INDICATIONS DU SÉRUM ANT [SCARLATINE UX
mitantes peuvent évidemment s'en trouver bien dans nombre de cas.
Le sérum de Moser n'est pas plus spécifique que celui de Menzer n'est spécifique dans la tuberculose ou le rhumatisme articulaire.
Menzer(l) a traité des tuberculeux par le sérum antistreptococcique en partant de ce principe que le streptocoque qui est souvent fréquent au début de la tuberculose, contribue à l'extension des lésions initiales.
11 a traité avec du sérum 22 tuberculeux, dont 11 étaient au premier degré et 3 au deuxième. Or, sur les 11 malades, il enregistre, sous l'influence du sérum antistreptococcique, 8 guérisons ; sur les 1 malades au deuxième degré — 1 guérison ; quant aux malades qui étaient au troisième degré, ils ont bénéficié seulement d'une augmentation de poids.
Menzer a traité également des rhumatisants avec du sérum antistreptococcique ; d'après lui, ce traitement est supérieur à tous les autres ; même les complications endocarditiques en seraient justiciables.
Du fait que l'on rencontre des streptocoques dans la tuberculose et dans le rhumatisme, et que les malades atteints de ces maladies peuvent se trouver bien du sérum antistreptococcique, il ne viendra à personne ridée de conclure à la spécificité de ces streptocoques; pas plus que Ton n'admettra jamais que le streptocoque que l'on rencontre dans la variole en est l'agent spécifique, si fréquente que soit sa présence dans cette maladie.
Si nous avons insisté un peu longuement sur le sérum antiscarlatineux, c'est aussi parce que les observations cliniques qui s'y rattachent constituent, en somme, une contribution à l'étude de la sérothérapie antistreptococcique, en général.
Le caractère épidémique de la scarlatine se prête évidemment mieux à une étude d'ensemble sur le sérum que toute autre maladie à streptocoque; mais il est certain aussi que si le sérum antistreptococcique peut rendre des services importants, c'est surtout dans les infections streptococciques généralisées dont le pronostic est généralement très grave ; malheureusement, vu le caractère sporadique de ces infections, il est difficile, sinon à peu près impossible, de réunir un grand nombre de cas qui seraient observés par le même individu, et dans des conditions comparables.
II appartient aux cliniciens de combler dans la mesure du possible
(1) Mûnchener mediz. Woch., i903, p. 1875; 1904, p. 1461.
282 A. BESREDKA. — SÉROTHÉRAPIE ANÎISTREPTOCOCCIQUE.
celle grosse lacune dans l'étude de la sérothérapie antistreplococcique.
Vaccin antiscarlatineux.
Pour terminer, il nous reste à dire quelques mots sur le vaccin antiscarlatineux.
En se basant sur l'analogie qui existerait entre la gourme des chevaux et la scarlatine, Gabritchewsky (1) eut l'idée de préparer un vaccin contre cette dernière maladie.
Ce vaccin est une culture en bouillon de streptocoque, isolé d'un cas de scarlatine, chauffée à 60° et additionnée de 0,5 p. 100 d'acide phénique.
Pour avoir beaucoup de corps de microbes sous un petit volume, Gabritchewsky centrifuge la culture, il décante une partie de liquide et n'en laisse que la quantité nécessaire, pour que chaque centimètre cube de vaccin renferme 0^r,005 de microbes secs.
On commence par injecter 0CC,5 de ce liquide vaccinal (enfants de deux à dix ans) ; on répète ensuite les injections encore deux fois, en augmentant chaque fois la dose de vaccin de 1 1/2 à 2 lois.
L'injection est généralement suivie d'une réaction locale et générale assez faible. Dans un certain nombre de cas, il a été constaté une éruption rappelant celle de la scarlatine, puis une angine. Gabritchewsky voit là la preuve de la spécificité de son vaccin.
11 estime que, en tout cas, que le streptocoque soit l'agent pathogène de la scarlatine ou qu'il ne joue qu'un rôle secondaire dans cette maladie, ce procédé de vaccination par les cultures chauffées, « constitue un moyen à la fois nouveau et peu cher pour lutter contre une des maladies les plus graves de l'enfance ».
Or, on ne saurait pas, jusqu'à nouvel ordre, partager l'optimisme de l'auteur, quant à l'efficacité de son vaccin.
En effet, si même il était démontré que, au moyen des streptocoques chauffés, on arrive à vacciner contre la gourme, il ne s'ensuit pas encore que le même procédé soit applicable à la scarlatine qui n'a qu'une ressemblance assez éloignée avec la gourme.
Pour que le vaccin de Gabritchewsky soit efficace dans la scarlatine, il faut, avant tout, que le streptocoque soit pour quelque chose dans L'étiologie de celle maladie. Mais admettons même pour un instant, que Le streptocoque est l'agent pathogène de la scarlatine; rien ne prouve que l'on réussisse à vacciner contre cette maladie aveedes cultures chauffées de streptocoque. Ne savons-nous donc
(I) Centralbl. f. Bakter., I. Origin., p. 719, tel. Berlin. Min. Wochenschr., 1907,
VACCIN ANTISCARLATJNEUX. 283
pas que les infections à streptocoques sont précisément celles dans lesquelles, contrairement à la majorité des infections microbiennes, on n'arrive pas à vacciner les animaux (les souris, par exemple), au moyen de cultures mortes ?
Pour toutes ces raisons, on ne peut guère s'empêcher de formuler les plus grandes réserves sur l'avenir du vaccin antiscarlatineux àe Gabritchewskv.