MÉTHODE DE METCHNIKOFF, ROUX ET SALIMBENI
La (oxine cholérique, que Kraus obtient en cultivant le vibrion sur le bouillon peptonisé, est loin d'être aussi active que celle obtenue par la méthode de Metchnikoff, Roux et Salimbeni ou par celle de Brau et Denier.
('/est à Tune de ces dernières qu'il faudra recourir de préférence pour obtenir la toxine cholérique devant servir à la vaccination des animaux, eu Mie d'obtenir un sérum antitoxique. Nous devons donc les décrire en détail.
Méthode de Metchnikoff, Roux et Salimbeni. — Ces auteurs ont montré, les premiers, que pour obtenir à coup sûr une bonne toxine cholérique il faut :
1° Un vibrion aussi toxigène que possible ;
2° Un milieu de culture approprié;
3° Des conditions de culture permettant un développement des microbes aussi rapide et aussi abondant que possible.
Choix du vibrion. — Au début de leurs recherches, Metchnikoff, Roux et Salimbeni s'étaient servis d'un vibrion dont la virulence avait été considérablement augmentée par la méthode classique des passages successifs dans le péritoine des cobayes. Le pouvoir toxigène de ce vibrion, très virulent, était à vrai dire minime.
C'est en le cultivant dans des sacs de collodion introduits dans la cavité péritonéale de cobayes, qu'ils purent très vite augmenter son pouvoir toxigène et l'entretenir.
Dans cette méthode des sacs, permettant de cultiver le vibrion in vivo et à l'abri des cellules de l'organisme, les auteurs avaient cru voir un moyen de renforcer et entretenir d'une façon générale, la toxicité des vibrions.
De nombreuses recherches comparatives leur montrèrent dans la suite qu'il est inutile de recourir à la méthode des sacs lorsque les Vilnious proviennent directement des déjections cholériques et n'ont jamais fait de passages par les animaux. De tels vibrions possèdent au maximum leur pouvoir toxigène qui varie souvent d'un échantillon à l'autre et qui n'est pas toujours en rapport avec la gravité de l'attaque du choléra qu'il a déterminée. Il n'est pas rare en effet d'isoler il<- vibrions très toxiques des cas de choléra tout à fait bénins, tandis que des cas de choléra très graves donnent parfois des vibrions très peu actifs sur les milieux de culture. De toute façon, Lorsqu'on rencontre un vibrion bien toxigène provenant directement d'un cholérique, ce qu'il y a de mieux à faire pour lui conserver le plus longtemps possible sa toxicité, c'est de l'entretenir par de rares passais
su!' la gélose à la température de la chambre.
La méthode des sacs garde toute sa valeur pour remonter la
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toxicité d'un vibrion dont le pouvoir toxigène serait affaibli par des passages chez les animaux. Les résultats sont moins bons quand il s'agit de vibrions affaiblis par un long séjour sur la gélose.
Milieu de culture. — La solution de peptoneà 2 p. 100, additionnée de 2 p. 100 de gélatine, 1 p. 100 de sel marin et 25 p. 100 de sérum de cheval convient très bien au développement du vibrion cholérique.
Comme peptone nous conseillons l'emploi de la solution obtenue d'après la méthode de Martin, par la digestion de 200 grammes d'estomac de porc dans 1 litre d'eau additionné de 10 centimètres cubes d'acide chlorhydrique pur. La peptone ainsi préparée donne des résultats plus constants que les peplones commerciales dont la composition est variable. 11 faut éviter avec soin, si l'on s'adresse à ces dernières, celles qui renferment des traces de sucre.
On ne doit pas ajouter le sel marin à la solution de peptones préparée d'après la méthode de Martin, car elle renferme déjà du chlorure de sodium dans les proportions voulues.
De toute façon, après avoir ajouté à la solution de peptone, de la gélatine dans la proportion de 2 p. 100, on chauffe à 100° pendant quelques minutes jusqu'à ce que la gélatine soit fondue et on alcalinise. L'optimum comme alcalinité est obtenu en ajoutant à la solution gélaline-peplone neutre au tournesol d'orcine, 12 centimètres cubes de soude normale par litre.
Le milieu alcalinisé est chauffé à l'autoclave à 115° pendant vingt minutes. Au sortir de l'autoclave, il est filtré sur papier, réparti en flacons de 500 centimètres cubes, gradués de 50 en 50 centimètres cubes et de nouveau chauffé à 110°-112° pendant vingt minutes pour le stériliser.
Une fois stérilisé, on le laisse refroidir avant d'y ajouter le sérum de cheval dans la proportion de 25 p. 100. Le sérum de cheval doit être vieux de trois semaines et il doit être resté une semaine au moins à la glacière au contact du caillot.
11 ne reste plus, pour que le milieu soit prêt à être ensemencé, qu'à le répartir dans les flacons-boîtes Roux à raison de 50 centimètres cubes par boîte, et à le chauffer pendant trois heures à 60°, pour détruire les substances bactéricides du sérum normal tic cheval qui gêneraient le développement des vibrions.
Conditions de culture qui favorisent la production de la toxine. — Metchnikoff, Roux et Salimbeni nul montre que, pour avoir une bonne toxine cholérique, il faut réaliser des cultures rapides, très abondantes, et en retirer la toxine àvantque celle-ci soit modifiée. Pour cela un milieu approprié ne suffît pas. Il faut encore que le milieu soit largemenl ûrisomemcé avec des microbes jeune* cl en