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RÉSULTATS CHEZ L'HOMME

leur conserver le plus longtemps possible leurs caractères. L'exactitude de l'affirmation de Ferran a été confirmée depuis, pour ce qui concernele pouvoir toxigène, et à l'heure actuelle les vibrions qui servent à la préparation de la toxine sont entretenus sur de la gélose à la température de la chambre. Aujourd'hui nous avons des méthodes qui nous permettent d'apprécier le pouvoir toxigène des vibrions. Il serait peut-être bon d'appliquer ces méthodes, et de préparer le vaccin d'après le procédé de Ferran, en utilisant les races reconnues les plus toxigènes.

Au point de vue théorique, l'efficacité de la vaccination anticholérique par les injections sous-cutanées de vibrions vivants a été dès le début vivement contestée et il faut bien reconnaître que la critique était facile.

La preuve expérimentale de la maladie vibrionienne et de la vaccination chez le cobaye, invoquée par Ferran, ne prouvait pas grand' chose, car l'infection du cobaye n'a aucune ressemblance avec le vrai choléra.

De plus, on a prouvé depuis que les cobayes fortement vaccinés contre les vibrions vivants ne possèdent aucune immunité contre le poison cholérique. Or, étant donné que le choléra est surtout un empoisonnement et que par conséquent seule l'immunité antitoxique pourrait mettre l'homme à l'abri de la maladie, comment admet Ire qu'une ou deux injections de vibrions sous la peau puissent lui conférer cette immunité antitoxique qu'on n'arrive pas à obtenir chez le cobaye avec des injections répétées pendant plusieurs mois ?

D'autre part, les quelques expériences directes sur l'homme et sur les animaux, faites en vue de mettreen évidence la valeur prophylactique des. injections préventives, ont constamment donné des résultats négatifs. Comme nous l'avons déjà vu, un certain nombre d'individus vaccinés par Ferran eurent, comme les non vaccinés, de la diarrhée après avoir absorbé du vibrion cholérique. A signaler, dans le nombre Pauli, un des collaborateurs de Ferran, qui avait reçu 13 inoculalions vaccinales.

En 1893, M. Metchnfkofif fit une nouvelle expérience: trois personnes dont deux avaicnl élé vaccinées par llatfkine lui-même (une avait reçu deux injections et l'autre une seule) prirent, après neutralisation de l'acidité gastrique, quelques gouttes d'une culture en bouillon de vibrion cholérique. Les deux vaccinés et la troisième personne, non vaccinée, présentèrent des troubles parfaitement comparables.

Dans ses recherches sur les spermophiles (un petit rongeur qui

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prend très facilement le choléra intestinal) Zabolotny a vu que les injections sous-cutanées de vibrions vivants ou morts n'empêchent pas les animaux de contracter la maladie par ingestion. Même insuccès dans le choléra intestinal des jeunes lapins à la mamelle, provoqué expérimentalement d'après la méthode de Metchnikoff.

A toutes ces objections et aux insuccès expérimentaux, Ferran et Haffkine répondent par les résultats pratiques obtenus.

Du mois d'avril au mois d'octobre 1885, lorsque le choléra sévissait en Espagne, Ferran et ses collaborateurs pratiquèrent sur 50 000 personnes exposées à la contagion 150 000 inoculations préventives.

De son côté HatTkine, aux Indes, pendant sa première campagne qui dura du mois d'avril 18913 à la fin août 1895, vaccina 42 197 personnes, et, depuis, le nombre des individus vaccinés par lui et ses collaborateurs s'élève à 150 000 environ.

Absolument convaincu de l'efficacité de son procédé, Ferran eut le tort d'entreprendre d'emblée la vaccination en grand, au lieu de prouver d'abord le bien fondé de sa méthode par des essais portant sur des groupements limités, dans des conditions nécessaires pour permettre un jugement définitif. Dans le nombre on trouve bien quelques exemples de cette nature ; mais ils sont véritablement trop rares, par rapport à l'immense majorité pour laquelle n'existe aucun détail.

Ceci explique comment, malgré les résultats, qui, dans leur ensemble, étaient sans aucun doute favorables à la vaccination, la méthode de Ferran n'eut que de très rares partisans et des adversaires nombreux.

Haffkine par contre, dès le début de ses essais, s'efforça d'appliquer la vaccination à des personnes faisant partie de groupements d'individus qui vivaient dans des conditions similaires et étaient placés sous la surveillance du service médical et sanitaire de l'Inde.

Dans chaque localité et dans chaque groupement seulement la moitié des individus était inoculée, l'autre moitié non inoculée servait de terme de comparaison.

Les nombreuses statistiques et les observations soigneuses faites par Haffkine, semblent prouver que les personnes inoculées se trouvent, à un degré considérable, à l'abri de l'infection naturelle du choléra.

Nous avons signalé les points expérimentaux qui sont encore obscurs dans la question des vaccinations préventives contre le choléra.

Cela n'empêche que devant les résultats obtenus, il soit très désirable que les vaccins de Ferran et de Haffkine continuent à

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être soumis à l'épreuve de la pratique. En raison de leur innocuité, les deux peuvent être recommandés avec confiance.

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