LE QUINZIÈME DIMANCHE APRÈS U PENTECOTE
JÊPITRE (aux Galates, V, 25, 26; VI, MO).
Si nous vivons par l'esprit, conduisons-nous aussi par l'esprit. Ne recherchons pas la vaine gloire, nous provoquant les uns les autres et nous portant envie. Mes frères, si quelqu'un est tombé par surprise en quelque péché, vous qui êtes spirituels, relevez-le dans un esprit de douceur en revenant sur vous-mêmes, de peur d'être tentés comme lui. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Jésus-Christ. Car si quelqu'un estime être quelque chose, il se trompe luimême, parce qu'il n'est rien. Or que chacun éprouve ses propres œuvres, et alors il trouvera sa gloire en lui et non dans un autre, car chacun portera son propre fardeau. Que celui qu'on instruit des choses de la foi assiste de ses biens en toute manière celui qui l'instruit. Ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu. L'homme recueillera ce qu'il aura semé.
Celui qui sème dans la chair recueillera de la chair la corruption, et celui qui sème dans l'esprit recueillera de l'esprit la vie éternelle. Ne nous lassons donc point de faire de bonnes œuvres, puisque en son temps nous moissonnerons aussi sans mesure. C'est pourquoi, pendant que nous en avons le temps, faisons du bien à tous, mais principalement aux fidèles.
L'Église nous donne ici par les paroles de l'Apôtre plusieurs conseils qui, à première vue, semblent une énumération pu un résumé plutôt qu*un développement. Ils sont tous néanmoins liés entre eux par leur rapport à la vie chrétienne, qui est leur but commun. Que chacun,, en les lisant,^evienne sur soi, et considère s'il les met en pratique dans sa conduite de tous les jours.
Nous qui avons reçu TEsprit de Dieu au baptême et par d'autres sacrements, vivons-nous selon l'esprit plus que selon la chair; en d'autres termes, sommes-nous plus occupés dans notre vie quotidienne des choses du ciel et du perfectionnement de notre âme que des affaires de la terre et du bien-être de notre corps ?
Que désirons-nous le plus au fond du cœur : paraître avec éclat devant les hommes et devenir l'objet de leur admiration et de leurs louanges, ou vivre
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ignorés dans Tobscurité, sans nous inquiéter de \tvLT opinion ni de la renommée? Ne sommesnous pas jaloux, envieux des succès des autres?
Gomment sommes-nous disposés à l'égard de ceux qui commettent des fautes ou des imprudences, surtout s'ils dépendent de nous? Avonsnous pour eux Tindulgence, la patience que nous voudrions qu'on eût pour nous dans les mêmes cas, et les aidons-nous, suivant la parole de Jésus- Christ, à porter leur fardeau pour en alléger le poids; ou bien ne sommes- nous pas portés à les juger avec sévérité, même avec méprîS, conmie si nous valions mieux qu'eux?
N'éprouvons-nous pas quelquefois un plaisir malicieux à nous comparer à eux pour nous relev^p à nos yeux par leur abaissement , conmie si leurs fautes nous rendaient plus justes devant Dieu, et diminuaient la responsabilité de nos propres péchés?
Nous ne serons pas jugés par les actions des autres, mais par les nôtres. Chacun récoltera ce qu'il a semé, les fruits de la chair et de la corruption, s'il n'a semé que dans la chair, c'est-à-dire s'il a vécu surtout pour en satisfaire les appétits et en nourrir la concupiscence, comme font les hommes sensuels et esclaves de leur corps ; les fruits de l'esprit, s'il a surtout vécu spirituellement , d'abord par l'intelligence plus que par l'animalité,
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puis par la motion prédominante de l'esprit divin, qu'il a reçu par les sacrements de l'Église depuis son baptême jusqu'à sa mort. Or, les fruits de l'esprit sont incorruptibles comme l'esprit luimême, et ceux de la chair se dissolvent et périssent avec la chair. Semons donc abondamment dans le temps pour récolter dans l'éternité. Semons les paroles de la vérité qui contiennent des germes immortels , des actes de justice qui tendent à établir et à consolider ici-bas le royaume de Dieu, des œuvres d'amour ou de charité qui ramènent ^out à Celui qui est l'éternel amour. Mais pour semer utilement, même quand le duuocqp est le mieux préparé, il faut avoir de la boime semence, et c'est l'Église qui en a le dépôt. Jésus- Christ en a fait comme le grenier d'abondanq|^u ciel en ce monde, destiné à fournir k ses disciples les germes incorruptibles de tout ce qui est vrai, bien, et beau dans le ciel et sur la terre. Ou bien, si nous voulons employer une autre image, il a posé son Église sur les hauteurs de la terre comme un réservoir intarissable, qui épanche les eaux du ciel sur toutes les parties du m(mde par d'innombrables canaux, portant partout le rafraîchissement et la vie.
évanguj: selon smnt luc, vu, u-i6.
Peu de temps après, Jésus allait à une ville appelée Naïm, et ses disciples raccompagnaient avec une grande foule de peuple. Comme il approchait de la porte de la ville, il arriva qu'on portait en terre un mort. C'était le fils unique de sa mère, qui était veuve, et il y avait autour d'elle un grand nombre de personnes delà ville. Le Seigneur en la voyant fut ému de compassfon sur elle, et il lui dit : Ne pleurez point. Pais, s'étant approché, il toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrêtèrent, et il dit : Jeurfe homme, levez-vous, je vous l'ordonne. Aussitôt celui qui était mort se leva sur son séant, et il commença à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Tous ceux qui étaient présents furent saisis de frayeur, et ils glorifiaient Dieu en disant : Un grand prophète a paru au milieu de nous, et Dieu a visité son peuple.
Les saints Pères s'accordent à voir dans la résurrection du fils de la veuve de Naïm la préfiguration de la résurrectioû spirituelle de l'âme morte à la grfice par le pédié, et entraînée au lieu de la
perdition par les passions qui Tont subjuguée. La mère éplorée, dont la douleur émeut si vivement le cœur de Jésus, représente TÉglise qui pleure l'enfant qu'elle a perdu et qu'elle suit dans la voie de la mort aussi loin qu'elle le peut, ne pouvant se décider à s'en séparer, et espérant toujours, même contre toute espérance, qu'il lui sera rendu. L'Église, en effet, a enfanté nos âmes à la vie du ciel ; elle en a fait de nouvelles créatures par l'eau régénératrice du baptême, et ensuite, elle les a nourries du lait de sa doctrine, du pain de son enseignement, et de la viande des forts. Elle est donc vraiment mère, puisqu'elle en accomplit les fonctions avec toute la tendresse, toute la sollicitude des mères. Aussi Notre -Seigneur est -il souvent touché de ses angoisses maternelles, quand elle pleure la perte de l'un de ses enfants, et il se plaît dans sa miséricorde à lui rendre de temps en temps ce qu'elle a perdu, en ressuscitant une âme morte par le péché, ou en 'lui ranaenant un fils prodigue. Mon fils était perdu, et je l'ai retrouvé ; il était mort, et le voici ressuscité. (Luc, XV, 24.)
Jésus commence par s'approcher du mort qu'il va rendre à la vie, et c'est ce qu'il fait aussi avec les pécheurs qu'il veut convertir. Il s'approche d'eux par le remords qu'il exdte en leur cœur, par les bons sentiments qu'il leur inspire, par les avertis-
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sements qu'il leur envoie, par les adversités dont il les accable, par les dégoûts de leur conduite et d'eux-mêmes qu'il leur donne. Il s'approche d'eux par toutes les voies et de toutes les manières, jQtême quand ils s'empressent de le fuir ou de repousser son influence. '
Jëaus touche le cercueil, et ceux qui le portent s'arrêtent. Alors sort de lui cette vertu secrète , qui a guéri instantanément la pauvre femme pleine de foi , et sûre de sa guérison , si elle pouvait seulement toucher le bord de son vêtement. C*est eette même vertu qui pénètre quelquefois mystérieusem^it une âme garrottée parle péché, et déjà p^nalysée par la mort spirituelle. Les liens en smi brisés ; et la sensibilité de l'âme, stupéfiée et comme anéantie par le venin du mal, se réveille aussitôt. Ceux qui portent le cercueil s'arrêtent, c'e^-k-dire les passions de cette âme, qui, après l'avcHT tuée, la menaient à l'enfer, sont suspendues et perdent leur puissance. Leur entraînement cesse ; il y a un arrêt dans le mal et sur le chemin de la perdition. Il se fait au-dedans un silence qni'permetlra à la voix du Seigneur de se faire entendre, cette voix puissante qui peut tout sauver comme elle a tout créé, et à laquelle, à coup sûr, il ne coûte pas plus de ressusciter ce qui est mort que de donner l'être à ce qui n'est pas.
Ici s'accomplit le miracle : physique d'un côté, quand la vie est rendue à un corps qui Tavait perdue, ce qui est au-dessus de l'ordre naturel des choses : spirituel de l'autre, quand une âme, morte à la grâce par sa faute et que la suite même de son péché devait précipiter en enfer, est r^titoée à la vie divine par une effusion extraordinaire de la miséricorde céleste. Mais dans un cas cosame dans l'autre Dieu n'agit point seul. A l'actiim de sa puissance doit correspondre la réaction de U créature, et la part de la liberté humaine se retrouve toujours dans les miracles dont elle est l'objet, soit par sa foi qui les attire, soit par sa boime volonté qui en profite. C'est pourquoi saint Angns^ tin a dit que Dieu, qui a pu nous créer sans noss^ ne peut nous sauver sans nous. Aussi le Seigneur commande-t-il au mort de se lever, adolescens, mrge ; comme il ordonne à Lazare de sortir du tombeau, exi foras; comme il donne la main à Ja fille de Jaïre pour la remettre sur ses pieds. B est dit dant le cas présent que le mort, après s'être drossé sur son séant, conmiença à parler. De même le pécheur, qui ressuscite spirituellement, doit réagir vers la vertu divine qui lui rend la vie ptr l'effotl qu'il fait de son côté pour se lever, poar briser les liens de la mort et se tourner vers tte«, comme le prodigue disait du •plus profond de son cœur humilié et contrit : Surgam et ibo ad
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palrem meum^ je me lèverai et j'irai vers mon père. (Luc, XV, 18.) Ici aussi le mort se met à parier, à son sauveur d'abord sans doute, puis à sa mke ravie, comme aussi le pécheur ressuscité ou rendu à la vie de la grâce éprouve le besoin de chanter les louanges du Seigneur, de lui rendre des actions de grâce, puis de se jeter dans les bras de sa mère spirituelle pour vivre de sa tendresse fâi devenant sa consolation, et ne plus jamais la (juitter. Quelle joie que celle d'une âme ressuscilée, de l'Église qui la retrouve après l'avoir crue perdue, et de tous ses enfants fidèles, dont la foi, justifiée et exaltée par cette nouvelle manifesta- L tion de la puissance d'en haut, glorifie plus ardemment le Seigneur qui a daigné visiter son peuple I
PRATIQUE
N'oublions pas que si nous avons le malheur de mourir à la vie de la grâce par le péché mortel, et il ne faut qu'un moment d'aveuglement ou d'entraînement passionné pour nous ijrécipiter, n'oublions pas que Jésus-Christ a établi dans son Église une piscine salutaire, dans laquelle, si nous voulons y descendre ou nous laisser porter, nous pouvons être lavés et revivifiés par la vertu de son sang. Adolescm$^ surge! iazore, exi foras !
PRIERE
Daignez, Seigneur, purifier et défendre votre Église par la continuation de votre miséricorde, et comme elle ne peut subsister sans vous, conduisez-la perpé- : tuellement par votre grâce, parnotre Seigneur Jésus- Christ, etc.
LE SEIZIEME DIMANCHE AHlIg UL' f ÈNTECOTE.
ÊPITRE (aux Éphés., III, 13-21).
Je VOUS prie de ne point perdre courage en me voyant tant souffrir pour vous, puisque c'est votre gloire. C'est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus- Christ, duquel toute paternité dans le ciel et sur la terre tire son origine, afln que selon les richesses de sa gloire, il fortifie en vous rhomme intérieur par son esprit; qu'il fasse habiter Jésus-Christ dans vos cœurs par la foi, et que, étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de ce mystère, et connaître aussi la charité de Jésus-Christ, qui surpasse toute science, afin que vous soyez comblés de toute la plénitude des dons de Dieu. Que celui qui par sa puissance opérant en nous peut faire infiniment plus que nous ne demandons et n'imaginons soit glorifié dans l'Église et par Jésus-
Christ dans la succession des générations et des
siècles. Ainsi soit-il.
Plusieurs réflexions nous sont suggérées par la lecture de cette épître.
V Nous ne devons point perdre courage, parce que nos pères dans la foi sont exposés à de grandes tribulations dans le monde, où ils annoncent et soutiennent la doctrine de Jésus-Christ. Ils souffrent ce que Jésus a souffert lui-même, puisque, selon la prophétie du vieux Siméon au tem^ pie, il a dû être en butte à toutes les contradie^ tions. Mais ses souffrances ont fait sa gloire et la nôtre ; car par sa patience et sa passion il a vaincu le mal et nous en a délivrés. Les tribulations de rÉglise et de ses ministres achèvent, comme dit saint Paul (Colos,, I, 24), ce qui manque encore à celles de Jésus-Christ. Depuis son chef, le vicaire de Dieu sur la terre, jusqu'au pins humble prêtre, tous sont destinés à combattre en ce monde le grand combat de la foi, où, à l%xemple de leur divin naaître, ils tri(»nphercmt par la souffrance et par la mort. Tâchons donc de les suivre dans ce glorieux combat, les yeux et le cœur tournés vers le ciel d'où leur vient leur force, et pour l'attirer sur eux et sur nous.
2« Dieu, le Père de notre Seigneur JBsim* Christ, est aussi le Père de toutes les créatores,
APRÈS LA PENTECOTE. 507
madfi à un autre degré et d'm^ autre manière. La pat^nité consiste à transmettre la vie et à Tentre^ tenir. Au Fils éternel du Père, le Verbe divin, la vid est donnée par la génération divine, et c'est la aibstance même du Père qui est dans le Fils. Il est engendré, non fait, non créé, et consubstan* tiôl à son Père il lui est égal par la nature et en divinité. Dans la création la vie est transmifi» aussi, transmise par le Verbe, qui a tout fait, nuôs à des suîi&tauces finies, spirituelles ou maléridles» fue la parole divine produit de rien, et qu'elle conserve et soutient par sa vertu. Il y a donc là aussi une paternité, bien que d'un ordi« inférieur, puisque tons les êtres créés par la puissance divine sont vivifiés par elle. Il y a une troisième paternité divine qui tient le milieu entre les deux et participe à leur nature, c'est la paternité d'adoption, par laquelle l'âme humaine, fille naturelle de Dieu par sa ^u^éation et la vie qu'elle en a re^ie, devient sa fille sumaturdle en Jésus-Ghrîst, c'esè* à-dire est élevée par le baptême, qui la régàièi» et loi donne une nouvelle naissance, à la participa^ tion de la vie divine en Jésus^Cbrist au moyen de son humanité ou de son corps glorieux dont «Ue devâent membre ; en sorte que le nouvel homme^ anquel la vie du ciel se conununique par la grèoe â!iabord et dans la gloire ensuite, devient par le fait frère de Jâïus-Christ eoï vertu de l'adoption divine
qui loi est conférée, et ainsi cohéritier de sa gloire. C'est pourquoi TÀpôtre dit que toute paternité dérive de Dieu dans le ciel et sur la terre, dans le Yerbe divin, dans les créatures naturelles, et dans celles qui sont surnaturalisées ou incorporées^ si l'on peut ainsi parler, à Jésus-Christ le principe» la source de toute vie, la vie même, ou Celui qui est. Notre-Seigneur a dit qu'il n'y a qu'un Père, comme il n'y a qu'un roi, un seul maître, un législateur unique. (Matth., XXIII, 8 et 9.)
Z** On ne peut bien comprendre la charité qu'est la pratiquant, et si elle est vraiment enracinée et fondée dans le cœur, qui alors communique à Tinr telligence la lumière d'en haut reçue par sa foi et dans son amour. C'est ce qui arrive aux saints, qui sont les héros de la charité, parce qu'ils se sacrifient jusqu'à la mort, donnant leur vie pour ce qu'ils aiment, Dieu et le prochain. Les paroles employées ici par l'Apôtre sont pleines de sens et de force. La largeur du mystère de la charité de Jésus-Christ vient de ce qu'elle s'étend à tous les hommes de tous les pays, de toutes les conditions, de toutes les races, et même par les hommes à toutes les créatures en rapport avec eux. Ce que saint Paul laisse entendre ailleurs, disant que toutes les créatures gémissent et sont comme dans l'enfantement, attendant la rédemption des enfants de Dieu, à laquelle elles prendront part, conmie elles ont participé dansTo-
APRÈS LA PENTECOTE. 509
rigiiie aux suites de leur péché et à lenr dégradation. {Rom.f VIII, 22.) La longueur signifie que ce mystère s'applique à tous les temps comme à tons les lieux, depuis le commencement du monde, où il a été annoncé, jusqu'à la consommation des siècles, où il sera consommé. Par la profondeur est désignée l'action pénétrante de Tamour qui nous a retirés du fond de l'enfer ou de la mort étemelle : amour que le Fils de Dieu est allé porter dans les lieux inférieurs, où il est descendu pour le salut de ceux qui avaient espéré en sa venue. Par la hauteur enfin, ou la sublimité du mystère, nous devons entendre que la vertu de Jésus-Christ a tout rempli, le ciel, la terre et les lieux inférieurs (Jîp^.,IV, 10), et cpi'ainsi sa charité, manifestée et réalisée par son immense sacrifice , a profité aux anges comme aux hommes, auxquels elle a rouvert le chemin du ciel et l'accès dans le sein de Dieu.
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XIV, l-U.
Un jour de sabbat Jésus entra dans la maison d'un des principaux pharisiens pour y manger, et ceux qui étaient là Tobservaient. Or il y avait devant lui un homme hydropique. Alors Jésus dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens :
5 m SBmÈMB' BIMÀKOHB
est-il pem»îs d« gtiérir te jour au sabbatt Wàê ite gardêrentle silence, et lui, prenant cet homme par la main, le guérît et le renvoya. IMeur dit ensuite : Qui de vous, si son âne ou son bœuf tombe dans un puits^ ne se bâte de l'eu retirer^ mètm le jour du sabbat. Ils ne pouvaient enco^ rien lui pépoadre. Remarqiiant ensuite comise les conviés choisissaient les première places, il leur proposa cette parabole : Quand vous serez invité à des noces , ne prenez point Ta première place, de peur qu'il ne se trouve là une personne plus considérable que vous^et et que oelui qui vous aura inntés l'un et l'autce ne vienne voi^ dire : Donn^ votre place h celui-ci, et qu'alors vous n'ayez là honte de descendre au dernier rang. Miaîs, quand vous serez invité, allez vous mettre à la dernière place, afin que celui qui vous a invité vous dise, quand il viendra : Mon ami, montez plus haut : ce qui sera un honneur pour vous devant tous les convives. Car celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'humilie sera élevé.
^Cet évangile nous donne une double leçon. la première nous apprend comment nous devons ac*
APRÈS LA PENTECOTE. 511
complir les commandements de Dieu, en esprit et m vérité, et non pas seulement pour la forme et selon la lettre qui tue. Certes, c'est un grand commandement que celui d'observer le jour du Seigneur, et la loi nouvelle n'y attache pas moins d'importance que l'ancienne. Un des plus grands nuAieiirs parmi les chrétiens, et peut-être la cause la plœ efficace de Tinerédiulité et du désordr» de nos jours, est Tinobservation du dimanche, qui, détournant entièrement l'âme de Dieu et de son Église, la prive des moywis d'instruction, d'élévation, d'épuration, et de salut qu'il y a déposés. C'est pourquoi l'Église recommande instamment atiiE fidèles d'assister à la messe les dimanches et fêtes, et de sanctiier ces jours par des pratiques pieuses. Néanmeèns, bien que la célébration du jour du Seigneur soit de précité, elle en cKspense en quelques circonstances pour des œuvres de charité urgentes ou pour empêchef un mal notaUe que pourrait amener l'accomplissement de la loi. C'est ce que Jésus enseigne ici aux pharisiens en guériséant eii leur présence un malade le jour du sabbat; ce dont ils semblent scandafisés. Mais lui dans sa bonté, comme il veut les éclairer, les persuader et non les confondre, il daigne leur expliquer pourquoi il le fait et qu'ils devraient le faire eux-mêmes, ne pouvant pas refuser à l'un. de leurs semblables au jour du sabbat le service qu'ils
rendent sans scrupule à leurs animaux. Autre leçon que nous donne le Sauveur, afin que nous apprenions par son exemple à ménager autant que possible les préjugés ou les préventions de ceu^ avec lesquels nous vivons, justifiant à leurs yeux ceux de nos actes qui les scandalisent, bien qu'ils soient innocents, pour ne pas offenser leur conscience faible , comme saint Paul s'abstenait de manger certaines viandes devant ceux qui y voyaient du mal.
Dans la seconde partie de cet évangile le Seigneur nous enseigne Thumilité par un fait tiré de la vie du monde, où chacun, en effet, recherche les distinctions , et prétend aux premières places. La vanité tâche de se pousser en haut, de se mettre en avant, et de là plus d'un mécompte par des humiliations qu'il faut dévorer en silence, tandis qu'en se tenant modestement au dernier rang, sans risquer d'être abaissé on a des chances d'être élevé, ce qui est une garantie ou une satisfaction pour l'amour-propre. Dans cette parabole, comme en toutes les autres, il faut saisir justement le rapport de similitude et d'analogie et laisser le reste. A coup sûr, Jésus-Christ n'a pas vonlu nous donner une leçon d'esprit de conduite dans le monde ou d'amour-propre bien entendu, qui mesurant exactement ses démarches et calculant tous ses pas pour ne point s'attirer d'humiliation
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ni de désappointement, sait se dissimuler ou s'effacer à propos pour paraître ensuite avec plus d'avantage et s'élever après s'être abaissé. Maïs il veut nous montrer que ce que les mondains ou les en&nt's du siècle, comme il les appelle , font par prudence , nous devons le faire vis-à-vis de Dieu par un sentiment vrai d'humilité, qui nous convainque de notre misère en face de son infinie perfection, en même temps qu'il nous porte à croire les autres meilleurs que nous d'une manière ou de l'autre, parce que nous connaissons nos faiblesses et que nous ignorons les leurs, ne pouvant les juger avec vérité,, comme nous nT)us jugeons nousmêmes dans notre conscience. La véritable humilité, qui nous est recommandée ici, n'est donc point celle des paroles et des démonstrations extérieures, par lesquelles nous avons l'air de nous rabaisser, même quand nous sommes le plus remplis de nousmêmes , et souvent c'est encore un moyen subtil de satisfaire notre orgueil par les dénégations que nous espérons. Elle consiste dans l'abaissement sérieux de l'esprit propre, ou dans l'opinion peu avantageuse qu'on a de soi : ce qui empêche de juger les autres avec témérité , avec rigueur, et surtout de leur imposer ses jugements. EUe consiste surtout dans l'abnégation de la volonté qui, loin de prétendre commander h autrui , est prête à obéir à tous au nom de Dieu, et pour échapper
à la responsabilité. De même la vraie religion n'est point dans l'exactitude et la régularité des observances extérieures , si utiles qu'elles soient, mais dans Taecomplissement intelligent et sincère des commandements de Dieu et de TÉglfee par les œuvres de la justice chrétienne et de la charité. La véritable religion, dît Tapôtre saint Jacques Si Teridroit où il enseigne que la foi n'est rien sans les œuvres mais un cadavre, un corps sans âme, c'est de visiter les veuves et les orphelins dans leurs tribulations, et de se préserver de la corruption contagieuse du siècle. (Jacq., I, 27.)IIy a donc un lien secret, une connexion intime entre les deux parties de cet évangile.
PRATIQUE
Prenons garde au pharisalsme, qui s'attache à la lettre de la loi et en méconnaît Tesprit. La charité passe avant tout, parce qu'elle renferme toutes le^ vertus, et qu'elle subsiste seule éternellement.
PRIÈRE
Que votre grâce, nous vous en prions, Seigneur, nous prévienne et nous suive toujours, et qu'elle boib tienne sans cesse appliqués à la pratique des bonofis œuvres, par Notre-Seigneur, etc.
LE
WX-SEPTIEME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
fîPITRE (aux Êphés., IV, 1-6).
Je VOUS conjure, moi qui suis dans les chaînes pour le Seigneur, de marcher d'une manière digtie de l'état auquel vous avez été appelés, pratiquant en toutes choses l'humilité, la douœur, la patience, vous supportant les uns les autres dans la charité, et travaillant avec soin à conserver Tunité d'un même esprit par le lien de la paix. Vous n'êtes qu'un même corps et un même esprit, et vous êtes tous appelés à une même espérance- Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême. Il n'y a qu'un Dieu, Père de tous, qui est auHkssus de tous, opère par toutes choses, et est en nous tous.
L'Apôtre nous engage ici avec tendresse, au nom des liens, qu'il porte pour Jésus-Chrit à mener une vie digne de notre vocation. Quelle est cette vocation ? A quoi avcms-notBB été appelés par la grâce
du baptême et toutes les autres grâces qui en sont la suite? A être un entre nous comme Jésua- Ghrist est un avec son Père; à ne faire qu'un même corps, qui est le corps mystique de Jésus* Christ vivant dans son Église, et dont nous sommes les membres, unis entre eux par la sympathie d'une même vie, la vie de Jésus-Christ, par la ^nergie d'un même esprit, l'Esprit divin infos dans ce corps, qui l'anime et le sanctifie. Dcmc nous devons être les uns avec les autres, les uns pour les autres, comme les organes d'un corps fivant et sain, comme les membres dispos d'un organisme bien constitué et vivace, afin que dans l'ensemble de notre vie commune en Dieu tous conspirent à la même fin, le bien de tous et de chacun, en gravitant vers un même centre d'où émane la vie et où elle revient. C'est ce qui se fait par une foi unique, qui a le même Dieu pour objet ; par la même espérance qui nous entraîne < dans une tendance parallèle vers le même but ; par une même charité, qui nous rend capables de nous supporter l'un l'autre dans nos relations de tous les jours , malgré tant d'occasions de nous heurter, tant de motifs de nous repousser ou de nous fuir, fournis à chaque instant par les diversités et les vicissitudes de nos caractères, de nos goûts, de nos amours-propres et de nos intérêts. Seule la divine charité, ou l'amour céleste, émané
APRÈS LA PENTECOTE. 517
du cœur de Jésus et qui s'est réalisée sur la terre par la donation de tout lui-même dans le ^ sacnfice de la croix^ peut nous inspirer l'humilité qui arrête Toi^eil et nos mépris, la douceur qui enchaîne la colère et ses violences, la patience qui fait tout absorber au nom de Jésus-Christ, afin que le mal soit vaincu pu englouti dans le bien, à l'exemple et suivant la parole du divin Maître. Aucune source humaine ne peut produire une telle vertu, qui ne vient ni du tempéramment naturel , si heureux qu'il soit, ni de la politesse sociale, si délicate qu'on la suppose, ni de la prudence mondaine, si habile qu'on l'imagine. Ces causes, réunies ou séparées, bien que louables et utiles pour rapprocher les hommes et les porter à s'unir, ne produisent cependant qu'une unité superficielle et temporaire, amenée ou détruite successivement par les accidents des choses humaines ou les instabihtés des esprits, en sorte que la société fondée sur ces bases mouvantes en est toujours à se former et à se dissoudre. Il n'y a de solide, de stable que ce qui est uni par l'esprit de Dieu, parce que m élevant les volontés au-dessus d'elles-mêmes et le leurs intérêts ou impressions du moment, il les ie avec un ciment étemel, qui les pose et les naintient dans la construction de la cité divine, [ont Jésus-Christ est la pierre angulaire, dont les pôtres sont les fondements, et où Dieu est tout
518 DIX-ÔEPTIÈME DIMANCHE
eo toas. Saint Paul nous invite donc à cemmea* œr k établir iei^-bos entre nous à force d'humiltté, de patience^ et d» charité^ ce que nous sommes destinés à posséder au ciel avec plénitude et indéfectiblement, Tui^ité du sentiment, de la pensée et de la volonté , ou la paix complète entre les hommes par une participation commune à l'E^sprit divin et l'application cte tous ses dons à notre vie de chaque jour.
Les pharisiens, ayant entendu dire que Jésus avait imposé silence aux sadducéens, s'assemblèrent, et l'un d'eux, qui était docteur de la loi, lui demanda pour le tenter : Maître, quel est le grand conunandement de la loi? Jésuslm répondit : Vous aimerez le Seigneur votre Wea de tout votre- cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement; et voici le second, qui lui est semblable : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Toute la loi et te prophètes sont renfermés dans ces deux cowr mandemaits. Or, pendant que les phari^eas
APBÈS. LA PBNTKGOTE. 519
étaient assemblés , Jésos les interrogea à son Umr, leur demandant : Que pensez -tous du Christ? de qui est-îl fils? De David, répondîrent-ils. Comment donc, reprît-il, David, qui était inspiré par TEsprit-Saint, Tappelle-t-il son Seigneur dans ces paroles : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseye&-vous à ma droite, jusqa'i ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied. Si donc David l'appelle son Seigneur, comment est-il son fils? Aucun d'eux ne put lui répondre, et depuis ce jour personne n'osa plus l'interroger.
Admirons d'abord la patience avec laquelle Noftre-Seigneur écoute les questions de ceux qui veulent le tenter, afin de le surprendre dans ses p»oles et de trouver un motif de l'accuser auprès àsL peuple ; puis le calme, la douceur de ses réponses, quoiqu'il sente leur mauvaise volonté et reconnaisse leurs ruses. Prenons exemple et tâchons,en des cas semblables de nous maintenir comme loi ; ce qui est bien difficile, comme nous l'éprouvons tous les jours. La moindre résistance à notre opiaion et surtout à notre volonté nous irrite. La discussion, à cause des amoiars-propres cpii'8»choqQent, dégénère tou^ de suite en dispute.
La contradiction devient une lutte personnelle ; et le feu de la colère, allumé intérieurement par le souffle de l'opposition, nous pousse à des paroles dures ou à des actes fâcheux, surtout si nous croyons qu'on veut nous surprendre, nous tromper, ou nous rabaisser aux yeux des autres. Or, la colère est une mauvaise conseillère (Jacq., 1, 20), et on a presque toujours lieu de se repentir d^avoir suivi ses suggestions ou cédé à son entrain^nent. Comment dans notre conduite journalière pour vons-nous observer le premier commandement? Sans doute, Dieu, qui est le souverain Bien, est seul digne de tout notre amour , dont le bien est l'objet constant. Mais nous ne le connaissons point tel qu'il est en lui-même, dans toute sa perfection; et en outre Dieu, étant un Esprit pur qui ne tombe pas sous les sens, ne doit pas être aimé comme les hommes ou les choses qui excitent la sensibilité et auxquels elle peut s'attacher. Atissi Jésus-Christ a dit : Celui qui m'aime observe mes commandements. (Jean, XTV, 15.) Vous m'aimerez ou vous serez vraiment mes amis, si voos faites les choses que je vous ai recommaçdéftl. (Jean, XV, 14.) Donc, celui qui subordonne tout» ses affections à l'accomplissement de la voloirtf divine, et les lui sacrifie au besoin, aime Dieu (b tout son cœur, puisqu'il le préfère à tout ; et s*il emploie toutes ses facultés à tâcher de connaître
Tétemelle vérité, s'y attachant par l'énergie de sa foi^par Fadhésion de sa pensée, et lui immolant au besoin sa raison propre et ses opinions particulières, il aimera Dieu de tout son esprit. Enfin, s'il fait de son corps et de ses membres des instruments de la justice et du bien, mettant sa vie tout entière au service de Dieu pour faire arriver son règne sur la terre conmie au ciel, il aimera Bien de toutes ses forces et par tous ses moyens. Voilà comment on peut pratiquer Tamour de Dieu en esprit et en vérité, même quand on ne l'éprouve pas d'une manière sensible mais surtout spirituellement, parce que Dieu est esprit, et que, suivant la parole de Jésus-Christ, il veut être aimé, aussi bien qu'adoré en esprit et en vérité. (Jean, IV, 23.)
Nous pouvons en dire autant de l'accomplissement du second conmiandement. Il est évident que littéralement et selon le sentiment naturel il m'est pas possible d'avoir pour les autres l'affection instinctive que chacun a pour soi. Cela même serait contraire à la nature, qui confie le soin de la conservation de l'individu à l'amour spontané qu'il a pour lui, à l'amour de soi, qui, par conséquent , a sa raison providentielle et est légitime et bon dans la mesure de la justice. Ainsi, je ne puis ressentir la douleur de mon semblable dans la maladie ou le chagrin comme la
522 DIX-^PTIÈME DIMANCHE
mienne. Mes instincts, qui pourvoient aveuglément aux nécessités de mon existence, ne peuvent se mettre en jeu pour les siennes; et la satisfaction de ses besoins ne me donne pas la jouissance, que procure l'apaisement des miens. Mais j'aimerai mon prochain comme moi-même, si, en tout ce qui ressort de ma raison et de ma liberté, je le traite à l'égal de moi, ne lui faisant point ce que je ne veux pas qu'on me fasse, faisant pour M tout ce que je voudrais qu'on fît pour moi, et enfin lui appliquant dans toutes les circonstances oii nous nous trouvons ensemble la même mesure qu'à moi-même, sans me préférer à lui, ni le sacrifier en rien à mon avantage. L'amour du prochain à régal de soi se réalise donc pleinement par l'observation exacte de la justice. Qu'après cela il y ait plus ou moins d'afiection ou de tendresse dans nos rapports avec nos semblables, c*est une affaire de sentiment qui ne dépend pas de h volonté, et qui, par conséquent, n'impose point de responsabilité, quand on fait tout ce qu'on peut pour traiter son prochain conmae soi-même avec une sincère équité, c'est-à-dire avec égalité.
A la fin de cet évangile Jésus pose à son tonr à ses interrogateurs une question à laquelle ils ne peuvent répondre. Plusieurs fois il a employé ce moyen pour les confondre ou les réduire au silence, comme, par exemple, quand il leur demande
APRÈS LA PENTECOTE. 523
de qui était le bapitAme de saint Jean, an moment où ils lui voulaient savoir au nom de qui il faisait des miracles (Matth., XXI, 25); ou encore dans le cas de la femme adultère, leur disant en réponse à leurs questions sur la peine à appliquer à cette femme : Que celui qui est sans péché lui jette la pcemièr^ pierjoe, (Jean,/Vin, 7.) Ici il a l'air de vouloir apprendre d^onx comment le Christ, qui doit- être le Fils de David, est cependant appelé par lui son Seigneur. Il y a là une indication claire de la double nature du Messie, Dieu fait honmie : donc. Fils de Dieu par sa génération étemelle, et à ce titre Seigneur de David comme de tout le reste, et néanmoins fils de David par sa mère qui en descendra. Le voile qui pesait sur l'esprit des juifs, quand ils lisaient Moïse et les prophètes, leur intercepte la divine lumière de cette prophétie, et ils ne savent que répondre. Ce qui, cette fois encore, leur fait passer Tenvie de poser des questions à Jésu&-Christ, et de chercher à le surprendre dans ses paroles.
Nous aimons Dieu par-dessus tout, si en effet nous sommes prêts à obéir à ses commandements en toute occasion, quoi qu'il nous en Qoûte. Nous aimons notre prochain comme nous-mêmes, autant que cela est
524 XVn« DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
possible, si nous le traitons à l'égal de nous, et selon la justice qui est pour tous.
PRIÈRE
Accordez à votre peuple. Seigneur, noua vous en prions, la grâce d'échapper aux contagions diaboliques et de ne suivre que vous, le Dieu unique, avec un cœur pur, par notre Seigneur Jésus-Christ, etc.
LE
DK-HUITIÈME DIMANCHE APRÈS U PENTECOTE.
ÉPITRE (1 aux Corinth., I, 4-8).
Je rends pour vous à mon Dieu de continuelles actions de grâces, à cause de la grâce qui vous a été donné en Jésus-Christ, et de toutes les richesses dont vous avez été comblés en lui en tout ce qui regarde la parole et la science. Le témoignage qu'on vous a rendu de Jésus-Christ a été ainsi confirmé en vous; de telle sorte qu'il ne vous manque aucun de ses dons, en attendant la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ, qui vous affermira jusqu'à la fin dans la justice et sans crime pour le jour de son avènement.
Ces paçoles, adressées par l'Apôtre aux Corinthiens au début de sa première Épître, où il les traite ensuite si sévèrement à cause des divisions^ qui avaient éclaté parmi eux et du relâchement de leur zèle et de leurs mœurs, nous avertissent
aussi d'être sans cesse sur nos gardes pour ne point manquer aux grâces si souvent reçues, et qui nous ont rendus capables de comprendre et de parler les choses étemelles. Veillez et priez, afin que vous n'entriez peint en tenttation* (IfiiKtIk, XXVI, 41.) Veillons pour ne pas être surpris par l'ennemi, qui tourne autour de nos âmes comme un lion rugissant cherchant une proie à dévorer. (1 Pier., V, 8.) Il s'insinue dans notre intérieur, si nous ne lui en fermons pas soigneusement l'accès, tantôt par la concupiscence des sens, tantôt par celle des yeux, tantôt par l'orgueil de la vie, ou Texalta^tion de la volonté en eHe-même. Prions, afin que, nous tenant en unioR coisstmte avec le Principe de toute Uaoey nous devenions forts en celui qui nous fortifie dans noti» fai* blesse {Philip. y IV, 13), obtenant chaque jour k grâce qui lui suffit pour combattre le bon combat (2 fim., IV, 7) et vaincre le mal qui survient Demandons surtout la grâce de la persévérance, dont saint Paul parle ici aux Corinthiens, ^xa^ laquelle l'œuvre àe Dieujserait perdue ^n bous^ le salut de notre âme compromis ; puisque de si beaux commencements abouchaient à ime Iriste' fin, et qu'après avoir navigué une grande jmtti^ de notre vie sur la mer du monde avec le vent de ^ la grâce, la boussole de la foi et la direotion des étoiles du ciel, nous perdrioiis notre iwile m me*
APRÈS LA PBNTECOTEL 557
ment de rachever, ou naus ferions peut-être nau** fiage au port.
Tant que nous sommes dans r^[>Feuve de oette m, nous pouvons nous égarer dans les voies de Terreur et du mal ou succomber à la tentation, comme aussi par l'énergie de la liberté aidée de la grâce jusqu'à son dernier moment le coupable peut revenir à Dieu et se relever de sa chute. Mais répreuve terminée par la nujrt, il n'y a plus de retour possible, et les âmes sont fixées dans la route qu'elles ont choisie. Elles ont ce qu'elles ont vtmlu, et sont unies à ce qu'elles ont aimé : au mal, si elles ont cmt désiré le mal : au bien, si elles ont préféré le bien« Ce discernement, ce triage des âmes s'opèrent spontanément par le seul fait de leur comparution après la mort devant Jésus-Christ, assis à la droite de son Père et juge souverain des vivants et des morts. L'Église enseigne que. cette manifestation aura lieu d'abord par un jugement particulier, lequel enverra préalablement chaque âme en son lieu, en raison de son état et de ses mérites, et jusqu'à ce que le jugement dernier, qui s'accomplira à la consommation des siècles, restaurant intégralement la justice, réhabilite ce qui avait été mal jugé par les hommes et rétablisse l'ordre universel. Le jugement qui s'exerce immédiatement après la mort, mettra le sceau à notre vie actuelle en arrêtant ne va/rietvr
les résultats de l'épreuve terrestre, et constatant Tétat de la liberté humaine qui en sort. C'est pour arriver en sûreté à ce terrible moment, qui décidera de notre éternité, que nous avons besoin de la grâce de la persévérance que saint Paul souhaite aux Corinthiens. Le jugement général scellera k son tour le jugement privé, dont toutes les conséquences auront été réalisées par la justice ou la miséricorde divine, soit par l'achèvement des expiations, des purifications, par la libération complète des âmes dévouées au bien et admises dans le sein de Dieu, soit par la précipitation définitive dans les ténèbres extérieures de celles qui ont haï la lumière et méprisé la parole étemelle. Dans cette terrible alternative d'un bonheur ou d'un malheur sans fin il n'y aura rien d'arbitraire ; chacun sera traité suivant ses œuvres, ayant ce qu'il a choisi et possédant ce qu'il a aimé.
Jésus, étant monté dans une barque, traversa le lac de Génésareth et entra dans la ville de Capharnaiim, où on lui présenta un paralytique couché sur un lit. Jésus voyant leur foi dit au paralytique : Mon fils, ayez confiance, vos péchés vous sont remis. Alors quelques-
APRÈS LA PENTECOTE. 529
uns des scribes dirent en eux-mêmes : Cet homme blasphème. Mais Jésus, connaissant leur pensée, leur dit : Pourquoi pensez-vous de mauvaises choses dans vos cœurs? Lequel est le plus facile de dire : Vos péchés vous sont remis, ou : Levez-vous et marchez? Or, afin que vous sachiez que le Fils de THomme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Levezvous, dit-il au paralytique, emportez votre lit et retournez dans votre maison. Le malade se leva aussitôt, et alla chez lui. A cette vue, le peuple fut rempli de crainte et rendit gloire à Dieu qui a donné une telle puissance à un homme.
Cet évangile présente plusieurs choses à la méditation.
Ici, comme en d'autres endroits, nous voyons que les miracles sont excités par la foi. Mais il y a dans le fait actuel deux circonstances particulières, hs^ première, c'est qu'il existe une certaine solidarité dans la foi de ceux qui demandent une- même grâce et de celui qui en est l'objet , conome aussi il y a une plus grande vertu dans Tassociation des prières : ce qui encourage singulièrement à prier pour ceux qu'on aime, afin d'ai-
530 MX^HUIÎEIÈME DIMANCHE
der leur incrédulité s'ils ne sont pas crc^aaits^r^^ d'accroître refficacité de leur foi s'ils en ont. H est dit que Jésus opéra ce miracle après avoir vu la foi de ceux qui portaient le paralytique, et cette foi devait être bien vive, puisque, suivant le récit de saint Marc et de saint Luc, ne pouvant entrer par la porte de la maison, à cause de la foide tfà Tobstruait, ils découvrirent le toit et deseendirest le lit du malade par cette ouverture. La secondei, c'est que nous n'obtenons pas toujours la grâce demandée, mais quelquefois une plus grande ou qui nous est plus utile, comme il arrive dans ce cas où l'âme est guérie avant -le corps. Jésus, en remettant d'abord les péchés à ce pauvre homme, va droit à la fin dernière de tous les miracles, qui est le bien véritable des âmes ou leur salut, et il n'ajoute la guérison du corps que pour convaincre les assistants qu'il a le pouvoir plus grand de sauver les âmes.
Remarquons aussi que Jésus pénètre aussitôt la pensée des docteurs de la loi , qui Taccusent de blasphème. Ce qu'il fait encore en chacun de nous à tout instaat; car rien ne lui est caché, et son regard saisit nos impressions, nos senti' meuts, nos pensées, et les ressorts les plus secrets qui les amènent. Soyons donc attentifs k ne ri^ laisser entrer en nous qui soit contraire à sa vérité et à sa justice^ et surtout à ne point acoerder
APRÈS LA PENTECOTE. 531
le eonsentement de notre volonté aux tentations qui nous assaillent, et dont nous ne sommes point responsables ni coupables, quand Botrs n'y adhérons pas. En quelque solitndo que noiis nous trou* viens, échappant à tous les regards humains, poisons que Dieu est là qui roit les secrets de notre cœur, et que seul, par la pénétration de son regard descendant jusqu'au fond de notre être, il pe«it juger pertinemment nos actes par les inlontions qui les produisent, teindis que les hommes, ne voyant que le dehors, en sont réduits à présumer les intentioncL par les actes.
Ensuite les Pères disent que ce miracle physique, qui suit le miracle spirituel de la rémission à&B péchés, en est aussi le symbole par les trois cipconstances qui servent à Taccomplir. Jésus dit d'abord au paralytique ée se lever ; c'est le sur" gam de l'enfent prodigue , qui rassemble enfin toutes ses forces pour retourner vers son père. (îiuc., XV, 18.) Ainsi la grâce divine, en communiquant au pécheur paralysé par Fhabitude du mal une force surnaturelle, le pousse mystérieusement h se lever, c'est-à-^re à sortir de son abaissement et de la servitude du mal. Lève-toi et marche, dît saint Pierre au boiteux du temple. (Act. III, 6.) parole qui serait vaine et même dérisoire, si une vertu d^en haut, sortie de celui qui la prononce, ne venait en rendre la réîdisation possible. Le Sei-
gneur dit en second lieu : Emportez votre lit. U Ta dit aussi au paralytique de la piscine de Bethsaïde. Ce grabat, où il a langui si longtemps, consumant inutilement sa vie dans la douleur ou dans rinertie, c'est, disent les Pères, la triste habitude du péché où Tâme est engagée et fixée, en sorte qu'elle ne peut rien faire que par son influence ou dans ses liens qui lui ôtent toute force, toute capacité pour le bien. Emporte ton lit, c'està-dire par la force nouvelle que tu viens de recevoir brise librement par l'effort de ta propre volonté le joug qui pèse sur^elle; car la grâce, qui t'est accordée pour ta délivrance , ne peut t'affranchir sans le concours de ta liberté, s'associant par sa réaction à l'action de la puissance divine. Puis retourne en ta maison, c'est-à-dire rentre en toi-même , au fond de ton cœur où Dieu se plaît à habiter et où tu le retrouveras par le recueillement et la prière, comme le Prodigue revenu à lui-même, in se reversus^ a retrouvé son père et la maison paternelle. L'effet du péché est d'éloigner l'homme de Dieu , et à cette fin il emploie l'e^^citation des choses extérieures, qui attirent l'âme hors d'elle par les plaisirs des sens ou la vaine curiosité , et ainsi l'exile de son intérieur ou la vide d'elle-même. Elle y rentre avec joie, quand ses liens sont brisés, et se tournant alors vers Celui qui l'a rendue à ellemême et à lui,
APRÈS LA PENTECOTE. 533
elle se remplit avec amour de la vertu divine qui l'a sauvée et régénérée.
PRATIQUE
Aide-toi, dit le proverbe, et le ciel Vaidera. Ainsi jusque dans les miracles, physiques ou moraux, que Dieu daigne faire quelquefois ea faveur des hommes, notre liberté a sa part de coopération , soit par une foi vive qui attire la grâce, soit par la bonne volonté qui en profite. Soyons donc des hommes de foi et de bonne volonté.
PRIÈRE
Nous vous en supplions, Seigneur, daignez diriger nos cœurs par l!opérati(m de votre miséricorde; car sans vous nous ne pouvons vous plaire. Par Notre- Seigneur, etc.
LE
DÏX-«Ey VIÈME DIMANCHE APRÈS U lïNTECOTS. fiPITRE {aux^hô»., IV, 23-28).
Renouvelez-vous par l'esprit de votre âme et revêtez rhomme nouveau, qui a été créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité. C'est pourquoi, dépouillant le mensonge,, que chacun dise la vérité à son prochain, parce que nous sommes n^embres les^ uns des autres. Si vous voui^ mettez en colère, gardez-vous de pécher, que le soleil ne se couche point sur votre colère; ne donnez point accès au démon. Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais qu'il s'occupe en travaillant de ses mains à quelque ouvrage bon et utile, pour avoir de quoi donner à ceux qui sont dans l'indigence.
L'Apôtre nous exhorte à reconquérir notre innocence baptismale, et pour cela à dépouiller le
vieil homme; dont nous arons repris les allures par ime vie mondaine et en cédant aux entraiiiement» de la concapisoence naturelle. La première chose à faire dans ce cas est une bonne confessien, où notre âme, par le rejet et le désaven du mal où elle est engagée y se renouvelle et se pu* lifie dans la piscine salutaire de la pénitence^ comme elle a été a&ancbie du péché originel au baptême par la vertu expiatoire du sang de Jésus- Glupist et régénérée k la vie du ciel. Ainsi doit-^lle encore cette fois être renouvelée dans son inté^ rieur, pour récupérer la justice et la sainteté dans lesquelles elle a été créée, ou pour revêtir lliomme nouveau. Dans la suite du chapitre, saint Paul indique tout ce qu'il faut faire à cette fin ; et dans la portion que l'Eglise nous donne à lire aujourd'hui, elle nous recommande : 1** de renoncer a^i mensonge, pour ne plus dire que la vérité à nos semblables : ce qui montre que la vérité est le premier besoin de notre esprit, et qu'on lui ftrit le plus' ^rand tort, la plus criante injustice, quand on l'en prive par le mensonge qui le laisse dans Tigno-t rance ou le pervertit. Gelui-là donc qui dit aux konunes le mensonge et Terreur au lieu de la vérité, contribue à affaiblir les esprits en leur refusant la nourriture ou en leur en donnant une mauvaise. Et comme nous sommes membres les uns des autres, pfuisque nous appartenons au
même corps , à rhumanité comme hommes, à l'Église ou au corps mystique de Jésus -Christ comme chrétiens , par le mensonge nous nuisons à tous et à nous-mêmes.
En second lieu , TApôtre recommande de ne point se mettre en colère jusqu'à pécher, c'est-àdire jusqu'à se laisser aller par l'emportement de la passion à faire ou à dire quelque chose contre la justice. G est le sens de la parole du prophète, Irascimini et nolite peccare. (P^.jIV, 5.) La colère dans ce cas est l'irritation involontaire produite par la vue de l'iniquité, et qui porte instinctivement à la blâmer, à la repousser : ce qui n'est point mal en soi, pas plus que de réagir plus ou moins vivement contre un danger imminent, ou contre la violence d'une attaque soudaine. Mais il y a péché , si Ton s'indigne moins contre ie mal lui-même que contre l'auteur du mal , sur tout si l'on en est victime et qu'alors on cherche plus à satisfaire un ressentiment personnel qu'à combattre l'injustice. Dans ce cas on agit sous ^l'impulsion aveugle de la passion et non par l'inspiration de la conscience ; on pèche par malveillance, par haine, par désir de vengeance. Mais surtout ne gardons pas notre colère sur le cœur jusqu'au lendemain, de peur que le tentateur, nous trouvant dans cette mauvaise disposition , n'en profite pour s'insinuer dans notre âme et la
APRÈS LA PENTECOTE. 537
remplir de son venin. Quand la colère possède nne âme, elle l'excite de toutes manières, par toutes sortes d'imagioations , d'inventions et de pensées subtiles à trouver et à combiner les moyens de se venger. De là les machinations, les ruses, et les complots qui entraînent les hommes au crime et à la perdition par le désir de nuire à ceux qui leur ont fait du mal.
En troisième lieu, l'Apôtre recommande le travail, qui nous occupe utilement d'une double manière ; d'abord parce qu'il fournit à nos besoins, et nous met en mesure d'aider nos semblables : ce qui nous préserve de l'envie de prendre aux autres ce qui leur appartient. L'homme oisif ou paresseux en est tenté un jour ou l'autre, puisqu'il ne sait pas subvenir à sa subsistance par ses propres efforts. Puis le travail actif et continu, employant vivement toutes les facultés et les forces de la volonté , de l'esprit et du corps, empêche de penser à mal, et préserve des tentations qu'amène la paresse, la mère de tous les vices.
Jésus, continuant de parler en paraboles, leur dit : Le royauntie des cieux est semblable
à WR roi qui, youlant faire les noces (te se» fils , envoya ses serviteurs appeler ceux qm étaient invités, mais ils refusèrent de venir. Il envoya encore d'autres serviteurs avec ordre de dire de sa part aux conviés : J'ai préparé mojn festin rj*ai fait tuer m^s bœufe ettoi4 ce qui avait été engraissé. Tout est 'prêt : venez aus B0ces« Mais eux y ne s'en mettant poitt en peine, s'en aHèrent Pun à sa maison .de campagne, l'autre à son négoce. Quelques-uns se saisirent de ses serviteurs, les accablèrent d'outrages et les tuèrent. Le roi,. l'ayant appris e^ fut irrité, et envoyant ses troupes, il exte^ naifta ces laeurtriers, et brûla leur ville. Alots il dit à ses serviteurs : Le festin des noces est prêt, mais ceux qui y avaien été invités n'en étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours et appelez aux noces tous ceux que vous trouverez. Et les serviteurs ^ parcourant les rues, rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, bons et mauvais,, et la salle des noces fut remplie de convives. Mais le roi, étant entrïé pour voir ceiiiX qui étirent à table,, «çerçMtTO homnae qui n'était poipt revêtu de la
APRÈS LA PENTECOTE. 538
itdie nuptiale : mon ami, lui dit-il, cotnmettt étes-voBs entré ici sans avoir la robe nuptiale? Et cet homme demeura muet. Alors le roi dit à ses serviteurs : Liez-lui les mains et les piedà, et jetez-le dans les ténèbres extérieures. C*eât Kl qu'il y aura des pleurs et des grincements de éentsf car il y a beaucofup d'appelés «t pet tl'éh».
Les soces du fils du roi figurent ici Tmiion éé la nature dmne et de la nature humaine en la personne de Jésus-Christy Verbe incarné, Dieu par la génération éternelle du Père , homme par l'humanité prise au sein de Marie. Mais le Verb^ n*a revêtu la nature humaine que pour attirer à hd tous les hommes, et les faire participer au bon* heur de la divinité, en commençant par plusieurs qu'il y a particulièrement invités et qu'il a voulu ^att«cher par leur foi^ leur bonne volonté et lei^ amour. Cette union, qui commence par la grâee sur la terre et doit se consommer au ciel diois la gloire, constitue l'Église de Jésus-Christ, mili^ tante sur la terre, souffrante au purgatoire et triomphante dans Téteniité. Cest pourquoi toutes lee àinee qui la composent sont q)pe}ées à de^venir les épouses de Jésus - Christ^ eonitraotatit a^c lui en ce monde une alliance spirituelle, en
attendant qu'elles lui soient pleinement unies dans le séjour céleste. Les premiers invités aux noces de l'Agneau ou à Talliance divine ont été les Juifs, que la miséricorde du Dieu d'Israël y a préparés de si loin, si longtemps, et avec tant de bonté. Beaucoup ont été appelés et peu ont été élus. L'attachement aux jouissances ou aux affaires de la terre les a empêchés de répondre à l'appel d'en haut. Leur esprit charnel les a entraînés aux choses terrestres, l'un à sa maison de campagne, l'autre à son négoce. Geux-d n'ont point écouté la voix des prophètes qui les appelait. Ceux-là, ennuyés de leurs avis ou de leur blâme, les ont outragés, maltraités et tués. La même néghgence ou les mêmes violences se sont renouvelées depnis dans l'Église, où il y a eu de tout temps une multitude de chrétiens infidèles ou même persécuteurs. Les Israélites ont payé de leur ruine et de leur vie la dureté de leur cœur et leur ingratitude, et la grâce, qui leur était destinée, s'est détournée et répandue hors d'Israél sur ceux qui n'étaient point le peuple de Dieu et qui le sont devenus. C'est l'appel des gentils substitué à l'élection d'Israël, dont Tincrédulité a ouvert la porte du royaume du ciel aux nations. Jésus a dit, en effet, à ses apôtres : aUez et enseignez toutes les nations ; ceux qui croiront et seront baptisés seront sauvés. (Matth., XXVIII, 19.) La salle du
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festin des noces par Tordre du roi a été ouverte à tons, bons et mauvais, et comme dit saint Paul, il n'y a plus eu ni juif, ni gentil, ni Grec,-ni barbare, ni homme libre, ni esclave, {Gai., III, 28.) Tous ont été mis dans la même condition par la grâce de Dieu, et la foi a rendu le royaume céleste accessible à chacun. Seulement pour s'asseoir au banquet, il a fallu revêtir la robe nuptiale, et celui qui ne la portait point a été déclaré indigne et expulsé. Nul, en çffet, ne peut entrer en union avec Dieu sans purifier son âme par le baptême on par la pénitence. Les gentils, appelés en masse par les envoyés du ciel au festin du ciel , y sont entrés par la régénération baptismale, et les chrétiens, qui depuis ont souillé leur cœur par le péché, ne peuvent rentrer dans l'union avec l'époux, qu'en lavant de nouveau leur robe dans la piscine sacrée où les taches disparaissent,
PRATIQUE
Prenons la résolution de ne jamais mentir, quoi qu'il arrive ; car le mensonge altère la vérité, et Dieu est la vérité. Tâchons aussi de ne jamais nous mettre en colère contre personne, et si ce malheur nous arrive, ne laissons point la colère rester dans notre cœur pendant la nuit. C'est le moyen de rester uni à Dieu et de pouvoir prendre part au banquet divin.
PRIÈRE
Dieu totlt-pùiÉisant et misérieôrdietuÉ, dàip^feéto^ gnet de nous tout ce qui est contraire à notre saint, afin que, libres de corps et d'esprit, nous accomplie* sions sans obstacles vos commandements. Par Notre- Seigneur, etc.
IB VmSTIÈME DIMANCHE APRÈS U PENTECOTE.
ÉfTTRl (aux Êphés., V, 15-21).
Ayez soin de voas conduire avec'circonspecfion, non comme des insensés, mais comme des hommes sages, rachetant le temps parce que les. jours sont mauvais. C'est pourquoi n'agissez point imprudemment, mais applî* (piez-TOUs à coraiattre quelle est la volonté de Ken. Ne vons laissez point aller aux excès du vm, qui amènent la luxure; mais remplissezvous du Saint-Esprit, vous entretenant de psaumes, d'hymnes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de tout votre cœur à la gloire du Seigneur; rendant grâces en tout tenps et pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, et vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Jésus-Christ.
Essayons de comprendre ce que veulent dire
ces paroles de TApôtre : rachetant le temps, parce que les jours sont mauvais.
Chaque créature a sur c^tte terre son temps marqué , qui lui est donné pour parvenir à sa fin dernière par son développement. Ce temps n'est donc bien employé, que si Tétre vit d'une manière conforme au but de son existence, selon la volonté de son créateur, et en harmonise avec ce qui existe avec lui. Sinon son temps est perdu, son existence devient inutile ou funeste.
Or, cette vérité s'applique surtout à Thomme, qui est placé en ce monde pour se perfectionner, pour se relever, en mettant son intelligence en rapport avec le vrai , son âme avec la source du bien, en rentrant en union avec Dieu dont il s*est éloigné par le péché et auquel il peut revenir par la médiation du Rédempteur. Gela seul donne du sens à sa vie présente. .
Mais Tesprit du mal, qui nous a détournés primitivement de Dieu, fait tout pour nous empêcher d'y revenir, et comme il «st puissant dans ce monde, il nous tente et s'efforce de nous séduire par les biens et les plaisirs du monde. Si nousljai cédons, il s'empare de notre volonté, de notre esprit, de toutes nos facultés. D nous éblouit, nous aveugle, nous enivre, nous subjugue, et alors il nous emploie comme ses satellites, comme les instruments de ses œuvres contraires k celles de
APRÈS LA PENTECOTE. 545
Dieu. Ce qtii consume notre existence en œuvres infructueuses : operibv^ infructuosis tenebra" rum. (Éphés.y V, 11.)
Tel est le résultat, inévitable des passions humaines, dont le but est toujours une jouissance ou un avantage de ce monde, chose vaine et passagère comme lui. — Œuvres infructueuses; car elles ne remplissent pas notre cœur ; elles ne laissent que du mal après elles, et détournant la volonté du seul bien véritable, elles épuisent en vain notre activité, nos forces, notre vie. Alors, comme dit le prophète royal, nous avons reçu notre âme en vain. {Ps. XXIII, 4.) Nous annulons , nous pervertissons le bienfait de la vie actuelle. Les jours deviennent mauvais pour nous , par ce que nous les rendons inutiles ou nuisibles.
C'est pourquoi TApôtre nous exhorte à racheter notre temps, c'est-à-dire à retirer notre vie de la vanité et du mensonge, à détacher notre cœur de ce qui passe pour le tourner vers ce qui est immuable, et aussi à ne plus agir comme des insensés, insipienteSy c'est-à-dire des hommes qui n'ont point le goût du vrai bien; comme des imprudents, s'abondonnant aux impressions du moment, et ne comprenant point la volonté de Dieu.
Voilà comment nous pouvons reprendre au mal le temps de notre existence dont il s'est emparé pour le pervertir ou le perdre. Alors nous rede-
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venons sages, parce que ccmduits par notre foi eu la parole de Dieu , prenant sa loi pour règle, et tenant toujours notre regard fixé sur. notre fin dernière , nous y tendons ayee sûreté, avec persévérance, n'usant plus la vie en délibérations <îeBtradictoires, en résolutions opposées, en change^ ments de direction. Ayant trouvé dans robéissance à la volonté divine et Tabnégation de la nfttre Ifi cahne et le repos, nous ne précipitons plus le eoiffB de notre vie par l'agitation des passions; nous m k dissipons plus par les joies ou les pekies de œ monde, mais elle se dévolc^pe régulièrement ter vani le dessein du Créateur, et conformément à la destination qu'il lui a donnée* Ainsi on raehète les jours mauvais en les arracbast au mal, eilefi tournant par une bonne volonté au profit 4u bien et à son progrès sur la terre.
Evangile selon saint jean, iv, 46-53.
Un officier, dont le fils était malade à Cet pharnaùm, ayant appris que Jésus était vara de Judée en Galilée, alla le trouver et le pria de venir chez lui pour guérir son fils qui se naourait. Jésus lui dit : Si vous ne voy^z des miracles et des prodiges, vous ne croyez point. Seigneur, reprit le père, veaez avant que «WD
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fils meure. Jésus lui dit : Allez, votre fils est guéri. Cet homme erut à la parole que Jésus lui avait dite, et s'en retourna. Comme il était en ctienîin, ses serviteurs vinrent au-devant de lui, et lui anjnoncèrent que sou fils allait bien, llleur demanda à quelle heure Tenfa^ s'était trouvé mieux. Hi^, à la septième beure, di- ]%at^ils, la fièvre l'a quitté. Le père reconnut que c'était l'heure même à laquelle Jésus M avait dit : votre fils est guéri ; et il crut, .lui et toute sa famille.
U y a p];iisieurs degrés dans la foi, «t chez beau^ coup, coBime dans l'officier de cet évangile, elk n'arrive que graduellement à sa plénitude. C'est «6 qui nous semble digne de remarque dans le fait moonté ici. L'officier païen ne va trouver Jésus qufi p^urce que son fils est à l'article de la mort. U <^raint de le perdre, et sa foi oonsii^ en ce mo^ nafiiit tout litière dans l'espoir que son fils peut être guiérî par le prophète ou celui qu'on regardfe comme tel. Il a sans doute entendu parler des guérisons merveilleuses opérées par Jésus, et celle de soQ enfant par les remèdes ordindres parais^ âant désespérée, il se ratlaobe à ce dernier moyen jeoQime à une planche de salut. Hél^sl CQmJbiea de
chrétiens agissent comme ce païen, et ne songent à prier Dieu et à invoquer sa puissance , qu'après avoir vainement essayé de toutes choses, et comme une sorte de pis aller dans Texcès de leur infortune ou de leur désespoir. C'est donc une foi faible, et le Seigneur en fait le reproche à celui qui l'implore. Vous ne croyez, vous autres, hii dit-il, que si vous Yoyez des prodiges et des miracles. Car Tofficier connaît encore si peu celui auquel il sV dresse, qu'il le prie de venir auprès de son fils mourant, comme si sa présence était nécessaire à sa guérison. Quelle différence entre cette foi ébauchée, et la foi parfaite du éenturîon qui demande justement le contraire, priant Jésus de ne pas venir dans une maison indigne de le recevoir, mais qu'il dise seulement une parole et son serviteur sera guéri. Aussi le Sauvenr B'écrie : Je n*ai pas encore trouvé une telle foi en Israël. Celui-ci, au contraire, insiste pour que le Seigneur aille chez lui, et de là le reproche et k leçon qu'il reçoit pour épurer et augmenter sa foi. Jésus voulant lui montrer qu'un seul mot de sa bouche suffît pour guérir,* lui dit : Allez, votre fils est guéri. Il croit à cette parole et il s'en va. Sa foi monte d'un degré par son adhésion à l'affirmation du Sauveur. Il ne croit plus sa présence indispensable à la guérison de son fib, il a une plus grande confiance en sa puissance, et
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quand, de retour chez lui, il apprend que la guérison s'est opérée juste au moment où elle lui a été annoncée, sa foi devient complète et en même temps efficace ; car elle se communique à sa famille et à toute sa maison qui crurent avec lui. C'est le propre de la foi pleine et vivante de se répandre en tout ce qui l'entoure, et de toacher les âmes qui l'approchent , comme elle a été touchée elle-même par l'esprit de Dieu, L'exemple de cet officier doit donc encourager les pères de famille, les maîtres et les maîtresses de maison, dont le devoir est de travailler, suivant leurs forces, au honheur de leurs enfants et de leurs serviteurs, mais surtout au salut de leurs âmes; et le meilleur moyen d'y coopérer pour leur part , c'est non pas seulement de leur rappeler leurs obligations envers Dieu et de les engager à les remplir, mais surtout de les y porter par leur exemple, de les y entraîner par l'ardeur de leur foi , et par la pratique sincère et persévérante des commandements dQ Dieu et de l'Eglise.
WUTIQUE.
Bappelons-nous et disons souvent cette parole du Sauveur à saint Thomas , qui exprime l'essence et la perfection de la foi : vous avez cru, Thomas, parce que vous avez vu ; heureux, ceux, qui ont cru sans
voir! Pourquoi? parce qulls croifi&t uniquesaent ï la parole divine.
PR£àBS«
Seigneur, daignez accorder à vos fidèles le par4ûii de leurs offenses et votre paix, afin qu'ils soient purifiés de tous leurs péchés et vous servent avec confiance et sécurité. Par Notre-Seigneur, etc.
LB
VmCff-tlNIÈME WMANCHE APRSS LA PMTKOTEL
fiPJlTîliî (?m %hés., VI, M)'-17).
Du reste, vom Frères, fortiûez-vous dans Ip Seigneur et àm^ sa vertu toute-puissaute. ReipèÉez-vous de Tarffîiure de Dieu, pour pouvoir résister aux embâches du démon; car nras awns à combattre, non-seutenent contre la chair et le sang, mais contre les principautés et les puissances de l'enfer, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre le^ esprits de jwftlice répandus d«3s l'air. C'est pourquoi prenez les>armefi de Dieu, afin que vous puissiez résister au jour de la tentation et deiq^rar^r parfaits en toutes choses. Soyez donc fermes; ijuela vérité soit la ceinture de vos reins, et la justioe votre cuirasse, et gue vos pieds soient ,to*ûwrs prêts h Aller annoAcer r^vangUe de la paix. S^rvez-vou3 en toutes chos€«8 du bouçjier 4e la foi, t)ù mndiUMEit s'éteindre les traits en-
flammés du prince du mal. Prenez encore le casque du salut, et le glaive spirituel, qui est la parole de Dieu.
Ces paiules nous apprennent quels ennemis le chrétien a à combattre , çt avec quelles armes il peut leur résister et les vaincre. Ces amies sont spirituelles, comme les ennemis qu'elles doivent affronter. Ici, comme en beaucoup d'autres endroits de rÉcriture, est affirmée l'existence des esprits mauvais, puissances des ténèbres répandues dans l'air et cberchant à nous tenter sous toutes les formes au moyen des choses sensibles, sur lesquelles ils exercent un certain empire^ et par notre concupiscence qu'ils excitent par des attraits ' analogues. Saint Paul les appelle spiritualia ruquitiWf le monde spirituel de la' méchanceté. De là la subtilité des tentations auxquelles l'homme est exposé, non-seulement dans sa diair, mais surtout dans l'esprit par la vaine curiosité ou la concupiscence des yeux, et dans l'âme par l'exaltation de la volonté ou l'orgueil de la vie. C'est pourquoi Dieu lui a forgé des armes spéciales pour ce combat périlleux où il succomberait assurément, s'il était abondonné à ses propres forces. L'armure est complète, et si nous savons la revêtir et nous en servir comme l'Église nous l'onseigne, nous vaincrons. Nous devons d'abord entourer
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nos rôns par la ceinture de la vëriléy qui est comme le baudrier du soldat de Jésus-Ghristy c'est-à-dire ne pas céder à la sensualité, dont la région lombaire est le siège, et d'où partent avec les impuisions chamelles toutes sortes d'illusions, qui par le prestige de l'imagination entraînent Tesprit dans Terreur et la volonté dans le désordre» Celui qui aime avant tout la vérité, et ne cherche qu'elle, s'efforce avec la grâce de Dieu de dominer les appétits grossiers» qui tendent aveuglément à leur satisfaction sans s'inquiéter du vrai ou du faux, du juste ou de l'injuste. Ce qui, quand il'S prévalent, rend la vie dissolue^ dissoluta, c'est-à-dire dénouée , non contenue , comme une robe flottante, s'échappant de tous les côtés par l'expansion de ses désirs, tandis que la vie chrétienne, au contraire, consiste à se retenir, à se soumettre au joug de la loi ; ce qui la règle et la maintient comme un vêtement serré et orné par une cein-ture. Puis le chrétien revêt la cuirasse de la justice : ce qui peut s'entendre d'abord de la justice du de la justification acquise au prix du sang du Sauveur répandu pour nos péchés et qui nous a réconciliés avec Dieu; et ensuite du sentiment de l'équité qui.se développe dans une conscience chrétienne, et qui la préserve des tentations diverses par lesquelles le maUn esprit tâche de l'entraîner dans l'iuîquité vis-à-vis de Dieu et du prochain.
4^54 VlNGT4»a6liB DIMANCHE
Uhomxvs juste» en e&9iy^i qui fi^tîqua $émftmamiBiX la |u«ûce« esjt cuîmsaé imr elW cooft^ 1^ atleftiite3* 4^ la saïusualité* :de k ^^anité, 4e Tmbitiou, de l'avari^» ou Autres pamoAs qui poii^ fient ordioairemeat à masquer au devoir et to k déseiîdre*
Eu outre, le chrétieu doit toui49'urs être fdi à marcber pour afiuou^r i'é^^oigile de la p9i;^9n d'antares tenaes toutes ses démar^)^, /ses aetioBS, ses e&IreprJuses. doivent teudre uoiqueiQeAt i^ niuifiiatar la utolouté de Dieu panoi le^ hosune$» ^ faire eoûsaltre la doctrine de Jésus«^Gturist et mtout .k la pratiquer.. Il doit pr^éober par toutes OQuduile, ou autreo^ent ao rum dire ou imm^ faire qui ue .si^nre directemeut ou iudirecticsiN^t ;au «ervioe d» SÂeu et au imn du procJbtaisu G'i^t p(»idrqu(â il doit se ^uvcir du iMuieliar de 1a foi; 'C'esl>4*dice repousser par sa f enne .adhësio» U^ pi^le diviae las oppositious ou les douter qoi Ï9^' sulLMit q«iekiuis£ois ^bius son eefs^it et i$.m SOQ cœur, afiu de les anettre ou guerre ai^ec Di«A ^\ ses sembkbles. X4es traits eofiao^ués de Jt'e«DAP vÎMAeiU; Véteiodre coutre i^ bo^cliar 'fç^rgé f^ le feu lài ciel^ »el qui tend jduis sùmmeut ûniti^- Table que celui .'déearit par Honère. U miéi »i^ mx 'sa télé .le casque du salut, p^ast ^«a ^ . mai» droilfe «»lsàt le ^ivâ* fso* ce «aapd> 'fû fffot^ia :têÉ3 «ontre ileetoups de i!ei»9°»i^ i^^
APBèS LA P8OTEG0TO- ^55
ms enteBdeiit Ye^péa^o/ce chréiisnmqai doi» /soutient daas le ce«îbat contre ]d mal , xumb& «o»- |i§d}â&t de défaillir eutièreiâeiit au milieu de nos plaies et de nos chutes, C(»nixie il acrive au^ blessés dont la tête a été préservée. D'autres voient dans ce casque la parole divine, arme dSTensive et offensive à la fois, puisque dans la tentation du Sauveur toutes les attaques du démon sont repoussées par des textes du livre "sacré. Amsi, dans Texaltation de la science humaine M* l'embarras des doutes qu'elle smeite, la pensée, dont la tête ei^ l'organe, «st 4Surtout préservée ée l'erFeur et des téAèJ}re8 par la lumière de U àmtrine révélée, quand elle a le bonheur d'en fidrp le guide de ses travaux et le flambeau de ses sentiers. Aux systèmes erronés et contradictoires d'une fausse science, elle n'a qu^à opposer simplement l'affirmation des vérités étemelles, et le présage est dissipé. Cependant la parole di^ Tiae, qd jsert de casque ou de protedion dans ces cas ^t comnoie aorme dé&i^e, dément une arme agressive ou d'attaque , quand elle je$t employée à annoncer la vérité en face du mensonge, qu'elle poursuit ensuite sous ses formes multiples et dans ses expressions si variées. Elle est alors le glaive de Tesprit, ï'épée spiritucSe dont saint Paul dit ailleurs qu'elle est plus pénétrante ^u'un glaive à daus traneè^ints, ^<qu'«^
descend jusque dans la moelle de ' Tâme et an point de jonction de Tesprit et du corps pour discerner et séparer les pensées et les intentions du cœur. (Heb. H, 4, 8.)
Le royaume des deux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. En commençant, on lui en présenta un qui loi devait dix mille talents. Mais comme il n'avait pas le moyen de les lui rendre, son maître commanda qu'on le vendît, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il possédait pour acquitter sa dette. Ce serviteur se jetant à ses pieds le suppliait , en lui disant : Ayez un peu de patience, et je vous rendrai tout. Le maître, touché de compassion le laissa aller et lui remit sa dette. Mais cet homme ne fut pas plus tôt sorti, que, rencontrant un de ses compagnons qui lui devait cent deniers, il le saisit à la gorge et •l'étoufifait presque en lui disant : Rends-moi ce que tu me dois. Son compagnon , se jetant à ses pieds , le conjurait en lui disant; Ayez un peu de patience
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et je VOUS rendrai tout. Mais il ne voulut pas l'écouter, et il le fit metter en prison jusqu'à ce qu'il eût tout payé. Les autres serviteurs, voyant ce qui se passait, en furent très-affligés et racontèrent à leur maître tout ce qui venait d'arriver. Alors le maître l'appela et lui dit : Méchant serviteur, je t'avais remis tout ce que tu me devais, parce que tu m'en avais prié. Ne devais-tu donc pas avoir pitié de ton camarade, comme j'ai eu pitié de toi? Et le maître indigné le livra aux exécuteurs de la justice, le condamnant à rester entre leurs mains, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il lui devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur.
Nous répétons chaque jour dans notre prière du matin et du soir : Père, remettez-nous nos dettes, comme nous les remettons à ceux qui nous doivent^ Patevy dimiUe nobis débita noslra^ sicut et nos dimittibus debitoribus nostris. C'est bien le moins sans doute, et c'est le degré élémentaire de la morale, que nous ne fassions point aux autres ce que nous ne voulons point qu'on nous fasse. Et cependant, d'une manière ou de l'autre, nous sommes portés par l'intérêt ou la vanité à
être exigeants ^vers ceux qui nous doivent quelr que chose, oumdoia simplement dans nosjuge^ ments sur le prochain, tandis que nous réclamons la tolérance pour nous, et que nous ne manquons jamais de raisons pour nous excuser, sinon pour nous justifier. U viendra néanmoins un moment où tout sera mis en lumière, sans que nos prétextes et nos iiaisonnements servent de rien. âWs le roi du ciel «t de ia terre entrera en (ism0 avec ses serviteurs, et qui d'entre nous n'aura p«3 tfesoin de son indulgence? Qui n'aura point à implorer sa miséricorde devant la dette immense contractée à son égard, représentée ici par la somme énorme de dix mille talents, si au-dessus ée& moyens du serviteur, et qu'à coup sûr il ae pourra jamais jendro sans un secours. Ce qui ngmfie que Thomme, depuis la pécjba, n'aurait j%mais pu acquitter tout ce qu'il doit à Dieu , si Jésus^hrist ne s'en était chargé, et n'avait consenti à le payer au prix infini de son sang qui seul 4ûnne de la valeur h ce que nous pouvons faim, <£t en nous unissant à son expialion par notrQ pa^ ticipation à ses souJG[Ranc«(S.
Que deviesidrons-iious en ce terrible momeiH, si, quand nous invoqueron/s la sniséricorde divijM, dont nous aurons tant 4e l^escin en face de la souveraine justice, il nous est réfmia. (pxe nous avons été îsans entrailles pour nos frèïie^ tes pow-
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mym^ les prenant à la gorge ou leur fusant violence, <»iniiie ce méchant seavitear, jusqa'à ce qu'il Bons aient pa^ ? Notre dureté k l'égard des autres sera constatée par le témoignage de tous ceux qui Tauxomt vue et qui en déposeront avec iDudigQation. Alors se feront entendre dans le ciel ces terrihJôs paroles : I<a mesure que vous avez ap' pliipiée à votre prochain va vous être appliquée (Matth., VII, 2), ot vous serez traités comme vous avez traité vos frères. H^areux les miséricordieux, parcequ'ils obtiendront miséricorde. (Matth. ,V, 7^) Mais il n'y aura point de pâtié pour oeux qui n'en a'ont pas eu. Us tomberont enlre les mains puis^ Nantes et inévitables de Timprescriptihle justice , que la miséricorde ne viendra plus tempérer, ftt comme leur dette envers Dieu est infinie , leur expiation n*aura point de fin. Tel sera le sort de tous ceux qui n'auront point pardonné à leurs frères du fond du cœur sincèrement et non pa3 seukme&t on paroles ou avec les apparences ou les formules de la dtarité, comme quand on dit : Je ne lui en veux Jwis, je ne lui ferai point de mal ; qu*il s'arrange avec Dieu qui est son juge ; je n'ai pointa m'en mêler; ou encore. Qu*il me laisse en fepos et qu'il aille se faire pendre ailleurs. Paroles qu'on on tend trop sauvent dans le monde , même parmi les chrétiens ou dies personnes pieuses, parce qu'on sait que le pardon des injures est com-
mandé. Mais au fond la blessure est toujours Tirante y et il faut peu de chose pour la rouvrir et la faire saigner de nouveau. On a pardonné, diton, mais on n'a pas oublié, en sorte que les esprits, loin d'être réconciliés, sont toujours en défiance secrète, en hostilité cachée. La division subsiste au fond, et le démon tient séparées, sourdement irritées Tune contre Tautre, des âmescpe la charité de Jésus-Christ n'a pu rapprocher; et si elles ont le malheur de sortir de ce monde en cette disposition, sans s'être accommodées ici-bas avant de paraître devant le tribunal de Dieu, elles auront à rendre un compte bien plus terrible, et dont rien de leur côté ne pourra plus adoucir la rigueur.
PRATIQUE
Soyons intraitables vis-à-vis du démon, et combattons-le à outrance avec les armes divines que l'Église nous met entre les mains en nous faisant chrétiens et soldats de Jésus-Christ, à savoir le baudrier de la vérité, la cuirasse de la justice, le^ bouclier de la foi, le casque du salut et Tépée de la parole divine. Par contre ayons de la pitié, de l'indulgence pour nos frères, parce que nous en avons autant besoin qu'eux, et que nous demandons tous les jours à Dieu de nous pardonner, comme nous pardonnons; ce qui nous condamne, si nous ne pardonnons pas en effet.
APRÈS LA PENTECOTE. 561
PRIÈRE
Daignez, Seigneur, garder votre famille par une miséricorde continuelle, afin que, délivrée de toutes les adversités par votre protection, elle rende gloire à votre saint nom par ses bonnes œuvres, par Notre- Seigneur, etc.