‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 66 sur 103 · APRÈS LA PENTECX)TE · texte numérisé non relu

APRÈS LA PENTECX)TE

nés par la loi révélée. Fils, il voit dans ses parents les représentants de Dieu lui-même. Époux, lenubriage est pour lui un sacrement qui le lie d'un lien indissoluble, et dont la fin est de fonder une £a* mille soumise à Dieu. Përe, il voit dans ses en* faots un dépôt divin et dans son autorité une délégation d'en haut. Citoyen, il rend généreusement à la société ce qu'il en reçoit. Il sait que l'ordre et Téquité sont les conditions nécessaires du bonheur social, et il contribue de toutes ses forces à les maintenir par son obéissance aux lois et au pouvoir. II accomplit consci^icieusement les fono* tiens qui lui sont confiées; il exerce bonnètemeot la profession qu'il a embrassée, et il satisfait larg^nent aux charges et aux exigences publiques. C'est ainâ qu'il paye le tribut à César et lui rend ce qui lui est dû.

Cependant il s'inquiète encore plus de rendre à Dieu oe qui est à Dieu, s'attachant avant tout à lai restituer ce qui vient de lui, à sauver son àme immortelle, image et ressemblance de son auteur, qui a été créée pour le connaître, l'aimer et le servir, et qui ainsi ne peut rendre à Dieu ce qui lui appartient que par son intention persévérante d'em- {Joyef toute son existence à réaliser sa volonté. Ce qui distingue surtout le chrétien des autres hommes, c'est qu'il sait qu?il a une autre destination que la vie terrestre, laquelle n'est pour lui

qu'un moyen de parvenir à un monde supérieur, au ciel, où il a la promesse d'être uni à Dieu pour toujours et de vivre de son éternelle vie. C'est pourquoi au-dessus de la famille naturelle, forioée par les liens du sang, il y a ppur lui une famille spirituelle, imie par les liens de la grâce. Au-dessus de la société- civile ou temporelle il y a pour lui une cité céleste, qui est sa vraie patrie. Il peut donner à sa patrie terrestre, dans une certaine mesure, les forces de son corps, les facultés de son esprit et sa bonne volonté. Il ne donne son âme qu*à Dieu, parce qu'eUe vient de lui seul et n'appartient qu'à lui. De là en lui un amour immense comme son objet, l'amour divin ou la (Parité, qui purifie I règle et transfigure ses autres affections, en même temps qu'il développe par le dévouement et le sacrifice toute sa puissance de vouloir et d'aimer. Tel est le tribut que Dieu réclame de ses enfants, le trésor qu'ils doivent lui offrir en hommage ; et comme la pièce d'argent qu'on paye à César pour s'acquitter avec lui porte sa figure et son inscription , ainsi la substance précieuse de notre âme que nous présentons à Dieu en tribut, doit être marquée de son image, reproduire son nom sacré et resplendir de sa ressemblance.

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Pratique.

Aimons les autres pour eux-mêmes, pour leur véritable bien, et non pour nous et la jouissance que nous pouvons en retirer. Ce sera aimer le prochain comme Dieu nous aime, comme Jésus-€hrist nous a aimés, jusqu'à donner sa vie pour nous. En rendant à Dieu ce qui lui appartient par l'accomplissement des cl^voirs de la religion, n'oublions pas nos autres devoirs envers la famille, envers l'État, envers nos semblables , afin d'observer intégralement la justicç ou de rendre à chacun ce qui lui est dû.

PRIÈRE

Mon Dieu, notre refuge et notre force, écoutez les humbles prières de votre Église, vous l'auteur de sa piété, et faites que nous obtenions efficacement ce que nous demandons avec foi, par Notre-?eigneur, etc.

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ÉPITRE (aux Philipçiens, m, 17-îl; IV, 1-3).

Soyez mes imitateurs et suivez ceux qui marchent selon le modèle que vous avez vu m nous. Car il y en a beaucoup dont je vous ai parlé et dont je vous parie encore avec larmes qui se conduisent en ennemis de la croix de Jésus-Christ, et .dont la fin sera la danmatioa; qui se font un dieu de leur ventre, qui metteoS leur gloire dans leur propre honte, et qui n'ont de goût que pour les choses de la terre. Quanta nous, nous vivons déjà dans le ciel. C'est delà aussi que nous attendons le Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ, qui transformera Tétat abject de notre corps iBt le rendra semblable à son corps glorieux par Topération de cette puissance qui peut lui assujettir toutes choses. C'est pourquoi, mes Frères très-chers et très-désirés, ma joie et ma couronne, demeurez toigour^

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dans le Seigneur, mes bien-aimés. Je prie Évodie et je conjure Syntiche de s'unir dans les mômes sentiments en Notre-Seigneur. Je vous prie aussi, fidèles compagnons de mes travaux, d'assister celles qui ont travaillé avec moi dans rÉvangile, avec Clément et les autres qui m'ont aidé dans mon ministère, dont les noms sont toits dans le Hvre de vie.

L'épître de ce jour nous dépeint la gloire et le bonheur du vrai chrétien en ce monde, où il vit déjà de la vie du ciel, tandis que les ennemis de Jésns-Qirist n'ont de goût que pour les choses de la terre, mettent leur gloire dans ce qui fait leur confusion, et auront pour fin la damnation. Il n| déjà de la vie du ciel , même au milieu de ceâe J^ère ténébreuse, par sa foi qui le détache de la terre, par son espérance qui l'élève vers Dieu, par son cmour qui Vj unit.

Éclairé par la lumière de la foi, Thomme entrevoit un monde nouveau, surnaturel, dsvin. Alors il est partagé dans son désir, et peiMiant que acm corps le tire vers li terre , soa âme s'élance vers k ciel. De là une lutte en lui entre la vie des sens dont la matière est l'objet, et la vie de l'esprit dont Dieu est la fin. Si la foi l'emporte, ïixae commence à vivre dans le ciel plus que sur la

terre. Elle a besoin de recueillement, de silence, de retraite. Elle ne se plaît plus au milieu, du monde et s'y sent comme étrangère ; elle aime la prière, par laquelle elle entre eu commerce avec Dieu, avec les anges, avec les saints. Elle entend et médite avec joie la parole divine qui devient sa nourriture habituelle ; car Thomme ne vit pas seulement de pain. (Malth., IV, 4.) Elle est pressée de se purifier, de s'amender, d expier pour effacer en elle les souillures du monde, et se rendre plus capable de communiquer avec le ciel, dont elle respire déjà l'air vivifiant.

Son espérance la porte au ciel avec sa foi. Elle est comme enlevée à la terre par son désir ardent de posséder le bien ineffable que la foi lui révèle et que la parole de Jésus-Christ lui a promis. Or, le cœur est posé dans l'objet qu'il aime et espère. Là où est votre trésor, là est votre cœui. (Matth.,VI, 21.) L'homme charnel est donainé par l'appétit des choses de la chair; il met tout son bonheur et aussi son espérance dans les joies qu'elles procurent. L'homme spirituel n'aq^ire qu'aux choses de l'esprit, et il jette son cœur, son amour, tout son espoir dans fts biens éternels.

Enfin l'âme vit déjà dans le ciel par la chanté, c'est-à-dire par l'amour q'iiî l'unit à Dieu, objet et fin dernière de son désir ; car elle est faite pour aimer, et ce besoin le plus profond de son être ne

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peut être i^tisfait que par la possession dû bien le plus excellent, de celui qui est la source de tous les autres. Une fois qu'elle a connu Dieu ou le Bien souverain par sa foi, quand le rayon de la lumière éternelle Ta percée, illuminée, vivifiée, elle réagit vers le foyer divin de toute la puissance de sa volonté. Elle n'aime plus vraiment que lui, ou au moins elle l'aime par-dessus tout et n'aime plus qu'en lui, et bien qu'elle soit encore sujette aux faiblesses de Fhumanité, dépendante jusqu'à un certain point de la chair et de ses ténèbres, cependant elle est, elfe vit avec Dieu par le fonds de son être, conversatio nostra in cœlis est. (Philip., m, 20.) Toutes les autres affections lui paraissent insipides ou pénibles, si elles ne sont relevées, sanctifiées, sumaturalisées par l'amour divin. C'est pourquoi le Seigneur a (Ût : Celui qui aime son père, sa mère, son frère, sa sœur, sa femme, etc., plus que moi, n'est pas digne de moi. (Matth., X, 37.) Saint Paul écrit au Corinthiens ces paroles d'Isaïe (Is., LXIV, 4) : Ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment, c'est ce que l'œil n'a point vu, ce que l'oreille n'a point entendu, ce qui n'était jamais venu à l'esprit de l'homme. (1 Cor,, H, 9.) Comme Dieu, le créateur de tous les êtres et la source de tous les biens, est par sa nature infinie au-dessus de tout ce qu'il a fait et plus' excellent que tout ce qu'il a créé , ainsi

le Inen-étrd, la joie que notre âme peut retirera £on comioerce le plu3 intime, le plus domxsvec les créatures même les meilleures, n'approchent point des délices de Tamour dinn ou de Timiafi avec Dieu.

Ainsi l'homme est ramené ^r la religion au ciel dont il est déchu, à la vie divine qu'il â perdue par sa faute. U peut déjà ici-bas recommencera vivre dans le ciel par la foi, Tespérance et la ditrite. Prions donc, afin que la grâce produise (m augmente en nous ces vertus excellentes, qui donnent à Tâme des ailes pour le ciel. Demandons que notre foi s'accroisse, que notre espérance soit fortifiée, notre charité perfectionnée, afin que notre cœur, détaché de la terre et alranchi de ses liens, s'élève sans ol)s^acle vers Dieu et lui re^ constamment uni.

Pendant que Jésus parlait aux disciples de Jean, un chef de la synagogue s'approcha de lui et l'adora en disant : Seigneur, ma fille vient de mourir, mais venez lui imposer les mains et elle vivra. Jésus se leva' et le suivit avec ses disciples. Au même instant une femme, affligée depuis douze ans d'une perle de sang, s'ap-

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procha de loi par derrière et toucha la firange de son vêtement. Car elle se disait en ellemême, si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie. Mais Jésus, s'étant retourné et la voyant, lui dit : Ma fille, ayez confiance, votre foi vous a sauvée, et à Theure même elle fut guérie. Lorsque Jésus fut arri?é dans la maison du chef de la synagogue et qHll eitt vu les joueurs de flûte et une troupe de gens qui faisaient grand bruit, il leur dit : Retirez-vous, car cette fille n'est point morte, elle n'est qu'endormie, et ils se moquaient de lui. Quand on eut fait sentir loiit le monde, Jésus entra, prit la jeune fille par la main et elle se leva*. Et le bruit s'en répai^drt aussitôt dans tout le pays d'alentour.

(Voy. l'Évangile de saint Marc, V, 22, et celui de saint Luc, VIII, 41 , pour avoir le complément de cette histoire.)

Cet évangile noas rapporte deux faits miraculeux, une guérison subite et une résurrection, en mms indiquant le moyen prineîpal par lequel Ja puissance ddviae, toujours prête à secourir l'homme (psL ViasfloTBj est ^citée à se nnaufesteir (f une

manière extraordinaire et en dehors des lois de la nature. G*est la foi qui produit cette merveille, la foi qui, unissant intimement Fâme à Dieu par son adhésion à sa parole, attire sur elle une réaction bienfaisante de la. vertu divine, laquelle, comme il est dit ici, sort du Créateur pour entrer dans la créature avec la vie dont elle est Torgane. C'est d*abord la foi, de Jaïre, qui en se prosternant devant Jésus-Christ rend hommage à sa puissance; ce qui était beaucoup pour un chef de la synagogue, dont les principaux étaient si mal disposés pour le Seigneur. Puis il lui demande de venir guérir sa fille en lui imposant les mains, et enfin, quand on vient lui aimoncer que sa fille est morte, sur la parole de Jésus il persiste dans sa confiance et marche avec lui vers la maison mortuaire, espérant cette fois plus qu'une guérison, une résurrection.

C'est ensuite la foi encore plus robuste et plus humble de cette pauvre femme , qui n'attend sa guérison que de Jésus-Christ, après avoir dépensé tout son bien à consulter les médecins. Elle n'ose pas même lui parler ni se présenter à lui au milieu de la foule qui le presse. Mais elle est tellement persuadée qu'il peut la guérir, qu'elle se borne à toucher par derrière le bord de son yétement, espérant qu'elle sera guérie par ce contact. Elle l'est en effet, et sa foi si vive a excité et attiré

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en elle la vertu vivifiante du Fils de Dieu. Gomme à sa loi se joint l'humilité, craignant d*avoir mal fait, qaand le Seigneur demande qui Ta touché, elle 16 confond en excuses en même temps qu'elle raconte naïvement ce qui est arrivé. Et alors elle leçmt pins qu'elle n'a demandé; car Jésus, qui Tient de la guérir, lui dit encore que sa foi l'a sauvée, en sorte qu'à la santé du corps la miséricorde divine ajoute le salut de l'âme. Ainsi Dieu, qui résiste aux superbes, se donne aux humbles, et il multiplie ses bienfaits en leur faveur justei&ent parce qu'ils s'en jugent indignes. Ce qui nous apprend du reste, qu*à Texemple du Sauveur, quand nous exerçons la charité à l'égard de nos frères pauvres et souffrants, nous devons toujours viser à atteindre les âmes en soulageant ies corps, et ne nous inquiéter du mal «physique que pour tâcher de détruire ou au moins de diminuer le mal moral. Le salut des hommes doit toujours être la fin dernière de la bienfaisance chrétienne ; le reste n'est qu'un moyen d'y contribuer.

La résurrection physique de la jeune fille figurant la résurrection spirituelle de l'âme, il y a ici plusieurs circonstances à remarquer. Jésus fait sortir de la maison les musiciens et la foule bruyante. Ainsi la première chose à faire pour rendre la vie aux morts spirituels est de les retirer du bruit du monde, de sa dissipation et de ses

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plaisirs. La retraita, au moins par le eceur^ é^ h préparation indispensable de k. conversion. L«i joueurs d'instruments et les autres s'éloignent en se moquant de Jésufi, qui affînne ^ue la jeiuw fille n'est point morte mais seulement fndorittiaw Jésus n'en tient point compte et opè^e le miradt^ qu'ils ne sont pa& dignes de voir. Il apprend par là à ses ministres^ chargés après lui et en «tt nom da ressusciter las amas ^ à n€i s» laisses m iér concerter ni abattre par les piopos du maaàeyek à n'y répoidre qu'en aocomplisaant. lemra foDC^ tions sacrées avec plus de zèle et de pera^^ rance.

Deux autres Évangélistes disent qu'en commandant à la jeune fille de se lever, Jésus lui domu la main pour l'aider. U ne suffit donc pas d'eshorter les pécheursjii entrer dans- la. voie d» la pénitence. U faut encore,, à l'exen^|)le du Sauveur, leur tendre la nudn pour les soulever, lessoater tenir, les diriger et empêcher de nouvalte chutes.

Ekifin saint Marc et saint Luc rfq^portent qnV près avoir rendu la vie à la fille de Jaire , Jésus ordonna qu'on lui donnât à siAnger. Il pswi 1* même soin de ceuxc^'il Bsasuscite spiiituellemeBl Ramenés à la vie et après qu'ils sont aortifi di cercueil où la corruption du péché les tenaii ear fermés, il recommande qu'on leur rompci le paio

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de la parole divine, et qu'on leur fasse manger le pain du ciel qui procure la vie éternelle, et c'est par cette nourriture substantidle que k vie recouvrée sera conservée et fortifiée en eux.

PRATIQUE

Ayons la foi de la pauvre femme et de Jalre et novs na eraindrons ni la maladie ni la mort, non que nous devions préte&dre à être guéri isubitement comme Pune ou à ressusciter comme la fille de l'autre; ce qui, du reste, pourrait aussi nous être accordé ; mais anmcôns soit par le contact du notre cœur avec Jésus, soit par noire acquiescement simple à sa parola, nous recevrons toujours un grand soulagement dans nos souffrances et une vive consolation dans la mort.

FRIÊHir»

Seigneur, nous vous en prions, daignez absoudre votre peuple de ses iniquités, afin que votre horde fions; délivre^ das^ liens do péduô, dans lesqiMb noas ^ engagé» la fragilité de notre nature, pari^otreS^V' gneur^etç.

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