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TOXINE CHOLÉRIQUE

D'après cet auteur, l'action toxique des vibrions est due à un poison contenu dans les corps mêmes des microbes, et qui doit très vraisemblablement exister comme un des éléments constituant le protoplasma bactérien.

Ce poison, qu'il appelle primaire, se transformerait par Faction de l'alcool fort, de l'ébullition, ou d'un chauffage prolongé à 60°, en un poison secondaire beaucoup moins actif.

L'étude delà toxine cholérique en était là, lorsque ladécouverte du pouvoir antitoxique des sérums, et les merveilleux résultats obtenus parleur usage dans le traitement préventif du tétanos et le traitement curatif de la diphtérie, firent entrevoir la possibilité de combattre efficacement d'autres maladies infectieuses à l'aide de sérums an ti toxiques.

Le choléra, par ses caractères éminemment toxiques, est certainement parmi les maladies infectieuses celle qui présente les plus grandes analogies avec le tétanos et la diphtérie. Dans le choléra comme dans le tétanos et la diphtérie, le microbe n'envahit pas l'économie, et il agit en empoisonnant l'organisme par les produits toxiques qu'il élabore dans l'intestin où il pullule en grande abondance.

On pouvait donc espérer qu'une fois en possession de la toxine cholérique, il serait possible d'obtenir un sérum antitoxique efficace dans le traitement du choléra.

Pl'eiffer (1) se mit aussitôt à l'œuvre et poussa aussi loin que possible la vaccination des animaux (cobayes et chèvres) avec les corps de vibrions qui, seuls, pour lui, nous venons de le voir, représentaient le vrai poison cholérique. Le sérum ainsi obtenu par Pfeiffer se montra très préventif vis-à-vis de la péritonite vibrionienne, mais absolument nul au point de vue anlitoxique.

Essayé par Metchnikoff à titre préventif et curatif dans le choléra intestinal des jeunes lapins à la mamelle, ce sérum ne donna aucun résultat. Ce premier échec ne découragea pas les expérimentateur-. La vaccination par les corps des microbes s'étant montrée inefficace, on s'efforça de préparer une toxine cholérique soluble, a\anl de penser à attaquer avec chance de succès le problème d'un sérum antitoxique pour le choléra.

Ramson (2), le premier en 1895, annonçait qu'après beaucoup

ais, il était parvenu àextrairedes cultures cholériques en bouillon

un poison soluble d'une grande activité. Il affirmai! en même temps

il; ZeiUehHft.f. Hygiène, 1895, vol. XX. — Deulsch, med. Wochetië.', 1896. a01 7 8. utsch. med. Wochens., 1895, h" 5.

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qu'en accoutumant les animaux à l'action de ce poison il avait obtenu un sérum antitoxique.

Pfeiffer (1) s'éleva contre les affirmations de Ramson et, bien que celui-ci n'eût donné aucun détail sur la façon de le préparer, il affirma que le poison soluble obtenu par Ramson n'était pas la vraie toxine cholérique, mais sans doute une modification de celle-ci.

Quant aux propriétés antitoxiques du sérum, il ne les croyait pas supérieures à celles du sérum normal provenant de divers animaux.

Le mémoire de Metchnikoff, Roux et Salimbeni (2), dans lequel étaient indiqués tous les détails de la méthode qui leur avait permis de préparer la toxine cholérique soluble et d'obtenir un sérum antitoxique, parut quelques mois après.

Sans prendre parti en faveur de l'une ou de l'autre des opinions en présence sur la nature de la toxine cholérique, Metchnikoff, Roux et Salimbeni affirmaient cependant que la production de ce poison résistant à la température de l'ébullition et à effet très rapide chez les animaux sensibles, devait être considérée comme intimement liée au pouvoir toxigène du microbe d'une part, et d'autre part à la composition du milieu de culture et aux conditions spéciales dans lesquelles la culture est faite.

Le sang des animaux qui ont reçu de la toxine cholérique, disaientils, fournit un sérum dont le pouvoir antitoxique spécifique est d'autant plus actif que l'immunisation a été poussée plus loin.

Plus tard, Rrau et Denier (3), adoptant la technique de Metchnikoff, Roux et Salimbeni, ont obtenu sur un milieu spécial que nous décrirons plus loin une très bonne toxine cholérique.

Kraus (4) a pendant longtemps contesté tout pouvoir toxigène aux vibrions cholériques vrais.

Bien plus, en se basant sur le fait que le vibrion de Nasik, qu'il ne reconnaît pas comme cholérique, donne en milieu liquide un poison très actif, il en avait conclu que tout vibrion donnant un poison soluble ne devait pas être considéré comme un vrai cholérique.

Plus tard, en opérant avec des vibrions authentiques isolés par Brau en Indo-Chine, et que nous avons mis à sa dispostion, il a pu se convaincre que les vrais cholériques donnent aussi un poison soluble.

(1) Loc. rit.

(2) \iiii. del'Inst. Pasteur, L896, a» 5.

(3) Inn. del'Inst. Pasteur, 1906.

(4) Handbuch «ter Teûhnik n. Meihod die ftnnunitàtécharchung. Liyaditi el Kiiain. 1907, i». 177, 178 et suiv.

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