‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 6 sur 103 · N£)ÉL · texte numérisé non relu

N£)ÉL

JIIE88E BE L'AUBOBE.

ÉPITRE (àTitB, m, 4-1:).

Depuis que la bonté de Dieu notre Sau:veur fit son amour pour les hommes a paru, il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous avons faites, mais selon sa miséricorde par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit, qu'il a répandu abondamment sur nous par. Jésus- Gbrist*notr« Sauveur, afin que, étant justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers de la vie éternelle selon l'espérance.

Ces paroles nous rappellent en ce jour, anniversaire de la naissance de rHomme-Dieu, tout ce que nous lui devons. Par lui la bonté infinie de Dieu et son amour pour les hommes ont été ma*nifestés; car Jésus- Christ nous a sauvés par une grâce purement gratuite, et sans que nous l'ajions mérité par des œuvres faites selon la loi, ni par notre justice propre. Autrement ce ne serait plus une grâce , mais une récompense et presque une dette. C'est donc un pur effet de l'amour divin qui, ayant pitié de notre misère, nous est venu en aide

par le mirade de l'Incarnation du Verbe, leqnel, se hisanX homme comme nous, et assumant notre nature avec toutes ses conditions, sauf le péché, a détruit par son obéissance jusquît la mort la sentence de la condamnation mortelle, suite de la révolte du premier homme. Le sang du Rédempteur versé sur la croix a lavé les iniquités du genre humain. Ce sang a été à la fois expiateur en satisfaisant par l'immolation de la victime à la justice divine offensée, et propitiateur en réconciliant l'humanité avec la divinité, pendant qu'il répan.dait sur la terre la vie divine que Jésus portait en hn. De là la vertu régénératrice du baptême^ qui dbctne par l'eau sainte l'application des mérites de la croix, et implante dans. Tâme renouvelée la semence de la vie surnaturelle : [ce qui en fait une créature nouvelle par le dépouillement ou la mort du vieil homme. Mais cette vertu de la régénération n'opère efficacement qu'en ceux qui y adkèrent spontanément par la foi en Jésus-Christ, aa Y«tbe ÎBeamé, né, mort et ressuscité pour le salmt des hommes, soit par la foi infuse dans le k^tême même, comme les nouveau-nés ou les enfants sans .raison^ soit par la foi actuelle et vo«* lentaire des adultes, initiés à la connaissance des vérités ëternefles et sachanf'ce qu'ils croient. Nous devons donc reconnaître, dit saint Paul {Rom,, III, 28}, que Tlkomme est justifié par îa foi sans les

œuvres de la loi, laquelle, ajoute-t-il, ne pouvait rien justifier ni mener personne à la perfection. II en est autrement des œuvres de charité, par lesquelles la foi se réalise et devient vivante. Elles sont nécessaires à la justification comme la foi elle-même, dont elles sont les applications, et c'est pourquoi TApôtre dit encore au chap. XIII de la K" aux Corinthiens : « Quand j'aurais la foi qui transporte les montagnes, si je n'ai la charité, je ne suis rien. »

Après que les anges se furent retirés dans le ciel, les bergers se dirent l'un à l'autre : allons jusqu'à Bethléem et. voyons ce qui est arrivé et ce que le Seigneur nous a fait connaître. S'étant donc hâtés d'y aller, ils trouvèrent Marie et Joseph et l'enfant couché dans une crèche, et l'ayant vu, ils reconnurent la vérité de ce qui leur avait été dit de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent admiraient ce qu'ils leur rapporlaîent. Or Marie conservait toutes ces choses dans son cœur en les méditant. Les bergers s'en retournèrent glorifiant et louant Dieu de toutes les choses qu'ils avaient entendues et vues, comme il leur avait été dit.

C'est à de pauvres bergers que la bonne nouvelle est annoncée d'abord , conformément à la parole de Jésus-Christ : « Les pauvres sont évangélisés les premiers, et ils le seront toujours de préférence. > {Matth., XI, 5.) Les premiers ils en tendent la voix des anges louant Dieu de sa puissance et de sa miséricorde, et manifestent les deux principaux résultats de la naissance du Sauveur : la gloire rendue à Bien au plus haut des cieux et la paix accordée sur la terre aux honmnes de bonne Tolonté. •

La gloire est rendue à Dieu, parce que par le samfice de Jésus-Christ, qui se fera obéissant jusqu'à la mort et jusqu'à la mort de la croix, l'humanité que le Verbe divin a revêtue, et c'est pourquoi il s'appelle le Fils de l'Honame, expiera en sa personne et par ses souffrances sa révolte primitive, et le second Adam lavera dans son sang le crime du premier. Le règne de Dieu est donc rétabli parmi les bommes, satisfaction est donnée à sa justice violée ; et sa bonté, méconnue et outragée par Tingratitude, est de nouveau glorifiée par le dévonement et la reconnaissance. H fallait que imprescriptible justice fût accomplie pour que 'ordre eût de nouveau le dessus, et que le triomphe momentané du mal sur le bien fût abattu. La miséricorde y a aidé ; car par elle seulement, et par l'amour infini de Dieu pom* sa créa-

tnre coupable et malheureuse , le Verbe ^viû a bien veulu s'abaisser jusqu'à nous, se faire semblable à nous , vivre et mourir comme nous au milieu de nos infirmités, et enfin nous racheteï en payant par le plus grand des t^wîrifices le prix de notre rançon. « Vous avez été rachetés à im grand prix, » dit saint Paul. (1 C^., VI, 20.) Âifisi la vérité «t la miséricorde sont allées Tune au^evant l'autre et se sont embrassées. (?j?. LXXXIV, 11.)

Mais ce qiïi rendra à Dieu sa gloire donnera la paix à l'homme, paix dont il ne pouvait plus jouir depuis qu'il s'était séparé de son principe, et qu'il ne retrouvera que dans sa réconciliation opérée par la médiation de Jésus-Christ, jmrticipant à cette fin comme moyen terme aux natures des deux extrêmes qu'il doit réunir. Donc, en Jésus- Christ, et par lui seulement, la paix de l'homme avec Di^u est possible par le retour <^mplet à Dieu, par son obéissance et la restitution de ^oftt luitmême, pratiquées avec la îoi, l'espérance et l'amour inspirés par la grâce du Sauveur, qui peut seule rendre la volonté bonne et la remettre tians Tordre. Paix des hommes entre eux par la justice dbrétienne, qui, en rendant exactement à chacun ce qui lui ^t dû et respectant les droits de totK, jmis portant iihacun à aimer son semblable conome soi^néme, c'est*à-dire à ne point se .préférer- à

hd, dStniit les motifs de collision, et les accorde dans une bonne volonté réciproque. Mais siurtout paix des hommes entre eux par la charité, qui, animée de l'esprit de Jésas-Ghrist et de son sacrifice pour tous, se dévoue à la gloire de Dieu et au bien de ses frères, renonçant au monde et à soi-même pour suivre le Sauveur jusqu'à la mort et à la mort de la croix, s'il le faut , ce qui est la perfection de la bonne volonté. Enfin, paix de l'homme avec luimême, parce que la grâce de Jésus-Christ peut seule rétablir l'harmonie entre la Foi de son âme et cdle de son corps, troublée par le péché et ses suites , dont il ne peut être délivré autrement avec certitude. C'est là surtout ce qui lui remet la paixtiu cœur, par l'absolution donnée au nom àe Jésus-Christ aux hommes de bonne volonté, c'est-à-dire à ceux qui, par le sentiment, l'aveu et la détestation du mal commis, et le désir sincère de l'expier et de ne plus le commettre, font tout ce qui est en leur pouvoir pour profiter de la vertu libératrice.

•Considérons maintenant les bergers devant la crèdie de Jésus. Après avoir entendu les premiers la Toix desanges, les premiers encore, après Marie et Joseph, ils ont le bonheur de contempler l'Enfant divin et de l'adorer. Ds apportent au Verbe ineanié les prémioes de l'hommage dlsrael, comme lent à Theure les rois de rOrient offriront

celui des nations, en sorte que le genre humain tout entier sera représenté auprès de ce divin berceau, le plus misérable des berceaux par Tapparence, puisque c'est la crèche d'une étable, le plus magnifique en esprit et en vérité, puisqu'il contient le salut du monde. Ici encore, comme dans toutes les œuvres de Dieu et plus qu'en aucune , parce que la Rédemption est la plus grande de toutes. Dieu manifeste sa puissance par les instruments les plus faibles en apparence, et il fait sortir les plus grandes choses des plus humbles com-. mencements, comme pour confondre la sagesse et la force des hommes. (1 Cor,, I, 27.)

Auprès de la crèche ils trouvent Marie et Joseph en contemplation, en adoration devant le mystère vivant qui vient de s'accomplir. Ils racontent avec admiration, avec bonheur, ce qui leur a été annoncé par les anges, et Marie, qui les écoute dans un transport maternel contenu par son humilité, reçoit leurs paroles dans son cœur, les comparant à celles qui lai ont été dites par Tange Gabriel au jour de l'Annonciation, et par sa cousin3 Elisabeth, quand elle l'a salaée du nom de la mère de Dieu Ainsi a toujours fait la sainte Vierge, la nouvelle Eve ou la femme régénérée, qui devait réparer par sa foi et son obéissance le mal commis par la vaine curiosité et l'insoumission de la première. Elle est l'admirable modèle de la femme chré-

tienne, toujours pure, simple, pleine de grftce et de dignité^ mais aussi de réserve et de modestie, ne se mettant jamais en avant et s'effaçant pour . ne voir et ne faire que la volonté divine, aussi contenue dans sa joie que dans sa douleur, et se disant à elle-même conmie aux autres en regardant Jésus- Christ : « Faites tout ce qu'il vous dira. »

PRATIQUE

Écoutons la voix de notre bon ange dans notre cœur, comme les bergers ont cru à celle des anges, et comme eux aussi elle nous mènera à la crèche du Sauveur, objet de notre foi, de notre espérance, de notre amour, et auprès de Marie, qui nous apprendra à méditer les vérités étemelles.

PRIÈRE

Dieu tout puissant, conduits parla lumière nouvelle de votre Verbe incamé , accordez-nous la grâce de iaire édater dans nos œuvres les lumières dont la foi éclaire notre entendement. Par notre Seigneur, etc.

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