DOSAGE DE L'ACTIVITÉ DU SERUM
Sur 18 lapins qui reçurent le virus cholérique en même temps qu'on leur injectait du sérum, 8 survécurent; tandis que sur 21 lapins témoins, des mêmes nichées, il n'y eut que 5 survivants.
Dans les deux séries, l'efficacité du sérum est indiscutable : 44p. 100 de mortalité parmi les traités préventivement avant l'ingestion du virus ; 5o p. 100 parmi les traités au moment de l'ingestion du virus. La mortalité parmi les témoins fut de 84 p. 100 dans la première série et de 76 p. 100 dans la deuxième.
D'une façon générale, nous pouvons dire que les différentes propriétés du sérum anti toxique sont d'autant plus fortes que l'immunisation a été poussée plus loin.
Au cours de la vaccination, ce sont les propriétés agglutinantes et préventives qui apparaissent les premières ; plus tard seulement le sérum devient précipitant et enfin antitoxique.
Le sérum d'un animal fortement immunisé est toujours plus agglutinant in vitro qu'il n'est préventif vis-à-vis de la péritonite vibrionienne; plus antitoxique vis-à-vis de l'intoxication cholérique expérimentale qu'il n'est précipitant in vitro. Cela veut dire en d'autres termes que le pouvoir préventif n'est pas fonction exclusive du pouvoir agglutinant, comme le pouvoir antitoxique n'est pas fonction du pouvoir précipitant.
Dosage de l'activité du sérum auticholérique. — Rien de plus simple que de doser le pouvoir agglutinant, précipitant et préventif du sérum.
11 suffit, pour avoir des résultats constants et comparables, de faire agir le sérum sur une quantité toujours la même de virus ou de toxine.
Pour le pouvoir agglutinant nous prenons toujours 1/20 d'une culture sur gélose âgée de dix-huit heures de vibrions vivants mis en suspension dans 1 centimètre cube d'eau physiologique stérile. La plus petite quantité de sérum capable de déterminer en deux heures à 37° l'agglutination complète des vibrions et l'éclaircissement du liquide, représente le titre agglutinant du sérum mis à l'étude.
Le litre préventif est représenté par la quantité minima du sérum qui, mélangée à une dose dix fois mortelle de vibrions, sauve le cobaye qui reçoit le mélange dans la cavité péritonéale.
Pour déterminer enfin le titre précipitant, on cherche la quantité minima de sérum qui, mélangé in vitro à I centimètre cube de toxine, amène la formation d'un trouble é\ident.
Quant au pouvoir antitoxique, nous devons reconnaître que jusqu'à présent, les différents auteur- se sont contentés de constater
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l'existence de l'antitoxine, sans trop se préoccuper de la question du dosage.
Il n'y a pas bien longtemps, une série de recherches personnelles(l) nous ont permis de constater qu'en aucune façon la méthode préconisée par Erlich pour le dosage du sérum antidiphtérique, ne peut être appliquée à la détermination du pouvoir antitoxique du sérum anticholérique. La faiblesse de la toxine et de l'antitoxine, les bases toxiques qui se trouvent dans les liquides, à côté delà toxine, et qui peuvent à elles seules, lorsqu'on dépasse une certaine dose, amener la mort de l'animal, s'opposent à l'application de cette méthode.
Autrefois Metchnikoff, Roux et Salimbeni faisaient leurs essais de la façon suivante :
A une quantité donnée de sérum, ils ajoutaient des quantités progressivement croissantes de toxine, dont ils avaient au préalable déterminé la dose minima mortelle, et ils injectaient le tout sous la peau de cobayes. — D'après les résultats, ils disaient que tel sérum à la dose de 1 centimètre cube, par exemple, protège un cobaye contre n doses mortelles de toxine. La méthode était évidemment très simple, mais les résultats, nous avons pu nous en convaincre dans la suite, sont loin d'être constants.
En effet, en faisant agir sur des toxines d'activité différente une quantité, toujours la même, d'un même sérum, nous finîmes bientôt par nous apercevoir que, dans de telles conditions, l'activité antitoxique du sérum était très variable. Il nous arrivait par exemple de constater que 1 centimètre cube d'un sérum qui neutralisait quatre doses d'une toxine, dont la dose minima mortelle pour un cobaye était égale à 1 centimètre cube, pouvait en neutraliser cinq et six d'une toxine tuant au 2/3 de centimètre cube et pas plus que deux à trois d'une toxine ne tuant qu'à la dose de 2 centimètres cubes.
Nous avons constaté en outre, que, pour une toxine de n'importe quelle activité, il fallait en proportion une quantité beaucoup plus grande de sérum pour neutraliser quatre doses mortelles que pour en neutraliser deux. Ceci bien entendu en prenant l'animal comme réactif. Ainsi un mélange toxine et sérum, inoffensif à la dose de 2 centimètres cubes, amenait la mort du cobaye injecté à la dose de 3 et 4 centimètres cubes.
Pour avoir des résultats constants et toujours à peu près comparables, voici la méthode que nous avons adoptée :
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