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INJECTION DE STREPTOCOQUES AUX CHEVAUX

cheval, elle a besoin d'être diluée dans 100 centimètres cubes environ d'eau physiologique.

Ce milieu de gélose-sérum, tout en fournissant une grande quantité de corps microbiens, offre cet avantage qu'il permet un dosage assez précis du virus injecté, ce qui n'est pas à dédaigner, vu la sensibilité extrême des chevaux aux injections intraveineuses, les seules que nous pratiquons pour les immuniser.

Injection de streptocoques aux chevaux.

A chaque injection nous introduisons de 8 à 10 différents streptocoques dont tous, sauf un seul, ont été isolés dans des streptococcies humaines (scarlatine, érysipèle, fièvre puerpérale, phlegmon, septicémie, etc.). Ces streptocoques de provenance humaine, étant généralement peu pathogènes pour les animaux de laboratoire, ne peuvent guère servir au dosage du sérum; c'est pourquoi nous leur avons adjoint un streptocoque qui, par des passages successifs, était rendu très virulent pour la souris et pour le lapin.

En admettant — ce n'est qu'une hypothèse — que le cheval s'immunise d'une façon à peu près égale vis-à-vis de tous les streptocoques qu'on lui inocule, il y a lieu d'espérer que le streptocoque virulent, qui a fait des passages, pourrait servir en quelque sorte d'indicateur de l'état d'immunité du cheval vis-à-vis de la totalité des streptocoques.

Chaque injection est suivie d'une forte réaction thermique (plus de 40°) qui, du reste, ne se maintient pas longtemps ; après quarantehuit heures, tout rentre dans l'ordre.

Mais de temps à autre, on observe ceci : un cheval qui paraissait complètement rétabli, est de nouveau pris de fièvre, dix à quinze jours après l'injection. Tantôt il accuse des troubles articulaires, tantôt il présente des phénomènes inflammatoires à quelque distance des articulations. Dans ce dernier cas on voit apparaître dans l'épaisseur des muscles un liquide séreux qui finit par se frayer un passage au dehors. L'animal maigrit et pendant des semaines il est hors de service. Dans un cas, le cheval est mort après quelques jours seulement de maladie; à l'autopsie faite par M. Frasey, médecinvétérinaire de l'Institut Pasteur, on a trouvé les muscles de la région malade infiltrés de masses gélatineuses baignant dans un liquide séreux absolument stérile. Les mêmes altérations ont été observées (liez un autre cheval qui, pris des mêmes symptômes, avait é|ê abattu.

Ces accidents dont les causes nous échappent et qui peuvent Média microbiens* 18

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survenir à tous les stades d'immunisation, sont liés, évidemment, au mode d'inoculation ; mais, si ce dernier procure des déboires, il offre aussi des avantages précieux, car il permet, en peu de temps relativement, d'obtenir un sérum doué de propriétés préventives et curatives très marquées.

Dosage du sérum.

Voici quelques chiffres pour donner une idée du pouvoir thérapeutique de notre sérum.

Les dosages ont été faits sur des souris et sur des lapins.

Une souris inoculée sous la peau avec une dose plus de dix fois mortelle de streptocoques, peut être sauvée si on lui injecte, dix-huit à vingt-quatre heures après, 1/1000 de centimètre cube de sérum dans le péritoine. Avec 1/40 à 1/400 de centimètre cube de sérum on peut préserver dans les mêmes conditions contre une dose au moins 2 000 fois mortelle. La dose mortelle, prise comme unité, a été dans nos expériences égale à 1/16 000 000 de centimètre cube de culture de vingt-quatre heures en bouillon-sérum ; en réalité, on pourrait tuer une souris avec une dose beaucoup plus faible ; mais nous nous sommes arrêté au chiffre indiqué pour éviter de trop grandes dilutions.

Quant à l'effet préventif du sérum, il a été déjà manifeste avec des doses dix fois inférieures à celles qui étaient nécessaires pour obtenir un effet curatif.

Chez les lapins, il faut employer des doses plus fortes; ainsi, après avoir inoculé sous la peau d'un lapin une dose de streptocoques plus que 100 fois mortelle (1/40 000 de centimètre cube), on peut le sauver sûrement en lui injectant deux heures après, dans les veines ou dans le péritoine, lcc,5 à 2 centimètres cubes de sérum.

Emploi du sérum chez l'homme.

11 est beaucoup plus difficile, sinon impossible, de préciser la valeur du sérum antistreptococcique chez l'homme. Depuis que l'on fait de la sérothérapie antistreptococcique, il a été publié des milliers d'observations, mais elles ont tellement l'air dépareillé que l'on serait fort embarrassé si l'on devait citer, ne fût-ce qu'une seule bonne statistique dans le genre de celles que l'on possède au sujet de la diphtérie.

Le l'ail est que l'infection streptococcique n'es! pas une comme la diphtérie; les streptococcies sont multiples et elles revêtent les formes cliniques les plus variées* suivant l'organe touché j

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