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MÉTHODE DE BRAU ET DENIER

pleine activité, et que la culture se fasse en couche mince et en large surface pour faciliter l'aération qui joue un rôle très important dans le développement des microbes et la production de la toxine.

Pour l'ensemencement on se sert de vibrions provenant de cultures sur gélose en boite Roux âgées de seize à dix-huit heures, mis en suspension dans quelques centimètres cubes de milieu.

Les vibrions provenant de la culture dans une boite Roux sont suffisants pour ensemencer quatre boîtes, soit 200 centimètres cubes de milieu.

La culture en couche mince et large surface est réalisée grâce à la forme des boites Roux et à la petite quantité du milieu employé (50 centimètres cubes par boite).

Pour augmenter l'aération, les boîtes sont agitées tous les jours pendant les quatre premiers jours au moins.

Une fois ensemencées, les cultures sont placées à l'étuve à 38°. Déjà après vingt-quatre heures un voile épais s'étend à la surface du liquide qui est fortement trouble dans toute son épaisseur.

Dès le deuxième jouron observe un léger dépôt glaireux qui couvre le fond de la boite et qui augmente de plus en plus jusqu'au cinquième jour, le liquide étant toujours très fortement et uniformément trouble.

A partir des troisième et quatrième jours, le liquide est manifestement toxique.

La toxicité augmente les jours suivants pour atteindre le maximum vers le septième jour. Elle diminue ensuite, à mesure que les cultures deviennent très alcalines et odorantes.

C'est donc au septième jour qu'il faut utiliser les cultures pour avoir un liquide toxique présentant son maximum d'activité. Il est absolument indispensable de les filtrer sur papier avant de les passer à travers une bougie Chamberland ou Berkfeld.

Méthode de Brau et Denier. — Brau et Denier ont obtenu surun milieu spécial une très bonne toxine cholérique.

Le milieu de Bran et Denier n'est autre chose que du sérum de cheval additionné de 10 p. 1 00 de sang de cheval défibriné, les deux vieux de trois semaines.

Au moment de -'en servir*, on chauffe le mélange à 60° pendanl trois heures, on ensemence largement et on filtre après sept jours d'étuveà 'M)".

La toxine obtenue sur ce milieu répond en tout aux caractères de relie obtenue par Metchnikoll', Roux et Salimbeni. On doit reconnaître cependant que, sur le milieu de Bran et Denier, le rendement toxique est plus constant, et cela tient très probablement

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à ce que la composition de leur milieu n'est pas sujette aux petites variations inévitables des solutions artificielles.

Propriétés de la toxine cholérique. — La toxine cholérique n'est pas modifiée par un chauffage à la température de l'ébullition pendant vingt minutes. Elle est au contraire considérablement affaiblie par un chauffage de vingt-quatre heures à 60° et par le vieillissement à la température ordinaire à l'air et à la lumière. A la glacière et à l'abri de l'air, elle garde au contraire très longtemps son activité.

Nous signalerons enfin que le poison cholérique dialyse à travers une membrane de collodion ; il est précipité de ses solutions par le sulfate d'ammoniaque et l'alcool fort.

Le liquide filtré, le septième jour de la culture, est alcalin et dégage une odeur spéciale. D'une manière constante on obtient une toxine qui fait périr sûrement le cobaye, en seize à dix-huit heures, à la dose de 1 centimètre cube. C'est la toxine d'activité moyenne qu'on a couramment.

Très fréquemment on obtient cependant des toxines tuant au 2/3 et au 1/2 centimètre cube ; exceptionnellement au 1/10 de centimètre cube.

Action de la toxine cholérique sur les animaux. — De tous les animaux de laboratoire les cobayes sont sans doute les plus sensibles à la toxine cholérique, surtout quand leur poids ne dépasse pas 250 à 300 grammes. Le poison agit aussi sûrement et aussi rapidement sous la peau que dans le péritoine. Ladoseminima mortelle tue en quatorze à seize heures, rarement en vingt-quatre à trente heures.

Une quantité deux ou trois fois plus grande amène la mort en six à dix heures. Avec des doses plus fortes ou avec de la toxine concentrée, les animaux meurent en quelques minutes. L'effet est vraiment foudroyant surtout si l'injection est faite dans la cavité abdominale.

L'abaissement de la température commence en général une heure après l'introduction de poison et il continue jusqu'à la mort. Lorsque celle-ci est imminente le thermomètre marque parfois 24 à 25°, Quelquefois, les animaux restent dans le collapsus pendant deux heures et plus, avec une température inférieure à 30°.

Si la quantité de toxine est trop faible, une élévation fugace de la température précède l'abaissement el ranimai se rétablit.

Les symptômes de l'empoisonnement cholérique par la toxine soluble sont très semblables à ceux qui suivent l'introduction des cultures vivantes de vibrion dans le péritoine du cobaye, mais ils surviennent plus rapidement. Aussitôt après L'introduction du poison

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soluble l'animal est triste, hérissé et pousse de petits cris. Puis son ventre est distendu et douloureux à la pression et il rend des excréments abondants et humides. Ses extrémités se refroidissent, le corps est secoué de petits frissons, la respiration devient courte et fréquente. Bientôt les membres restent inertes, l'abdomen est flasque, les muqueuses se cyanosent, la sensibilité s'affaiblit et la mort survient.

À l'autopsie on trouve au point d'inoculation un léger œdème gélatineux, parfois teinté de rouge. L'intestin grêle est hyperémié, distendu par un liquide diarrhéique. Le gros intestin n'offre rien de particulier. Les parois de l'estomac, le foie, la rate, les reins sont congestionnés ; les capsules surrénales, très rouges, présentent souvent de petites hémorragies. Les poumons n'ont aucune lésion.

Les lapins supportent mieux que les cobayes la toxine cholérique et il faut toujours recourir à l'injection intraveineuse pour tuer les lapins adultes dont le poids dépasse 1500 grammes. Les lapins intoxiqués présentent les mêmes symptômes que les cobayes, avec cette différence que, chez eux, la température ne descend guère au-dessous de 30°, et que la diarrhée est la règle. Les lésions sont les mêmes dans les deux espèces ; cependant le contenu du gros intestin des lapins est toujours fortement diarrhéique.

Le rat, la souris, le pigeon et la poule sont pour ainsi dire insensibles au poison cholérique.

Immunisation des animaux. — C'est aux grands animaux et de préférence au cheval qu'il faut s'adresser pour préparer un sérum antitoxique. Il est en effet très difficile de vacciner les petits animaux (chèvre, lapin, cobaye), et d'autre part le pouvoir antitoxique de leur sérum est toujours très faible.

Sous la peau, la toxine cholérique même à petite dose est très mal absorbée et elle détermine toujours des œdèmes considérables qui durent longtemps.

D'autre part, l'immunité ne s'établit que très lentement et le pouvoir antitoxique du sérum reste toujours faible.

Ou a donc, à tous les points de vue, grand avantage à recourir dès le début aux injections intraveineuses.

Il faut, bien entendu, commencer avec de foutes petites doses, et, à cause de la forte alcalinité du liquide toxique, il est bon de le diluer dans son volume d'eau physiologique stérile.

On répète l'injection lorsque le cheval est complètement rétabli, cl ou augmente les doses en tenant compte de la réaction thermique et des troubles amenés parla dernière injection.

On arrive ainsi peu â peu, en «iv moi* environ, à luire rapporte*1 Médic. microbiens, 14

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aux animaux la dose vaccinale maxima, dose qu'on ne peut pas dépasser sans risquer de les tuer. Celle-ci varie suivant la sensibilité individuelle des animaux entre 50 et 60 centimètres cubes.

Peu après l'inoculation, les animaux présentent du tremblement, des coliques, de la diarrhée ; ils sont tristes, abattus, refusent la nourriture et se couchent très souvent. En même temps la température monte à 40° et plus ; mais dans une vaccination bien conduite, elle tombe, à la suite d'une forte transpiration, huit à dix heures après l'injection.

11 faut, nous le répétons encore une fois, attendre jusqu'au rétablissement complet de l'animal avant de faire une nouvelle injection.

11 faut aussi peser les animaux et, si l'on constate un amaigrissement notable, il vaut mieux suspendre momentanément tout traitement. Si tout va bien, les injections vaccinales peuvent être répétées tous les huit à dix jours.

Les saignées sont faites la première douze et la seconde seize jours après la dernière injection. Les sérums de la première et de la deuxième saignée ont le même pouvoir antitoxique.

Propriétés du sérum auticholérique. — Le sérum des animaux immunisés contre la toxine cholérique est à la fois agglutinant, précipitant, préventif et antitoxique.

Mélangé in vitro avec des vibrions vivants, il les agglutine ; mélangé, toujours in vitro, avec de la toxine, il détermine la formation d'un précipité plus ou moins abondant suivant l'activité du sérum et les proportions du mélange.

Injecté préventivement, en même temps et, dans certaines limites, après une inoculation de vibrions, il est capable de prévenir et guérilla septicémie vibrionienne.

Jusque-là le sérum préparé avec la toxine ne diffère pas sensiblement du sérum préparé par Pfeiffer avec les vibrions tués et vivants. Mais tandis que ce dernier n'exerce aucune action sur le poison cholérique, et est absolument inactif vis-à-vis du choléra expérimental des jeunes lapins, le sérum préparé avec la toxine neutralise l'action de la toxine cholérique soluble, et agit efficacement à titre préventif et curatif dans le choléra intestinal des lapins à la mamelle.

Sur 27 petits lapins traités préventivement par Metchnikoff (1) 15 survécurent; sur 37 témoins des mêmes nichées, 8 seulement ne prirent pas le choléra.

ii) Ann. de li/tsL Pasteur; Itddj II* Il

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