BACTÉRIOLOGIE
examine Lamatière à 1 état frais. Vingt-quatre heures après la ponction lombaire, il est rare d'en trouver encore dans les leucocytes. Dans ceux-ci et même aussi dans les cultures, on l'observe le plus généralement à l'état de diplocoque immobile à côté duquel on trouve assez souvent des formes de tétrades. Le méningocoque prend facilement les teintures ordinaires, mais ne se laisse pas teindre d'après la méthode de Grandi Les affirmations contraires, qu'on trouve ici et là, dans la littérature, proviennent sans doute de ce que le méningocoque se colore avec une intensité variable : c'est-à-dire que, dans une seule et même préparation on trouve, à côté de spécimens bien colorés, d'autres qui le sont moins bien ; il faut admettre que ces derniers représentent des formes dépéries ou des coques à l'état d'involution. De même, la taille en est assez variable.
En ce qui concerne la culture, qui est loin d'être facile, il est nécessaire, surtout pour la première génération, de faire un ensemencement abondant. Gomme le microorganisme est essentiellement parasitaire, sa culture exige une température constante, l'obscurité et un milieu nutritif bien adapté. Au-dessous de 25° il n'y a pas de croissance et, à des températures basses, il dépérit très vite.
Pour l'ensemencement du matériel humain, il est absolument nécessaire de faire usage d'une gélose contenant de l'albumine native. On se sert de préférence d'une gélose contenant soit du sérum (1), soit du liquide ascitique (2), soit encore un extrait de placenta (3).
Pourvu que ces différents milieux soient d'une alcalescence faible, mais bien marquée, on y observe une croissance assez abondante, avec des colonies d'apparence diaphane qui rappellent un peu les cultures des vibrions.
Dès les premières générations, le méningocoque s'adapte au milieu artificiel, de sorte qu'on peut le faire pousser sur la gélose à la peptone de Ghapoteaut. Toutefois, chaque fois qu'on a préparé une por-
(1) Mélanger, à la température de 40°, 1 volume de sérum stérile avec 1 ou "2 volumes d'une a 2 ou 3 p. 100.
d'; ! volume de liquide ascitique et 3 volumes de gélose (3 p. 100) mélangés à la température de 60*.
(3) On procède3 d'aprèfl Kutscher. en ajoutant sur un placenta finement haché, de l'eau en quantité double, pouï en faire, comme avec de la viande, un milieu contenant :
Gélose g,B [>. IÔ0.
Chlorure de soude 0,f'» —
Glucose 1,0 — .
Peptone Cbapoteaut -2,0 —
A 3 volumes de cette gélose, d'alcalescence moyenne, on ajoute encore un volume de térum bovin chauffé .:i Oir.
tion nouvelle du milieu de culture, on observe une légère perturbation dans la croissance, qui ne tarde cependant pas à redevenir régulière après une ou deux générations. Tandis qu'une addition de glucose au milieu nutritif facilite la croissance, la glycérine ne lui est pas favorable. Dans du bouillon contenant du sérum ou du sang, le méningocoque se met à pousser également, bien qu'avec quelque difficulté; de môme sur la pomme de terre et dans le lait, qu'il ne fait pas coaguler.
Diagnostic bactériologique.
Comme, en général, le mucus de la gorge contient, même chez les individus sains, des diplocoques non colorables d'après la méthode de Gram, le diagnostic différentiel présente certaines difficultés. Le méningocoque n'étant guère pathogène pour les animaux qui servent d'ordinaire aux expériences, il faut avoir recours pour l'identification à deux signes assez caractéristiques : la fermentation et Y agglutination.
1° Von Lingelsheim, qui a étudié à fond la biologie du méningocoque et des formes qui lui sont apparentées, a fait observer, que, dans un milieu contenant du glucose ou du lactose, le méningocoque seul produisait de la fermentation. Pour le démontrer, il se servit d'un milieu nutritif contenant de la teinture de tournesol, qui rougit par suite de la production d'acide durant la fermentation. A 135 centimètres cubes d'un mélange liquide de trois volumes de gélose à 3 p. 100 et d'un yolume de liquide ascitique, on ajoute 15 centimètres cubes d'une teinture de tournesol, contenant du glucose ou du maltose à 10 p. 100.
Le dit phénomène est un trait caractéristique et de grande importance, s'il s'agit de distinguer le méningocoque des autres parasites de la gorge plus ou moins inoffensifs, tels que le Diplococcus pharyngis flavus et le Micrococcus catarrhalis. Tandis que ce dernier, qui se trouve presque toujours dans la cavité naso-pharyngienne, ne produit jamais d'acide, le premier en produit quelquefois des traces dans les milieux cités plus haut.
2° En second lieu, c'est Y agglutination qui nous sert à distinguer le méningocoque «les autres coques qui lui ressemblent. Dans ce but, on sesert du sérum d'un cheval immunisé par des injections de méningocoques provenant de différentes races. Comme le sérum d'un cheval normal donne parfois, dans des dilutions faibles. L'agglutination, les contrôles avec ce sérum ne peuvent jamais être omis, d'autant moins <|ne le pouvoir agglutinatif des différentes races est très Yariable. Pour ce qui concerne la technique, on observera seulement
DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE. 287
l'agglutination macroscopique, soit en gouttes sur porte-objet, soit en éprouvettes et, non seulement après une ou deux heures, mais aussi après vingt-quatre heures. Comme nous venons de le dire, l'intensité du phénomène varie beaucoup chez les différentes races et il arrive que, dans un seul et même sérum, une race donne l'agglutination encore dans une dilution de 1 : 2000, tandis qu'une autre ne le donne plus à 1 : 500. Dans ce dernier cas, une augmentation de la température stimule quelquefois l'agglutination à un tel point qu'on a observé des races qui n'agglutinaient qu'à la température de 55° (Kutscher).
L'agglutination s'obtient le mieux de la façon suivante : Mettons dans plusieurs éprouvettes 1 à 2 centimètres cubes des différentes dilutions du sérum agglutinant, et comme contrôle les mômes dilutions de sérum d'un cheval normal. Dans chaque tube, nous ajouterons ensuite une anse de culture fraîche, en la broyant finement. Les éprouvettes sont mises à l'étuve, et l'on fixe le résultat après deux heures et après vingt-quatre heures. Le sérum spécifique donne l'agglutination dans des dilutions bien plus fortes que le sérum normal.
"Nous avons déjà fait remarquer que la pathogénie du méningocoque \is-à-vis des animaux est en général très faible. Par des passages répétés ou bien par la culture en surface sur du bouillon, additionné de sang, le méningocoque devient quelquefois très infectieux pour la souris. Quant à la toxine, qui se trouve dans les corps des bactéries (endotoxine), on l'obtient, soit par filtration de vieilles cultures sur bouillon, soit en faisant un extrait aqueux (eau distillée) des cultures fraîches (c'est-à-dire 2 centimètres cubes sur une boîte de Roux). La virulence d'une telle toxine est très labile et se perd quelquefois tout spontanément. De même, sa toxicité vis-à-vis des animaux varie beaucoup. En général 0,1 à 0,3 centimètres cubes injeclés lans le péritoine tuent le cobaye. Mais, pour produire le môme effet par la voie sous-cutanée, il faut une dose bien plus élevée.
Pour la recherche pratique du méningocoque on examinera, en premier lieu le sédiment du liquide céphalo-rachidien, qu'on obtient par la ponclion lombaire. Après l'examen microscopique (méthode de Gram , on l'ensemence sur un des milieux cités plus haut, afin d'identifier les cultures par les méthodes de la fermentation cl de L'agglutination.
Lu dehors du liquide céphalo-rachidien c'est surtout la muqueuse le la cavité naso-pharyngienne qui héberge les méningocoques. Pour les recueillir, nous nous servons d'un iil en platine, un peu ïlus long que 6elui <mi usaj:e pour l'examen bactériologique des
amygdales, fil qui porte à son bout recourbé un tampon d'ouate (fig. 20) qu'on fait avancer jusque dans le pharynx, en contournant le voile du palais.
Des examens très étendus faits parmi l'entourage des malades de méningite ont révélé un fait très important pour l'épidémiologie de
Fig. 20. — Fil de platine pour ensemencement de la cavité nasale.
cette maladie. Albrecht et Ghon avaient déjà trouvé le diplocoque à l'occasion d'une épidémie de méningite sur la muqueuse nasale d'un individu tout à fait sain. Ce fait s'est contirmé dans de nombreux autres cas et fut considéré comme preuve que l'infection se produisait surtout par le nez. De fait, le méningocoque se trouve régulièrement parmi l'entourage des malades méningitiques et s'y propage à un tel point, qu'il n'est pas rare que, pour un malade, on puisse compter soixante individus sains porteurs de coques.
Par conséquent une des conditions essentielles à observer dans la lutte rigoureuse contre la méningite, c'est de faire les examens bactériologiques de la plupart des personnes de l'entourage des malades, puisqu'il faut admettre que c'est précisément par ces individus apparemment sains porteurs de coques que l'épidémie se propage. Malheureusement, il n'est guère possible d'isoler ces personnes, ce qui serait le seul moyen efficace pour arrêter le développement de l'épidémie.
Anatomie pathologique.
Gomme le nom l'indique, les altérations anatomiques se trouvent surtout dans les méninges, qui paraissent, sur toute leur étendue, hyperémisées et sans reflets. L'espace subarachnoïdien se trouve rempli d'un liquide séreux ou purulent, souvent mêlé de flocons tibrineux, qui peut s'étendre jusqu'au bulbe et même dans le canal rachidien.
Des recherches, faites par Westenhofïer dans le but de trouver le lieu de l'inflammation primitive, ont fait constater que c'est en général la région de l'entrecroisement des nerfs optiques, la partie au-dessus de l'hypophyse et celle en dessous du tubercule cendré, qui doivenl être considérées comme lieux d'origine de la
ANATOMiE PATHOLOGIQUE. 289
méningite. C'est dans ces environs que le méningocoque se localise et qu'il se développe pour se répandre ensuite, en avant sur les nerfs optiques, latéralement sur les fosses sylviennes et la face inférieure des Lobes temporaux, en arrière sur l'isthme et le bulbe rachidien et enlin même sur la moelle épinière. Un fait digne de remarque, c'est que, dans les cas aigus, on ne trouve guère d'inflammation ou de pus aux alentours des bulbes olfactifs, au-dessus de l'os ethmoïde et à la surface inférieure des lobes frontaux.
Les parties de la dure-mère, qui, en passant du cerveau sur les nerfs, servent de couverture à ceux-ci, facilitent le passage de l'inflammation sur le tissu du nerf. De fait, les méninges des nerfs révèlent les mêmes altérations que celles du cerveau, avec la seule particularité que l'inflammation s'arrête souvent là où le nerf traverse la capsule osseuse. Néanmoins, il n'est pas rare que le processus continue et se propage entre les fibres nerveuses.
Ainsi la propagation à un des nerfs moteurs de l'œil peut causer un phlegmon de l'orbite ou une panophtalmie purulente.
Dans le tissu même de l'encéphale, on trouve principalement des hémorragies et des lésions locales. Les ventricules se remplissent d'exsudat purulent qui, dans les cas subaigus, change de caractère pour donner lieu à une hydrocéphalie interne.
Les voies respiratoires supérieures qui, très vraisemblablement, doivent être considérées comme portes d'entrée, présentent toujours une inflammation générale de la muqueuse, se propageant du pharynx au nez; une forte hypertrophie et hyperémie de l'amygdale du pharynx et un gonflement de la trompe d'Eustache. Le plus souvent, c'est une simple inflammation, caractérisée par l'hypersécrétion et l'hyperémie, mais ne produisant que rarement des bourbillons. Toutefois les vaisseaux lymphatiques paraissent gonflés et gorgés de lymphocytes, à tel point qu'on trouve de ces amas cellulaires encore dans la paroi musculaire du pharynx.
Parmi les cavités voisines, c'est surtout l'oreille qui participe à l'affection, et, comme Westenhôffer l'affirme, par une propagation directe des microbes à travers la trompe d'Eustache. C'est précisément cette otite moyenne qui est souvent cause de la surdité : à ce qu'il paraît, il existe des endémies méningitiques, dontle s\ niplùme principal est précisément cette affection de l'ouïe.
Lu dehors de tes symptômes, l'organisme ne présente guère d'autres anomalies que celles que nous sommes habitués de \<>ir presque toujours dans les autres maladies infectieuses.
Médic, microbiens. 19
290 WASSERMANN ET LEBEÎÎ. — MÉNINGITE ÉPIDÉMIQUE.
Symptomatologie clinique.
Pour ce qui regarde le tableau clinique de la méningite, nous ne pouvons en donner à cette place qu'une courte esquisse, d'autant plus, que le chapitre suivant, consacré plus spécialement à la sérothérapie, nous fournira l'occasion de revenir sur certains points. La méningite attaque surtout la jeunesse, les conscrits, les domestiques et, très souvent, des individus vivant nombreux ensemble, tels que les ouvriers mineurs. En ce qui concerne la disposition et les voies d'entrée du méningocoque, il faut tenir compte surtout de l'état lymphatique, que présentent la plupart des individus atteints de l'épidémie, chez lesquels, le plus souvent, on a observé une inflammation générale des voies respiratoires supérieures. Comme cette inflammation ne montre guère de prédilection particulière pour une seule et même partie de cette région, on admet à présent que le méningocoque peut entrer dans l'organismepartout où l'état de la muqueuse pharyngienne lui en procure l'occasion. Dès lors, il se propage, soit par les vaisseaux lymphatiques, soit par les vaisseaux sanguins pour se localiser le plus souvent à l'entre-croisement des nerfs optiques.
La maladie commence, le plus souvent, d'une façon aiguë, avec de la fièvre, des maux de tète et des vomissements. 11 n'est pas raie qu'avec des frissons la température s'élève brusquemment audessus de 40°. Un des premiers signes caractéristiques est la raideur de la nuque, qui empêche tous les mouvements de la tète. Bientôt, un ou deux jours après les premiers symptômes, il s'en développe un autre, non moins caractéristique, le phénomène de Kernig, qui consiste en ce que les jambes, par suite de l'hypertonie générale des muscles, se courbent, dès que le tronc se penche en avant.
En outre, on trouve des troubles de la part du système nerveux, de l'absence de connaissance, des crampes qui commencent sous la forme de convulsions cloniques et auxquelles succèdent, vers la lin. des convulsions toniques. Tous ces troubles, de même que ceux de l'œil et de l'ouïe, dépendent de la localisation et de la propagation que prend l'exsudat.
Souvent, après un ou deux jours, la maladie prend une fin brusque; mais il se peut aussi que sa marche se prolonge et prenne un caractère chronique. Dans ce cas, la fièvre est tout à l'ait irrégulière febris rcmittens), de même le pouls, qui est d'ailleurs accéléré. Gomme, dans cet état, les rémissions et les rechutes sont fréquentes, le pronostic est douteux, même dans les cas où, par rabaissement de la température et par l'amélioration de l'état général, on pourrai! s'attendre à une convalescence rapide et facile.
THERAPEUTIQUE. 291
C'est précisément chez ces individus que les complications ne sont pas rares, surtout de la part des organes de la vue et de rouie. A l'œil, on observe, outre les anomalies de la pupille, d'origine centrale, des ophtalmies et des irido-cyclites, dont la cause est sans doute une propagation du méningocoquepar les vaisseaux sanguins. Il en est de même de l'otite moyenne qui est souvent le premier ou même l'unique symptôme de la maladie.
De cette façon, il arrive que la méningite est de longue durée et qu'elle persiste pendant plusieurs semaines, pendant lesquelles se développent les complications avec des suites irréparables, telles que les altérations de la vue, de l'ouïe ou de la parole, ou même l'hydrocéphalie, qui s'explique par l'élévation de la pression cérébrale.
D'après ce que nous venons de dire, le diagnostic est facile chez les entants un peu plus âgés et les adultes et peut être posé d'après les symptômes cliniques et l'examen bactériologique. Chez les nourrissons, qui ne présentent que rarement la raideur delà nuque et le phénomène de Kernig, l'examen bactériologique décidera la question.
En tous cas, le pronostic est douteux et la mortalité, qui varie selon les différentes épidémies, s'élève à un pourcentage de 30 à 80.
Thérapeutique.
Aussi longtemps qu'on était réduit, pour le traitement de la méningite, à de simples moyens non spécifiques, tels que la morphine et l'aspirine, les guérisons étaient très rares et la maladie constituait un des plus terribles fléaux, pour les régions qu'elle affligeait.
(le fait, et notamment l'expérience qu'il est possible de produire dan- le sérum du cheval desagglutinines pourle méningocoque, furent le point de départ pour la recherche d'un sérum spécifique.
Nos expériences se fondant, en premier lieu, sur le sérum que nous avons obtenu d'après les données de Wassermann au service sérologique de l'Institut Royal pour l'étude des maladies infectieuses à Berlin, tout ce que nous avancerons dans la suite se rapporte à ce sérum et à son effet salutaire.
Fabrication du sérum. — La méthode que nous suivons à présent pour obtenir un sérum, éminemment antitoxique, est la suivante : lous traitons simultanément trois chevaux par des injections répétées, de façon que le premier ne reçoit que des microbes d'une seule ■t même race, le second reçoit coïncidem ment des bactéries de plu- Bieurs races, >oit cinq à six, et le troisième enfin est traité avec des extraits toxiques. Pour les deux premiers chevaux, traités avec des
cultures, on se sert toujours déjeunes cultures de vingt-quatre heures qu'on émulsionne dans de l'eau physiologique. Le premier traitement se fait avec demi-culture chauffée une demi-heure à 60° qu'on injecte sub-cutanément.
La fois suivante, on applique une culture entière de bactéries tuées, et, si celle-ci a été bien supportée, on commence avec les cultures vivantes, d'abord une demie, puis une entière. Enfin on remplace les injections sous-cutanées par des injections intraveineuses en commençant de nouveau par une demi-culture, pour monter consécutivement à deux, trois ou même quatre cultures entières. 11 va sans dire que, pour le cheval polyvalent, on mélange les différentes cultures et qu'on injecte de ce mélange une quantité proportionnelle.
Pour les extraits à appliquer au troisième cheval, nous nous servons de cultures fraîches sur boîtes de Roux, que nous délayons avec 22 centimètres cubes d'eau distillée stérile. Cet extrait est agité pendant quarante-huit heures, puis additionné de 0,5 p. 100 d'acide phénique, et centrifugé. On détermine la dose mortelle de ce liquide hyalin, sur des cobayes de 150 grammes, auxquels on injecte dans le péritoine 1,0, 0,5, 0,3, 0,2, 0,1 centimètre cube. Pour le traitement, on commence par injecter sous la peau du cheval la dose dix fois mortelle du cobaye. Gomme, avec ce traitement, le danger de Fanaphylaxie est assez grand, c'est seulement après un long traitement sous-cutané qu'on peut se résoudre à injecter la toxine dans les veines.
Les intervalles pour les différentes injections se déterminent uniquement d'après la courbe de la température. Dès qu'elle a baissé, on injecte la dose suivante, pour attendre ensuite une dizaine de jours avant de saigner ranimai. Mais rien n'empêche de répéter l'injection une troisième fois, et nous avons même constaté à plusieurs reprises qu'en procédant ainsi le pouvoir thérapeutique du sérum se trouve renforcé.
Mensuration et titrage du sérum. — Avant de se servir d'un sérum, il est absolument nécessaire d'en connaître la valeur. Dans ee but nous suivons deux procédés.
En premier lieu, nous déterminons, par la méthode de lîordet et Gengou, la quantité des substances sensibilisatrices, tout en étant persuadés que ce n'est pas là la méthode idéale.
Mais, à défaut d'un animal susceptible, cette mélhode nous a rendu un service utile et des résultats satisfaisants, parallèles à l'intensité du traitement préalable.
En second lieu, l'expérience sur le cobaye nous sert pour le mesurage du sérum anli-endotoxique du troisième elicval. Celui-ci peut