‹ Médicaments microbiens (volume 2)Chapitre 47 sur 185 · PARALYSIES · texte numérisé non relu

PARALYSIES

la motilité revient peu à peu et la guérison est complète en quelques jours, plus rarement en quelques semaines. Les sphincters sont souvent les premiers à recouvrer leur tonicité. Ajoutons que le fait d'interrompre le traitement antirabique, de le poursuivre ou même de le îen forcer à l'aide par exemple d'injections intraveineuses, paraît absolument sans effet sur la marche de la paralysie. A titre exceptionnel, on peut voir cette paralysie se porter non sur la moelle mais sur les nerfs périphériques : facial, moteur oculaire commun en particulier, soit isolément, soit concurremment avec les nerfs des membres supérieur et inférieur.

La pathogénie de ces paralysies a donné lieu à des interprétations très différentes. On a voulu les expliquer par une association microbienne ou par une toxine étrangère à la rage ayant envahi l'organisme par la voie de la morsure ou par celle des émulsions. On a voulu y voir des manifestations hystériques ; à différentes reprises on les a considérées comme une rage paralytique d'origine canine, atténuée et guérie par les inoculations pastoriennes. Tel n'est pas notre avis. Ces paralysies sont attribuables aux émulsions vaccinantes elles-mêmes et aux substances virulentes qu'elles introduisent en grande quantité dans l'organisme. Le virus lui-même doit être mis hors de cause. C'est la toxine qu'il faut incriminer. Toutefois son action paralysante ne peut s'exercer que moyennant une idiosyncrasie tout à fait spéciale, idiosyncrasie indépendante de l'hystérie, de la neurasthénie, de l'émotivité et que ne peuvent faire prévoir en aucune façon ni l'âge, ni le tempérament du mordu. Le rùle majeur joué par cette idiosyncrasie rend la prophylaxie des accidents fort difficile. On conseillera aux personnes qui suivent le traitement d'éviter avec grand soin les refroidissements, notés dans plusieurs observations comme cause occasionnelle. L'existence d'une courbature intense avec sensation de faiblesse dans les membres inférieurs permettra de prévoir l'apparition de la paralysie. Le plus sage en pareil cas paraît être d'interrompre le traitement antirabique, quitte à le reprendre lorsque les accidents se seront amendés. Quant au traitement de la paralysie elle-même, hi strychnine peu! être indiquée; mais il semble que le médecin doive surtoul éviter toute médication active et laisser la maladie suivre son évolution naturelle vers la guérison (E. Houx). De toutes les observations dont on trouve la trace dans la littérature médicale environ 60 en 1908), deux seulement se sont terminées par la mort. Traitement antirabique et états morbides antérieurs. — On peut émettre sous forme d'axiome l'opinion qu'aucun étal morbide ne rontre-indique le traitement antirabique. Chez les per-

108 P. REMLINGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.

sonnes âgées, parvenues à un état avancé d'artériosclérose, il est assez fréquent de voir apparaître, au cours des inoculations, des vertiges, de l'insomnie, de l'anorexie, de l'amaigrissement et un degré assez marqué de faiblesse générale. 11 peut être indiqué alors de procéder avec quelque ménagement et de donner par exemple au malade vingt-quatre heures de repos tous les trois ou quatre jours. Moyennant cette précaution, la cure s'achève toujours sans encombre. Les accidents paralytiques ne sont pas plus fréquents chez les vieillards que chez les adultes.

Les enfants, même âgés de moins d'un an, supportent admirablement, quoi qu'on en ait dit, le traitement antirabique.

La grossesse n'est pas davantage une contre-indication, quel que soit le mois auquel survienne la morsure ; l'allaitement non plus.

Les vaccinations ne sont nullement contre-indiquées chez les albuminuriques, chez les diabétiques, chez les tuberculeux, les cardiaques, etc.. Chez les paludéens, il arrive fréquemment que le traitement antirabique réveille la diathèse et provoque de nouveaux accès. C'est généralement du quatrième au sixième jour du traitement que ces accès se produisent; ils sont bénins et cèdent rapidement à la quinine qui, employée préventivement, les empêche de se manifester. On voit quelquefois, sous l'influence du traitement, le paludisme réapparaître chez des personnes qui n'en avaient plus eu de manifestations depuis un très grand nombre d'années. Tels le virus de la peste bovine ou celui de la horse-sickness jouent visà-vis de la piroplasmose latente chez le bœuf et le cheval un véritable rôle d'agents provocateurs. On connaît les rapports étroits des virus de la rage, de la peste bovine et de la horse-sickness qui tous trois traversent les filtres.

Par la constipation qu'il détermine, le traitement antirabique a paru avoir, dans quelques cas, une influence heureuse sur certains états diarrhéiques.

La disparition des douleurs fulgurantes des tabétiques, signalée par Shembo, est peut-être plus sujette à caution.

Babès a observé que des neurasthéniques, des mélancoliques, voire des épileptiques, se trouvaient parfois notablement améliorés par le traitement pastorien. Le fait toutefois est loin d'être constant. Nous avons vu au contraire, chez une femme de cinquante-cinq ans. épileptique, très gravement mordue, le traitement intensif être suivi de crises subintrantes qui entraînèrent la mort.

Chez les hystériques, on observe assez fréquemment au cours du traitement antirabique des manifestations souvenl bruyantes ci tumultueuses. Le point do départ paraît en être la morsure avec la

Page 1