TRAITEMENT ANTIRABIQUE ET MALADIES INTERCURRENTES
crainte de ses conséquences, bien plutôt que le traitement lui-même. I ne suggestion appropriée en vient d'ordinaire facilement à bout. Il arrive que ces manifestations simulent la rage de façon plus ou moins parfaite et soient prises pour elle (hystérie rabiforme). Le diagnostic peut présenter les plus sérieuses difficultés et la confusion a été faite par les spécialistes les plus éminents. Dans les cas douteux, il ne faut pas se hâter d'émettre une opinion ferme ; au bout de quelques heures, la marche de la maladie, fatalement progressive, s'il s'agit de la rage, permettra de faire le diagnostic.
Traitement antirabique et maladies intercurrentes. — De même qu'aucun état pathologique ne dispense de soumettre au traitement antirabique les sujets chez lesquels celui-ci est indiqué, de même il n'existe aucune maladie qui, survenant au cours de la cure pastorienne, doive la faire interrompre.
Le traitement antirabique doit être poursuivi quoi qu'il arrive, quelle que soit la situation médicale ou extra-médicale qui se présente. il n'existe à vrai dire d'autre contre-indication à la continuation des injections que la survie dûment constatée de l'animal mordeur ou que l'apparition chez le mordu de la rage elle-même. Rappelons qu'en cas de paralysie, il est peut-être plus sage d'interrompre le traitement mais que ce n'est nullement indispensable. A part cela, la vaccination contre la rage est une lutte de vitesse entre le virus et le vaccin ; toute interruption de traitement peut permettre au virus de devancer le vaccin ; cette considération doit primer toutes les autres et faire poursuivre la cure dans tous les cas, malgré le surcroit de fatigue et d'ennui qui peut en résulter pour le patient. Le flux menstruel, l'apparition d'une pneumonie, d'une lièvre éruptive, d'une dothiénentérie, l'accouchement même doivent faire poursuivre les injections. Le traitement antirabique n'exerce du reste sur toutes les maladies intercurrentes qui peuvent se présenter d influence d'aucune sorte; il n'est ni utile, ni nuisible, il est indifférent. Inversement ces maladies n'ont aucune action sur le traitement; elles ne diminuent en rien son efficacité; il est par conséquent inutile de l'atténuer ou de le renforcer; il convient de ne le modifier en aucune façon.
110 P. REMLINGER. — VACCINATION ANTIRABIQUE.