‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 76 sur 103 · L'ASSOMPTION · texte numérisé non relu

L'ASSOMPTION

comme les rosiers de Jéricho. Je suis comme un bel olivier dans la campagne, et comme un platane planté sur une place au bord des eaux. J'ai répandu une senteur de parfum comme la cannelle et le baume aromatique, une odeur de suavité comme celle de la myrrhe choisie.

Ces paroles de la Sagesse divine s'appliquent à la sainte Vierge qui en est le type, et la préfigurent parfaitement. Le Créateur de l'univers a parié aussi à Marie par Fange Gabriel et lui a fait connaître sa volonté, et dès que Marie y eut acquiescé par rhumble expression de son consentement, Ce* lui qui Ta créée a reposé dans son tabernacle; il Ta* couverte de son ombre, et par l'opération du Saint-Esprit, sans perdre sa virginité, elle a conçu THomme-Uieu dans ses chastes entrailles. Elle a été afl'ermie dans Sion ou dans la nouvelle Jérusalem, dans la cité céleste qui est TÉglise ; et, en effet, comme nous l'avons déjà montré, TÉglise, la mère vierçe de tous les chrétiens, vierge par sa doctrine toujours incorruptible et inaltérée comme sa morale, mère parce qu'elle en&nte les âmes à la vie étemelle par le baptême, est dans les siècles le représentant de la Vierge sainte, comme celle-ci est le type de la Sagesse divine. Elle a si bien trouvé son repos dans l'Église qu'elle en est

devenue inséparable, et toutes les grâces y sont demandées et distribuées par l'intercession de Marie , qui y subsiste et y subsistera pleine de grâce jus- • qu'à la consommation des temps. C'est ainsi qu'elle a établi sa demeure dans l'assemblée des saints.

Jésus dit une fois à l'un de ses apôtres qui voulait voir le Père : Philippe, celui qui voit le Fils voit le Père. (Jean, XIV, 9.) On peut dire aussi en considérant Thumanité de Jésus-Christ unie à sa divinité : Celui qui voit le Fils voit la Mère , et, en effet, le culte de Marie est toujours mêlé dans l'Église au culte du Sauveur. Elle a toujours un autel non loin de celui du Dieu fait homme, et comme on va au Père par le Fils, on va aussi au Fils par.laMère. C'est ce qui doîme à la dévotion de la sainte. Vierge quelque chose de si touchant et de si efficace.

Quelques versets plus bas, après s'être dépeinte elle-même par les images les plus gracieuses, par les comparaisons les plus brillantes qui conviennent toutes à la Vierge sainte, la Sagesse, s'élevant au-dessus des métaphores et des analogies, énonce nettement et sans figure ce qui la caractérise surtout : « je suis la Mère du pur amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi est toute l'espérance de la vie et de la vertu. > Quelles paroles conviennent

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mieux à Marie, qni a mis au monde Celui qui ^ Tamour même ; qui nous a appris par son humiMité > à ne vouloir que ce qu'il veut, à craindre surtout 4e lui déplaire, crainte qui est à la fois le fondement et le couronnement de la sagesse ; Marie , mère de la science, puisqu'elle a enfanté Celui qui est la vérité même , et dans lequel seulement nous pouvons placer notre espérance, respésance de la félicité étemelle et de la vertu qui y mène par Jésus-Christ, la voie, la védité et la vie.

ËVÀNGILE SE^CXN SAINT LUC, X, 8d-49.

Alors Jésus entra dans un bourg; et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Elle avait jine sœur, nommée Marie, qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Pour Marthe, elle étaàl fort occupée à préparer tout ce qu'il fallait. Tout à coup elle s'arrêta devant Jésus et lui dît : Sdgneur, ne voyez-vous pas que ma sœur me laisse servir toute seule? Dites-lui donc qu'elle m'aide. Mais le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous vous troublez du soin de beiuicoup de choses ; inruse

seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée.

L^Église célèbre aujourd'hui TAssomption de Marie au ciel dans son âme et dans son corps. Elle a dû mourir comme tons les enfants d'Adam ; mais son corps^ qui n'avait jamais été souillé par le péché et qni avait reçu dans ses entrailles Celui qn est la vie et la pureté même, ne pouvaitêtre atteint par la corruption. Aussi , suivant une pieuse tradition, après qu'on eut senti pendant plusieurs jours une odeur délicieuse s*exhalanl du tombeau où il avait été déposé, et entendu tout à l'entour un concert céleste, quand on rouvrit la tombe, à la demande d'un apôtre absent au moment de la mort de la sainte Vierge, et qui désirait contempler encore une fois son visage bienheureux , on n'y trouva plus son corps, et il' y avait à la place une touffe de roses. Mais, disent saint Chrysostome et saint Augustin, c'est encore plus pour avoir porté Jésus dans son cœur qu'elle a été élevée au ciel, pour l'avoir aimé non selon la nature, mais de cet amour divin, qui en unissant intimement l'homme à Dieu, le justifie, le sanctifie, le béatifie. Voilà aussi la seule chose nécessaire, la meilleure part qui ne sera point ôtée à celui qui l'a choisie. C'est cette meilleure part qu'avait préférée celle dont parle l'évangile de ce jour, et que

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