LE VINGT-DEUXIEME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE
ÊPITRE (aux Philippiens, I, 6-11).
J'ai la confiance que celui qui a commencé le bien en vous le perfectionnera jusqu'au jour de Jésus-Christ; et il est bien juste que j'aie ce sentiment de vous tous, parce que je vous porte dans mon cœur, comme ayant tous part à ma joie, par celle que vous avez prise à mes liens, à ma défense, et à l'affermissement de l'Évangile. Car Dieu m'est témoin avec quelle tendresse je vous aime tous dans les entrailles de Jésus- Christ. Je lui demande que votre charité abonde de plus en plus en science et en sentiment, afin que vous sachiez discerner ce qui est bien, que tous soyez purs et sans tache jusqu'au jour de Jésus -Christ, et que vous soyez remplis des fruits de la justice par Jésus-Christ pour la gloire et à la louange de Dieu.
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L'Apôtr«r nous c^re ici Texconple de Tamoiir qn» les chrétiens doivent aroir les uns pour les antres. Il dit anx Philippiens qu'il les aime tons dans les entrailles de Jésu&-Christ, in viscerUms Christi, c'est-à-dire de Tamofor dont Jésns a aimé ks hommes, jnsqn'à donner sa vie ponr les ra- • cheter et verser son sang ponr le» sauver. C'est donc cm vtie de notre salut que nous devons noug aimer les mis les autres, nous procurant mutuellement ce qui peut y conti*ibuer, et chearchant miquement dans «tte affection surnaturelle ce qui peut opérer cette grande oeuvre et nullement ee qui répond à notre sympathie naturelle par Fagi^ment et la jouissance* Sinon c'est non»mêmes que nous aimons dans les autres; c'est fiotre bien que nous recherchons, et, il faut hien le dire, c'est le propre de toutes les affections naturelles^ même les plus lé^times, quand ellesne sont point élevées et transformées par la foi, Se là la différence de l'amour ukréûen et de l'amour purement humain. Le caractère dm pre^ niier est le sacrifice, car il se dévoue au bien de l'objet aimé* La fin du second est la jouissance par l'imion avec ce qu'il aime ou dans sa possession, qui doit être réglée et maintenue par la justice. Aussi l'Apôtre ne désire -t-il que ce qui est utile aîox Philippiens pour cef but supérieur, savoir que Uur cbarjté envers lui Êomme envers les
autres^ toujours augmentée par les dons de TEsprit^ainty croisse en lumière et en intelligence, afin qu'ils sachent mieux discerner et approuver ce qui est le plus utile; qu'ils deviennent tous les jours plus sincères et par conséquent plus purs, c'est-à-dire ne voulant sérieusement que ce que Dieu veut, que ce qui est conforme à ses commandements, aux préceptes et aux conseils de TÉvangilé, et s'efforçant avec sincérité et quoi qu'il leur en coûte, de réaliser parleur conduite tout ce qu'ils admettent et embrassent dans leur foi ; ce qui la rend vivante et efficace. De cette manière, toutes les actions du chrétien sont faites pour le service et la gloire de Dieu , et sa vie est remplie des fruits de la justice enseignée et pratiquée par Jésus- Christ qui consiste à rapporter à Dieu tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons, \o9i ce que nous faisons, puisque nou$ avons tout reçu de lui, et que nous ne pouvons opérer aucim bien, pas même former une bonne pensée ni réaliser une bonne volonté sans le secours de sa grâce. n doit être la fin dernière de notre existence, parce qu'il en est le principe et le soutien.
ÉVANGILE SELON SAINT MATTfflEQ, XXII, 15-21.
Les pharisiens, s'étant retirés, tinrent conseil pour surprendre Jésus dans ses discours. Ils lui
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eoToyèrent donc leurs disciples avec des hérodiens, qui lui dirent : Maître, nous savons que TOUS êtes vrai dans vos paroleê et que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité, sans avoir égard à qui que ce soit, parce que vous ' ne faites point acception des personnes. Ditesnous donc ce qu*il vous semble : est-il permis ou non de payer le tribut à César? Mais Jésus^ connaissant leur malice, leur répondit : Hypocrites, pourquoi me tentez- vous? montrez-moi la pièce d'argent qu'on donne pour le tribut. Us lui présentèrent un denier. De qui est cette image et cette inscription? leur demanda Jésus. De César, lui dirent-ils ; et il leur répondit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
Cet évangile nous montre comment l'esprit du monde s'est opposé dans tous les temps à la doctrine de Jésus -Christ, cherchant à la dénaturer par de fausses interprétations, ou à la mettre en contradiction soit avec elle-même, soit avec le pouvoir établi pour la rendre ridicule ou compromettante, et faire passer ceux qui la pratiquent pour des imbéciles ou des rebelles. N'est-ce pas ce que nous voyons encore de nos jours dans le
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monde? On ne persécute plus les fidèles à force ouverte ; ks. josaximea du siècle, qm affichent h tolérance, s'y opposent, et l'opinion publique en serait révoltée. Mais on les entoure de pièges,, et on tâche de les surprendre dans leurs discours. On calomnie leur foi, comme si elle les rendait injuste^ envers la société, les empêchant d'accomplir lenrs devoirs de citoyens, ou leur 5ta&t la capacité de le £e»re» Yaises accusations, détcuites dès r^igine par cette parole du Se^neur : Besdez à César ce qui appartient àCésar^ et à Dieu.ce qui appartient à Dieu! Le chré lien peut donc remplir à la fois ses devoirs envers le monde et envers Dieu. Il le peut, il le doit, et même, comme chrétien, il le fera mieux qu'un autre. •
César repiésenle ici la puissance établie dans le monde où nous vivons, mond& à la fois natazd et social, au sein duquel s'opère notne dével(^ pement physique, intellectuel et moral. Nous y reoev(ms donc, en y vivant, les bienlails de la nature et de la société, ou autrement par le ffflt même de notre existence sociale, nous appartenons à une famille qui nou& élève, à un État qm nous prolége, et ainsi nous avons des devoirs^ ^ remplir avec Tune et l'autre. Nous ventms de dire que le* chrétien s'en acquittera mieux que per* sonne. En effet, à ses yeux, ïes devwrs deiisHnflte, prescrits par la loi naturelle, sont encore sanctwn*