‹ Médérine (volume 2)Chapitre 25 sur 30 · CÉI.IWE ET YV01^"IA · texte numérisé non relu

CÉI.IWE ET YV01^"IA

je n'avais pas encore porté mon atlention et dont je suis mainlenanl le plus seiisiltletiicnl ;in'tTtée, c'est la perte de m.i rt-putiitioti ; elle est fl«''lrif. Les inculpations les plus liuiniliaiiles, les calomnies les |)lus grossières sont dirigées contre moi ; dans ce voyage si court je viens de m'assurer que mon ;i\(nlure a eu de l'éclat et que je suis deverme l'objet des |)ropos de la curiosité. Lorsque nous sommes niftntés en voiture, la foule nous entourait; c'était sur moi que se portaient les regards ; on se parlait à l'oreille; on me désignait du geste; tout le long du village on sortait sur les portes pour nous voir passer ; des groupes se formaient, et je r)e soupçoimais [)as que cette attention put avoir un motif désobligeant ; je la croyais, au contraire, une preuve d'intérêt pour M. lîlondel, bienfaiteur de ces campagnes, et de bienveillance pour mon âge et les traces de souffrances récentes que la maladie a laissées sur mes traits.

Cette attention c'était la curiosité qu'éveille mon aventure, et les mille propos auxquels elle donne Heu; on ne parle que d'évasion, d'erdèvement. Je suis l'objet de calomnies absurdes et le but de malignités incroyables.

Ah ! la réputation d'une femme est une fleur délicate; quand le souffle de la médisance l'a effleurée, elle ne reprend jamais entièrement son éclat. L'effet de mes torts s'étendra sur toute ma vie ; jamais l'impression reçue ne sera complètement effacée. Un seul être peut et doit m'absoudre. c'est celui pour lequel je me suis exposée à cette honte ineffaçable;

ou »EUX AMIES d'enfance. 231

il curiiiail mes niolifs comme moi-même, il lit dans mon âme comme la Divinité; avec lui seul je puis jouir de l'estime et trouver le bonheur. Cependant j'aurais voulu que tout le monde put juger comme lui celle qui doit être sa femme. Il est affreux de penser que ce que j'aime pourra avoir à rougir de moi, et que je n'aurai pas le droit de repousser hautement les humiliantes inculpations de la calomnie. Hélas! il ne faut qu'un prétexte à l'injustice pour qu'elle soit justifiée.

M. Blondel se propose de se rendre demain matin chez mon père pour m'y préparer une réception qui ne me soit pas trop douloureuse. 11 m'a dit qu'il s'avancerait plus ou moins dans les ouvertures qu'il a à lui faire selon qu'il trouverait ses dispositions plus ou moins favorables. Après cette entrevue, cet excellent homme s'est engagé à venir reprendre sa sœur et moi pour nous servir d'introducteur dans la maison de mon père. Hélas! mon amie, ma situalion est bien funeste, bien étrange, puisque j'en suis venue au point d'avoir besoin d'un étranger pour être admise dans la maison paternelle.

Je t'instruirai de tout ce qui se sera passé. Je suis agitée; la journée qui vient de s'écouler a été bien orageuse ; celle de demairi est bien redoutable ; sans doute le sommeil n'approchera pas cette nuit de mes paupières.

Sois sure cependant qu'au milieu de tout ce trouble, les droits de noire amitié se conservent entiers et que rien n'est capable de porter atteinte dans mon

'Jô-J CELINE ET V\0>^V

cœur à ce senliinonL (|iril roiiscrvo pour la vie. Mais parle-moi doiir aussi de loi. tic los aclioiis cl (II- les seiiliiueiils. Je le désire cl l'exige de Ion aiiiilié.

Céline.

TVONNA DE BLÉVILLE A CÉLINE DE BLOTE.

Ma chère Céline,

Je voudrais le parler de moi puisque lu l'exiges, mais je n'ai rien à le raconler que ma pensée. J'espère bien qu'il en sera lonjours ainsi, e( que mon cœur reslera conslammenl calme.

Ce n'est pas que je n'enlendc souvenl parler d'amour, la convcrsalion roule sans cesse sur ce sujet. Oui, c'est le sujet inépuisable : on le quille quelquefois pour parler de politique, d'arls, de litléralure, de spectacles, mais ces sujets sont bientôt épuisés, on revient à l'amour; c'est la base de la société, la source des plaisanteries, des saillies, des méchancetés, des choses aimables; chacun en parle à sa fantaisie. Délicat, séduisant dans les peintures de l'un, cynique dans les tableaux de l'autre, on le blâme, on l'applaudil, on le dédaigne lour à tour; mais enfin on en parle généralement. Il semble qu'on ne puisse être fâché de vieillir que parce qu'alors l'amour n'est plus de saison; les femmes, surtout, voient avec regret l'âge leur ravir la possibilité d'en inspirer. Les hommes peuvent plaire plus tard, ou

oc DECX AMIES D ENFANCE. 235

s'en flatter au moins ; ce sont eux qui provoquent, sollicitent, et s'expriment les premiers ; les femmes altondent qu'ils leur adressent des vœux. Les vieilles, les laides, jugent de la cause par l'effet, et ne peuvent se dissimuler qu'elles sont trouvées telles, puisqu'elles ne sont pas l'objet des désirs et des empressements; elles ne peuvent pas, comme les hommes, se tromper à cet égard, voilà pourquoi elles supportent moins philosophiquement la perle de leur jeunesse. Bien des gens cependant rougiraient de donner de l'importance à l'amour ; les hommes, en général, seraient honteux d'être accusés de le porter jusqu'à la passion, il est traité de bagatelle, d'enfantillage, et cette bagatelle est l'entretien de personnes graves et sensées! et cet enfantillage est l'objet que les poètes, que les écrivains distingués, passent leur vie à peindre, à célébrer! S'en entretenir (souvent très-gauchement), mais enfin s'en entretenir est encore le délassement des savants les plus studieux dans les moments où le besoin de se distraire leur fait chercher la société. Tout le monde ne fait pas l'amour, mais tout le monde sourit, ou dit son mot lorsqu'il en est question.

Cette bagatelle est donc, au fait, quelque chose de très-important. A la vérité, rien n'est plus rare que d'aimer ; mais si l'on supprimait dans la conversation, dans les arts, dans les productions littéraires, ce qui y a rapport, ce serait réduire ces trois choses à rien. Elle vaut donc bien la peine d'y 1 i'O

'■2ÔA CÉLINE ET YVONN\

réfléchir sériciisonicnl : c'osl ce que je ferai, mais j'évilerai (rcnrtrc jatii.iis la (liipc

On iroxciiso guère ce qui porte le caraelère d'un sentiriieiil profond el tendre. La dérision dans ce dernier cas se joinl à la censure; on absoudrait d'une fantaisie, on ne passe pas une passion ; l'homme qui l'éprouve fait pitié, la femme devient méprisable. Enfin, la médisance, la calomnie vivent de l'amour, et ce])endanl chaque homme veut séduire, chaque (émme veut plaire !...

La sévérité avec laquelle les femmes sont jugées lorsqu'elles se permettent quelques écarts, est une chose inconcevable, vu l'espèce d'encouragement qu'oblirnnenl du publie leur légèreté, leur coquetterie el leur recherche d'élégance. Les visites qu'elles reçoivent, les fêtes où elles se trouvent, les plaisirs bruyants cl répétés qu'on fait naître pour elles, les empressements dont on les rend l'objet, sont des séductions dont on les entoure, et l'on veut qu'elles s'en garantissent. Tout ce qui doit les égarer et éveiller chez elles une passion, est admis, mais il faut que dans ce chemin si glissant, elles se retiennent au point juste. Ce même public, si indulgent pour ce qui prépare et nécessite presque leur chute, devient un juge sévère , un censeur implacable, quand il est démontré qu'elles ont lait un faux pas.

D'un autre côté, les femmes qui s'annoncent pour ennemies du plaisir, qui n'admettent pas de propos de galanterie, et qui s'interdisent les conversations qui traitent de Tamour , sont qualifiées du

ou DEIX AMIES D ENFANCE. 235

nom de prudes, livrées à la dérision du sexe qu'elles redoutent, à la haine de celui dont elles paraissent faire la censure, et achètent, par la contrainte et l'ennui , un genre de travers qu'on ne pardonne guère plus que le premier !

D'après des réflexions, qui sont la suite de ce que j'entends, je me propose de régler ma conduite de manière à éviter de donner lieu au blâme. Je laisserai approcher de moi les hommages^ mais je veillerai sur mon cœur . qui ne doit pas même être effleuré par l'amour ; je ne ferai qu'un amusement de ce sentiment qui nous perd quand nous en faisons une affaire : il flattera mon orgueil, occupera mon esprit ; je l'inspirerai peut-être, je ne le sentirai jamais ; ou plutôt je ne l'inspirerai pas, parce qu'il n'a point de réalité dans ceux qui composent nos sociétés, mais j'accueillerai celui qui sous son apparence voudra me tendre un piège ; je verrai venir, je laisserai l'art se déployer, et à mon tour j'emploierai l'art pour jouer, sans risquer mon repos, sur le bord de l'abîme où souvent l'amour précipite les femmes moins en garde contre lui. Je te le répète, mon amie, ma conduite sera irréprochable, je sens le prix de la considération, et je ne risquerai pas de perdre, avec elle, le bonheur de ma vie.

J'attends avec empressement, ma chère Céline, la suite de tes récils ; je t'ai suivie dans cette marche si douloureuse ; j'ai payé un tribut de larmes à tes soulfrances. J'espère que le docteur Blondel

-'50 CÉlINi: El Y\(l%'<A

ne l'a pas troiiijK'c. cl qu'en cITol Ion (kto se laissera toucher, consentira à les v»enx et oni)liera les légers torts. S'il eoiHiaissail, coninie moi, la pureté de Ion âme, ta vive sensibilité, et les motifs aussi (lélicals que désintéressés qui l'ont entraînée, loin de te faire des reproches, il le plaindrait el chercherait à hâter le hordieiir de celle qui s'occupe constamment du bonheur des autres. '

Tu vaux mieux que moi, ma Céline, mais lu ne peux pas avoir dans le cœur un scnlimenl plus vrai que l'amitié de Ion

YVONIVA, CÉLINE DE BLOYE A TVONNA DE BLÉVILLE.

Tu te rappelles, mon amie, que j'étais au moment d'arriver chez mon père, lorsque je t'écrivis la dernière fois? Près du château qu'il habile, je priai le bon docteur d'aller à l'avance, et de savoir quelle réception m'était destinée. Quand il revint, je vis qu'il essayait de cacher une impression pénible, ne voulant rien nie dire, si ce n'est que j'étais attendue, el qu'il ne fallait pas tarder à me rendre près de mon pèhe.

J'avais une question à faire qui m'intéressait bien vivement ; je n'osais la prononcer; mes yeux interrogeaient mon bierd'aiteur ^ il m'entendit, prit mes mains, les serra el me dit : 31on espérance de vous voir heureuse avec M. de Jouval n'est pas délruile;

oc BEl'X AMIES d'eNFANCE. 237

mais, ma jeune amie (permettez celle expression à mon affeclion de père), je crains que l'époque de ces nœuds ne soit plus éloignée que nous ne l'avions espéré. M. de Bloyc. avant de rien promettre, veut s'être procuré des renseignements, et avant de vous dormer, veut éprouver le caractère, juger la conduite de l'homme qui ne s'est encore montré à lui que sous l'aspect du séducteur de sa fille. Le temps seul, dit-il, peut effacer l'impression défavorable que le passé a donnée. Tâchez d'avoir du courage et de la résignation pendant la durée de cette épreuve ; on ne peut blâmer votre père d'imposer ainsi la loi ; mais je suis obligé de vous prévenir que tant qu'elle subsistera, toute communication avec 31. de Jouval vous sera refusée; et M. de Bloye m'a prié de m'interdire toute sollicitation en sa faveur : il vous défend, par mon organe, de jamais lui parler de l'objet de votre affection ; il se charge de vous faire expliquer sur ce sujet, lorsqu'il le jugera à propos.

3Ion amie! je ne pus retenir mes sanglots en entendant cet arrêt. Ah! dis-je, l'intention de mon père est de rompre l'union de nos cœurs ; il ne veut pas former ces nœuds dont le bonheur de 31. de Jouval et le mien dépendent; il veut nous séparer sans retour. Je vous atteste , reprit M. Bloiidcl , qu'il a dit le contraire, et que si les informations sont favorables à M. de Jouval, comme elles ne peuvent manquer de l'être, il sera votre époux ; j'en al la parole de M. votre père. Cette assurance me ren- 1 20.

538 CÉLINE ET YVONIVA

(lit plus (raiiquillo. cl nous nous disposâmes au départ. IVndniil toute la roule, mes eslin)abh's amis firent d'inutiles elTorls [lonr tarir nies larmes et me dornier un |)eu d'assurance ; plus nous approchions du terme, plus mes anp;oisses s'accroissaient. J'étais lellemcnl Ironhlée quand la vnilnre s'engaf^ea dans l'avenue qui conduit à la maison, (jue je lus prête à me lrou\er mal. I>e temps était beau, et quoiqu'il lit froid, M. JMondel crut devoir me l'aire descendre de voilure et faire quelques pas sur la route, pour rendre la circulation à mon sang que la crainte glaçait. Mes yeux mouillés de pleurs errèrent sur celle campagne que le dépouillement des arbres rendait un spectacle analogue à la disposition de mon âme ; autour de moi et au dedans de moi tout était triste. Je vis le château, je ne reconnus rien ; cette habitation de ma famille m'était devenue étrangère.

L'exercice m'ayant rendu quelque force, nous remontâmes en voilure; nous fûmes liientôl arrivés dans la cour. Je craignais de voir mon père, et j'eus le cœur serré de la solitude de cette vaste habitation. Aucun domestique ne parut; nous ne vîmes que ceux qui nous avaient accompagnés. J'étais tremblante , et sans le secours du docteur qui me retint dans ses bras, je n'aurais pu sortir de la voiture ; il fut obligé de m'asseoir sur un banc, et de me faire respirer des sels; je m'appuyai sur lui pour gagner l'escalier; partout je retrouvai la même solitude; on aurait pu croire cette maison inhabitée, l'ersonnc dans les antichambres. Le laquais qui

or DEUX AMIES d'enfaîvce. 239

avait fait la route avec nous, nous précédait ; il ouvrit la porte du cabinet de mon père, et annonça. Dans cet instant un mouvement involontaire me lit reculer; mon père lit quelques pas, s'adressa d'abord à mademoiselle et ensuite à M. Blondel, auxquels il dit les choses les plus flatteuses; il ne jeta pas un regard sur moi , pas un seul pour s'assurer du retour de ma san'.é ! Je voulus aller à lui, il détourna la tète avec aflectatioii ; mes genoux se ployèrent, j'allais tomber aux siens : un regard glacé réprima ce mouvement ; j'essayai d'élever une voix suppliante, je ne pus rien articuler, les sanglots m'étoulTaient : enfin je fis entendre le mot de pardon ; mon père dit, sans me regarder une seconde fois t Je rous raccorde conditionnellement et seulement dans l'espérance que vous vous en rendrez digne par une conduite plus réservée que celle que vous avez eue. Vous avez beaucoup à réparer ; je ne vous parlerai du passé que cette seule lois, relativement à vos torts, mais veillez sur vous-même pour l'avenir, vous ne trouveriez pas la même indulgence.

Après ce peu de mots prononcés avec une froide gravité plutôt qu'avec liunieur, il ne fut plus question de moi. M. lUondel me (it asseoir près de sa sœur, et la conversation roula sur des lieux communs. Mes larmes s'étaient séchées ; mon cœur était flétri ; je restai dans un accablement stupide. Enfin, après une demi-heure, mon père sonna et demanda si madame était chez elle. La réponse lut affirmative ; alors il olfril la main à mademoiselle lilondel.

540 (.tLIltE ET YVO?(NA

fin <iis;inl au docteur : Charpcz-vous de votre pensintmairo; et, se loiiriiaiit d;' iiioii cùh'. il .ijouta : \ (tus dcvi'z sonlir ce (|uc iiicrilc dV•^^'l^ds, de \otre pari, iiiadaiiic de IJloye , qui veut l)ien vous periiit'ltrc de \i\r(' tlit-z elle, l.a diiiclé de ce propos m'écrasa. (Ihez elle ! Ne suis-je donc pas chez mou [)ère? Ne suis-je doue pas, comme les eiif'aiits (|u'il a d'elle. Teidanl de la maison'.'' Oli ! mou amie, ai-je perdu l'espoir d'èlre aimée de mon [tère? lit quelle idée dois-je prendre de la faute que j'ai commise, si elle a du avoir cette funeste influence !

Madame de lîioye est une femme grande et bien l'aile, mais peu jolie ; sa physionomie a l'expression du dédain et de la rudesse : comme mon père, elle lil un accueil particulier à mademoiselle Blondel. Dans cet accueil, que son intention était sans doute de rendre obligeant, il perçait le ton de la supériorité : c'était celui d'une femme de qualité en- \ers une bourgeoise qu'elle veut faire souvenir de celte distance, tout en la traitant bien. Le docteur obtint aussi des marques d'attenlio/i , et je pus douter si madame de Bloye s'était aperçue de ma présence, attendu qu'elle ne regarda pas de mon coté. En rélléchissant que réellement je suis une étrangère pour cette dame, je sentis que c'était à moi à la prévenir : surmontant donc ma timidité et l'oppression de ma douleur, je m'avançai vers elle, et lui demandai de l'indulgence et son amitié, dont je m'efforcerais de me rendre digne ; elle me regarda avec tant de froideur et me répondit avec

ou DEUX AMIES d'eXFASCE. 241

tant de sécheresse : «lYous n'aurez jamais lieu, mademoiselle, de vous plaindre de mes procédés, •< que je me retirai macliiiialement. et fus me replacer vers le bon docteur, comme pour chercher un appui près de quelqu'un dont j'étais aimée; il me conduisit de nouveau près de sa sœur, et la conversation devint générale. Tu penses bien, mon amie, que je n'y pris aucune part ; je restai longtemps les yeux baissés, et plongée dans une méditation profonde.

Je n'avais point examiné le local où nous nous trouvions : regardant enfin autour de moi, je reconnus parfaitement la chambre à coucher de madame de Bloye , pour celle qu'avait occupée ma mère ; l'ameublement n'a pas été changé; le lit est celui où ma mère est morte! C'est là que je vis, il y a douze ans, une scène de désolation. Je me rappelle parfaitement les gémissements de mon père, les cris sourds de son désespoir ! Tout ce qui s'était passé alors me redevint présent; je tournai les yeux vers mon père, il souriait en regardant sa femme ; il causait avec une entière liberté d'esprit. Hélas! les événements sont si complètement effacés de sa mémoire, que la présence de l'unique enfant de celle qu'il avait si amèrement pleurée ne lui en rendait pas le souvenir !

Je lus tirée des réflexions que ce rapprochement me faisait faire, par la proposition que fit madame de Bloye, de se rendre au salon, où l'allendaient les persormes qui se trouvent chez elle. Alors s'adres-

Page 1