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PURIFICATION, CONTROLE ET RÉGÉNÉRATION DU VACCIN

sur la génisse et le transporter immédiatement sur la peau humaine. Procédé excellent, journellement employé (Ghambon à Paris, Layet à Bordeaux), bien vu du public, auquel ne répugne pas un peu de mise en scène. Les résultats sont très bons, estimés par les uns (Titeca, Molitor) inférieurs, par les autres (Ghambon, Antony, etc.) supérieurs à ceux de toute autre méthode. Mais son utilisation est nécessairement restreinte à l'entourage immédiat des centres vaccinogènes.

Dans la pratique, il faut conserver le vaccin, tant pour constituer des réserves en vue des épidémies que pour l'expédier à distance. On a pensé à utiliser dans ce but la lymphe, liquide qui s'écoule quand on comprime la pustule, mais sa virulence est faible et très instable. L'expérience a montré que les parties actives de la pustule résident essentiellement dans la « pulpe » obtenue par le raclage. Gette pulpe peut être desséchée, réduite en « poudre vaccinale » et conservée ainsi pendant longtemps ; de semblables poudres sont parfois utisurtout pour les envois dans les pays chauds; mais elles sont souvent très impures; leur virulence est inconstante, leur préparation délicate et compliquée.

Aussi, dans presque tous les Instituts vaccinaux, prépare-t-on uniquement la pulpe vaccinale ylycérinée (produit du raclage de la pustule additionné de glycérine et broyé), fabriquée d'abord par le comité de Milan (Giaudo). La simplicité de sa préparation, la facilité et la sécurité de son emploi lui ont permis de se substituer rapidement aux autres procédés antérieurement employés; elle constitue en quelque sorte le mode « normal » d'emploi du vaccin. Employée fraîche, c'est-à-dire quelques jours après sa préparation, elle donne infiniment plus de succès que la vaccination jennérienne, beaucoup plu- aussi que la poudre ou la lymphe, et tout autant que la vaccination de pis à bras (Antony, Kelsch, etc.). Cette pulpe glycérl née se conserve très bien, en ce sens qu'elle n'est pas susceptible de se putréfier après sa fabrication, la glycérine jouant un rôle préservateur; quant aux propriétés virulentes, elles se maintiennent longtemps: des pulpes âgées de six mois (Antony), même d'un an (Ghambon et Menant) sont encore susceptibles de produire des pustules typiques.

Toutefois, il ne faut rien exagérer : la glycérine ne rend aucunement I'1 vaccin indélébile; peu à peu, la virulence de la pulpe glycérinée s'abaisse. S'il est vrai que des vaccinations positives ont pu être obtenues avec des pulpes très âgées, il est non moins certain que le- succès -on! d'autant moins nombreux qu'on s'éloigne davanlage de la récolte (Vaillard, Kelsch, etc.). Kelsch obtient 100 p. 100

de SUCCès avec les pulpes de un à dix jours, et 72,02 p. 100 siMilemcul Médic. microbiens; 5

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avec les pulpes de onze à cinquante-sept jours. Passé ce délai, l'atténuation serait encore bien plus marquée.

Il était nécessaire de faire cette remarque, car l'opinion générale, il y a quelques années, exigeait du vaccin animal un certain temps de conservation (un mois au moins, souvent deux et quatre mois) avant son transfert sur l'homme. On avait constaté, en effet, que le vaccin renfermait un nombre élevé de microbes — chose assez naturelle — étrangers à sa virulence spécitique, et provenant soit de la peau de l'animal, soit des manipulations [staphylocoques blanc, doré et citrin ; microcoque porcelaine ; bacillus subtilis ; bacillus mesentericus, etc.). Il semblait donc nécessaire de procéder à une purification, car ces microbes étaient a priori supposés dangereux pour l'homme; on leur attribuait les inflammations locales qui accompagnent l'évolution de la pustule, on les supposait capables de méfaits bien plus grands, et par suite il y avait tout intérêt à s'en débarrasser. Or, la glycérine les fait disparaître peu à peu(Léoni ; Straus, GhambonetMénard; Vaillardet Àntony, etc.), de telle sorte qu'on n'en trouve plus après. quelques mois de vieillissement. Ace moment, la purification était accomplie et il n'y avait plus à craindre de réactions inflammatoires trop vives. Malheureusement, pour satisfaire la méthode et bien épurer le vaccin, il faut attendre une époque où sa virulence est singulièrement amoindrie, sinon anéantie J'ai montré (1), en effet, que riche de microbes au début, la pulpe glycérinée se débarrasse rapidement de la grande majorité d'entre eux; dans la suite, l'épuration est beaucoup plus lente, et n'est même pas toujours complète après dix-neuf mois. Sitôt après la fabrication, il y avait en moyenne 22233 germes par centimètre cube ; dans les quinze premiers jours, 2062; de quatre à dix-neuf mois, 826; de telle sorte qu'avec une pulpe de quelques jours, on n'inocule pas beaucoup plus de microbes adventices qu'avec une pulpe de quatre à dix-neuf mois. Cette rapidité d'épuration est également signalée par Kelsch. Elle montre tout au moins qu'il n'y a aucun intérêt à laisser « vieillir » le vaccin : ce vieillissement assure trop bien la stérilisation — car il stérilise tout, même le virus vaccinal. Dans l'armée, on emploie souvent du vaccin fraîchement préparé, de quelques jours à peine, sans qu'il en résulte aucun inconvénient. Et des auteurs fort autorisés restent fidèles à la vaccination de pis à bras, qui se montre régulièrement aussi efficace, bien qu'elle inocule inévitablement la flore bactérienne originelle tout entière.

Les remarques précédentes nous dispensent d'insister sur les

i-i i SKcuDtfMlKj Thèse de Lvon, 1806

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