sauver, peut-être, l'homme qui m'est cher, une force momentanée. Je me hâtai de me couvrir d'un vêlement; mes jambes vacillaienl, et mon cœur battait avec une violence capable de me suffoquer. 3Ia seule crainte était d'être surprise el de ne pouvoir réaliser mon projet. J'ouvris la porte en trendjiant; j'écoulai , tout était calme; je posai mon pied avec précaution sur les marches de l'escalier, en mappuyant contre le iiiur ; j'a\antais la léle, redoutant de voir ouverte la porte de la
balle ba^M'- cllr rlail IVi mer ; je ja-usai^ qu'un pour rail l'ouvrir brusqueincnl, mais je cunseiitais ù loul risquer : la seule cliosc qui me jiarul à craiiidn; élaildc ne pas atteindre niun but.
JVnlendis jiarler dans la salle pendant (jue je Ira versais le eurritlor, j(! sortis enlin ; mon d'il j)arl'ourul l'espace ; cet instant allait décider de tout : je irapereus personne. Il ne s'agissait plus que de trouver des l'orces ; elles me manquaient absolument ; je chancelais à chaque pas; je calculais le long trajet qui me séparait de l'extrémité du jardin, eu Irémissant de la pensée que je ne pourrais y arriver.
Jl pleuvait; la toile légère dont j'étais vêtue fut imbibée avant que j'eusse fait vingt pas ; je voulais me presser, pour atteindre les arbn-s, et me soustraire à la vue des |)ersonnes qui auraient pu sortir de la maison, et mon corps brisé par la maladie ne pouvait suivre rinq)ulsion de ma volonté. Knfir», je gagnai le bosquet; je m'engageai sous les charmilles, me soutenant d'un côté [)ar l'appui de la muraille, et de l'autre en saisissant les branches.
Tout à coup je fus frappée de la possibilité que la brèche reconnue eut été réparée : je ne pense pas, dans tout le cours de mes malheurs, avoir éprouvé une douleur aussi cuisante que celle que je sentis de cette conjecture subite, qui me présageait la ruine de ma dernière espérance. Comment ne me fit-elle pas tomber dans une de ces délaillanccs auxquellesj'étais sujeltedepuis quelque temps?
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J'avançai encore ; je n'osais porter mes regards vers ce point sur lequel il était si important pour moi d'être éclairée : le reste d'incertitude que je conservais nie semblait un trésor que j'allais perdre. J'arrivai tout près ; le passage subsistait, je m'y précipitai comme si l'on eût dû le clore un instant plus tard.
Quand je lus hors de l'enceinte, je me sentis épuisée ; je m'appuyai contre le nmr. je prononçai : Je. vais le sauver, comme pour ni'exciter moi-même par cette considération, et j'avançai un peu. Le froid me gagnait toujours davantage, et cependant la sueur se mêlait sur mon Irotit à l'humidité de la pluie. Ma respiration de\onail dilficilc; mes dents se heurtaient et mes jambes ilécliissaient sous le poids de mon corps. J'aperçus la chaumière où je savais qu'il s'arrêtait d'ordinaire, mais alors je ne pouvais plus marcher. Forcée de me laisser aller sur la terre, je me crus à ma dernière heure, et réfléchissant que la tentative qui me l'avait fait avancer devenait infructueuse si je ne pouvais me traîner plus loin, je pleurai amèrement.
Cependant je ne sentais mes souffrances physiques que sous le rapport de l'obstacle qu'elles mettaient à mon projet ; cette idée seule m'occupait. Faisant enfin un dernier effort, je me levai, et me redisant de nouveau : Je puis le sauver, j'atteignis cette chaumière où j'étais sûre d'apprendre au moins de ses nouvelles.
Comme si j'avais dû être la proie de tous les gen-
1*18 tti.nt. Kl ^v(l\>^
rcs lit' lounnciils. je piiis.ii. d.iiis rcl iiisUiiil. qu'il l'iail li'op lard ; (|u«' .M. de Jninal ctail [laili ou uiori ; ce lut uiu* douleur inox|)i'iuial)l(' (|ui .S(> juiguit à loul ce (|ue je Miullrais déjà. Je ni'arrèlai, n'osant plus ouvrir la poric ; un tnuuvcineul machinal seul me fil porter la main à la serrure. J'en Irai en appelant avec un cri déchiranl \1. de Jouval... Il élail là; mes yeux s'arrèlèrenl sur lui, il venait à moi; un senlimcnt de joie m'anima; mais, soit le passage trop rapide de la crainte excessive à la consolation, soit épuisement total, je perdis connaissance.
Je me ia[)[)elle ijarlaitement, mon amie, le moment où l'existence, c'est-à-dire son sentiment, se réveilla en moi. Des nuages offusquaient mes idées dont la chaîne cherchait à se renouer ; je sentais vaguement ([ue j'étais, sans me dire clairement que j'étais moi. Une main tenait la mienne; ma première sensation fut celle de l'intérêt que j'inspirais ; je serrai cette main, ce l'ut mon premier mouvement et le premier acte de ma volonté renaissante. Je commençai à retrouver mes souvenirs, ils se rattachèrent les uns aux autres, mais affaiblis ; mes sens dormaient encore, et mes facultés morales avaient déjà repris leur activité. J'ouvris les yeux ; je fus fatiguée un instant de l'éclat du jour et ne distinguai rien. Peu à peu les objets se dégagèrent de la vapeur qui les confondait. M. de Jouval, pâle, baigné de pleurs, et dans cet étal d'anxiété qui annonce l'attente d'un important évé-
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nement. était en face de moi et fixait sur moi les yeux ; j'essayai rie lui sourire et de lui tendre la main que j'avais lihro; il vit mon intenlion. paru! prêta s'élancer vers moi, ot commença à nie parier ; la personne qui était à mon côté fit un signe répressif; M. de Jouval se tut. joignit les mains et exprima l'espérance. Je tournai la tête et mes regards se portèrent sur le bon docteur Blondel ; il interrogeait mon pouls, avait l'air satisfait, et me dit d'une voix douce : Vous êtes bien ; soyez tranquille, voire prompte guérison en dépend. Je restai immobile ; mais mon cœur avait repris courage ; l'amour et la reconnaissance le remplissaient.
Une femme d'un certain âge. d'une physionomie noble et gracieuse, vint à moi ; elle portait un breuvage qui m'était destiné; M. de Jouval la suivit, e( avança sa main pour se charger du vase au moment où elle se disposa à soulever mes oreillers pour me mettre à portée de cette boisson. Le pauvre M. de Jouval tremblait ; le docteur Blondel quitta mon bras pour se charger de l'ofiice que l'émotion du premier ne lui permettait pas de remplir. La main de M. de Jouval se posa douccmeni sur la mienne. Ma Céline, vous m'êtes rendue, dit-il; je suis le plus heureux des hommes. Kt il se relira pour reprendre sa première place. Je voulais |)arler; le docteur m'imposa silence, fit fermer les rideaux et me recommanda de nouveau la tranquillité. Aucun bruit ne se faisant plus entendre, je ne tardai pas à m'endormir.
(](* .soiiiincil rarniicliiss.inl drlcn)) iiia ma ronva- Icsccncc. 1)("'S II- IciHlcniaiii il me lui pcriiiis (Tccoulor cl (le irpondic. .l'élais hicii rail)lc; mais je ne souillais plus, tl je sciilais, avoc une sorte do jouissaiici', rcxistoncc qui m'était rendue, .rinlerroffeai pour savoir où je me trouvais. I.e l)on W. {{londel me (lit (|ue j'étais ehez lui, et me lit eormaitre pour sa sœur la leninie doiiL la physionomie respeetahic m'avait frappée la veille. Celle-ci, à son tour, me tinl les discours d'une mère tendre qui verrait sa fille échappée au danger de périr.
Ah! mon an)ie , tu ne nieras pas la honîé, la vertu désintéressée el la bienlaisanee inta[if;çal)le, quand lu sauras que dans tout le cours de ma maladie, et encore aujourd'hui que je suis presque enlièrement rétablie, mademoiselle Blondel, la sœur du bon docteur, m'a soignée elle-même pendant des journées entières , el s'esl réveillée plusieurs l'ois chaque imil i»our surveiller les gardes-malades et s'assurer que les ordonnances de son frère élaieiiL exactement suivies. On ne peut attacher moins d'iniporlance à une conduite aussi généreuse que le fonl celle demoiselle cl son frère, A les entendre, elle ne niérile aucune admiralion, et, s'ils l'avaient pu. j'aurais ignoré une grande partie de ce qu'ils ont l'ail pour moi. (l'est M. de Jouval, pcnélré de recomiaissanee, (|ui. par ses récils, m'a mise à portée de juger de celle que je leur dois.
Je ne chercherai pas. mon amie, à te répéter exactement ce qui m'a été dit par ce dernier. Ima-
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gine tout ce qu'une âme aimante peut éprouver en acquérant la preuve d'un attachement dévoué, et toutes les expressions qu'on peut employer pour peindre l'amour, l'estime, la reconnaissance, et lu resteras encore au-dessous de la réalité.
La sensibilité de M. de Jouval ra'étonne moimême. Il a connu mes motifs, il a apprécié ma démarche; rien dans mes intentions ne lui a échappé : il lit dans ma pensée. Et dans la position la plus fâcheuse, sous tous les autres rapports, je le vois heureux de mon attachement.
C'est surtout lorsqu'il trace le tableau du sort qui nous est réservé quand nous serons unis que mon âme est doucement émue ; il rappelle celte illusion qui le séduisait, il peint l'èlre qu'appelait son cœur, avec lequel il comparait tous les objets, et qui en détruisait l'impression. C'était, dil-il, ma douce Céline que j'aimais avant de la connaître. Ce sont mes qualités, oserai-jc le dire, mon amie, mes défauts même qu'il avait chéris dans cette amante imaginaire. Il la voulait comme moi, ne sachant que sentir, aimer, el étrangère aux inquiétudes de l'amour-propre. aux combinaisons de l'ambition, aux plaisirs indépendants du cœur, ne jouissant que par ceux qu'elle aime et ne souffrant que de leurs peines. Être aimé avec ce dévouement, dont une femme de ce caractère est seule capable , lui paraissait le vrai bonheur; la posséder, voir en elle la mère de son enfant, la compagne de sa vie entière, voilà tout ce qu'il souhaitait au monde.
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LVxislt'iiro la plus douce lui élail assurée avec une Icllc amie, cl ses rcf^rels sur la iiiédiderilé de sa lorluiie seraioul délruils |)ar la eerlilude que l'objet de sou auiour se nionlrerail insensible aux privations qui en sont la suite, et n'attendrait ses plaisirs que de son amant.
— Avec vous, ma (léline. ajouta M. de Jouval.jc posséderai tous les biens, j'évilcrai tous les maux et je vous devrai tout ce qui doublera encore le prix de mon bonheur. Mon amie, s'entendre assurer ainsi qu'on est l'arbitre du sort de ce qu'on aime, ah ! c'est voir se réaliser tout ce qu'on a rêve de plus beau sur la terre.
J'ai appris avec la plus grande surprise que j'avais été vingt-deux jours privée de connaissance et dans le plus graïul danger. 31. Biondel, ayant écrit à mon père dès le [trcmier jour où j'ai été recueillie chez lui, mon père est venu dans l'inLention de m'emmcncr avec lui. 11 s'en fallait de beaucoup qu'il me crût dans l'état où j'étais; peut-être même s'élait-il imaginé qu'on me représentait malade pour désarmer sa colère. J'étais au moment le plus dangereux quand il arriva , et M. Biondel m'a assuré qu'en nje voyant sur mon lit, sans mouvement, sans couleur, et dans une espèce d'agonie, ses yeux s'étaient mouillés, et il avait tendrement murmuré : Pauvre enfant ! recueillie par la compassion ! Ce spectacle me fait mal, ajouta-t-il en détournant ses regards. Comme elle ressemble à sa mère! C'est elle sur son lit de mort... Et serrant
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la main du docteur : Sauvez-la. si c'est possible. Celui-ci l'ayant assuré qu'il veillerait sur moi en père et ne négligerait rien pour ma guérison. mon père est parti, après lui avoir témoigné sa confiance en ses soins et peint vivement sa reconnaissance.
Je n'ai pas encore obtenu de M. Blondel qu'il me fit connaître clairement les dispositions de mon père. Quant à 31. de Jouval, il a éludé toutes mes questions et s'est borné à me dire que, dans l'état où je suis, on ne s'était pas occupé de projets ultérieurs; que la position de M. de Jouval avec sa famille lui interdisait toute insistance en sa faveur dans le moment présent, et qu'il fallait remettre les négociations à un temps plus prospère. Sans doute on me cache quelque chose. Mon père s'est peut-être expliqué do manière à détruire mes espérances. Quoiqu'il en soit, le bon docteur m'a promis son appui et cherche à me soutenir, en m'offrant la perspective éloignée du succès de mes vœux. Il m'a aussi fortement engagée à décider M. de Jouval à retourner vers sa mère et à tenter sans délai les voies de réconciliation. Sentant la justesse de cet avis, je n'ai pas eu de peine à mettre en usage les prières et les instances pour déterminer 31. de Jouval à s'y conformer. Il partira demain matin ; je lui dois le reste de ce jour. Tu sens que nous avons beaucoup à nous dire encore avant de nous séparer pour un espace de temps illimité.
Je le quitte, mon amie ; je reviendrai à toi quand je serai seule, et je te rendrai compte de la suite de