‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 29 sur 185 · IMMUNITÉ ET RÉCEPTIVITÉ VACCINALES · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ ET RÉCEPTIVITÉ VACCINALES

pourtant, môme riiez les enfants issus de mères varioleuses ou vaccinées, on rencontre rarement l'immunité. Une mère vaccinée peut donner naissance à des enfants varioleux, la maladie « touche le fruit sans toucher à l'arbre »; et, des enfants issus de mère vaccinée à la fin de la grossesse, 51 sur 63 (Behm) et 44 sur 50 (Dubiquet), prennent le vaccin le plus légitime. De même la variole de la mère laisse le fœtus sensible à la vaccine, à moins que cette dernière ne se trouve à la période de dessiccation ou de cicatrisation au moment de la naissance; encore dans ce cas l'immunité est-elle rare (Auché et Delmas) et, suivant Lop, disparaît-elle après six à dix-huit mois (1).

Pour l'immense majorité des sujets, l'immunité est acquise, soit par une vaccination antérieure, soit au prix d'une atteinte de variole. Un sujet vacciné ou variole se trouve être réfractaire à la variole et à la vaccine.

Mais cette immunité n'est pas indéfinie, au moins est-il rare qu'elle soit permanente. Chez la plupart des sujets, après une première vaccination, suivie de quelques années d'immunité, on voit réapparaître l'aptitude à contracter la variole, comme aussi l'aptitude à prendre à nouveau le vaccin (récupéravité vaccinale). L'immunité vaccinale n'a donc qu'une durée limitée : sur ce point, tout le monde est d'accord. Par contre, les opinions diffèrent davantage quand il s'agit de préciser cette durée. En moyenne, dans nos pays, et dans Je jeune âge, elle persiste sept à dix ans, mais ce n'est qu'une moyenne, sujette à des variations individuelles fort étendues : chez certaines personnes, une seule vaccination maintient l'immunité indéfiniment; chez d'autres, on voit la vaccine prendre peu de temps après une première vaccination positive (de douze mois à cinq ans d'après H. Roger). Ce sont des exceptions, qui n'infirment pas les données de l'observation séculaire. En dehors de ces variations individuelles, d'autres causes peuvent intervenir : ainsi il est admis que la vaccination protège l'adulte beaucoup plus longtemps qu'elle n." protège l'enfant, fait qu'on explique par la rénovation incessante et rapide des tissus chez ce dernier. Elle protège moins longtemps dans \i'< pays chauds que dans nos climats tempérés ; les observations à l'appui abondent, cl sont sufflsammenl démonstratives pour qui- l'Académie ait demandé la revaccination tous les trois, quatre ou cinq ans en Algérie, alors qu'elle se fail tous le- di\ ans seulement

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lante en temps d'épidémie (Teissier), l'organisme devenanj alors

il) Bran, Zeitsch. f. Geburt. und Gynzkologie, vol. III- - I»' biqi m. Thèse Lille, 1890. -Ai i m et Delmas, Archives cliniques de Bordeaux I S94. Lop, G ai. des hôpitaux , 1894.

ce

60 E. SACQUÈPÈE. — VACCINATION ANTIVARIOLIQUE.

plus sensible à la vaccine, de même que le « génie épidémique » le rend plus vulnérable à la variole. En tout cas, dans nos pays, il est certain qu'une partie (15 à 25 p. 100, Saint- Yves Ménard) des enfants vaccinés dans l'enfance sont à nouveau susceptibles de contracter la vaccine pendant la période scolaire, de huit à treize ans; plus tard, lors du service militaire, le nombre des succès s'accroît singulièrement, atteignant 50 à 60 p. 100. Rien ne démontre mieux la récupéravité vaccinale, le retour de l'aptitude à contracter le vaccin —et aussi la variole; et, comme corollaire, rien ne démontre mieux non plus la nécessité des revaccinations.

D'ailleurs, la récupéravité vaccinale n'apparaît pas seulement à la suite de la vaccine, car cette dernière ne fait que suivre en cela l'exemple de la variole. On aurait pu croire que cette dernière, maladie générale grave, immunisait d'autant mieux qu'elle est plus sévère : il n'en est rien ; Ja variole peut récidiver, et de même les anciens varioleux sont parfaitement aptes à contracter la vaccine. Chez d'anciens varioles, les vaccinations à l'armée donnent 44 p. 100 (Vaillard), 52 p. 100 (Molitor) de succès. Chez eux aussi, les revaccinations sont nécessaires.

La vaccine n'immunise pas pour toujours; elle n'immunise pas non plus tout de suite. Entre le moment où le sujet est inoculé, et le moment où le même sujet se trouve être réfractaire à la variole et à la vaccine, il s'écoule un certain temps. Ce temps d'attente a été nettement précisé par une série d'expériences précises, élégantes, souvent répétées depuis les premiers essais de Mongenot. On vaccine un certain nombre de sujets; vingt-quatre heures après, on inocule la variole à l'un d'eux; quarante-huit heures après, on variolise un second; trois jours après, un troisième, et ainsi de suite. La variole évolue, comme la vaccine, chez les sujets inoculés pendant les quatre premiers jours; elle avorte en partie (absence d'éruption secondaire et d'accidents généraux) si l'inoculation variolique est faite cinq jours ou plus après l'inoculation vaccinale. Elle avorte Complètement quand la variole est inoculée onze jours après la vaccine (Mongenot, Sacco). C'est donc au onzième jour plein qu'es! acquise l'immunité variolique. Dans la pratique, il ne faut pas oublier que ces expériences indiquent le moment où la variole devient incapable de contaminer l'organisme vacciné, el non le moment où elle ne peut plus se déclarer; entre la contamination et l'invasion, il faut compter l'incubation, c'est-à-dire en moyenne <li\ à treize jours. C'est donc seulement vingt et un à vingt-quatre jours après l'inoculation vaccinale que le sujet sera mis à l'abri île L'apparition de la variole.

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