LE TRAITEMENT PEUT-IL DONNER LA RAGE
sains son! absolument exceptionnelles. Par conséquent, l'immense majorité des mordus par des loups qui suivent le traitement antirabique a bien été mordue par un animal enragé. Or, c'est à 15,20 p. 100 que la méthode pastorienne classique est arrivée à abaisser la mortalité à la suite de morsures de loups. A Bucarest, Babès es) arrivé à réduire à 6,06 p. 100 cette même mortalité.
On peut résumer les bienfaits de la méthode pastorienne en disant :
Que personne mordue par un chien enragé a une chance sur 6 de succomber à la rage si elle ne subit pas le traitement, et une chance sur 200 si elle se soumet aux inoculations. Cette chance tombe même à 1 p. 400 et à 1 p. 1000 dans les Instituts qui fournissent une mortalité très faible de 0,25 p. 100 à 0,10 p. 100. — Une personne mordue par un loup enragé a 1 chance sur 1,66 de prendre la rage,
I chance sur 1,11 si elle a été mordue à la tète. Si cette personne se soumet aux inoculations par la méthode classique, ses chances de mort tombent à 1/5 ou à 1/6. Elles atteignent même 1/15 si le traitement suivi est la méthode intensive, telle qu'elle est appliquée à l"lnstitut de Bucarest.
Les bienfaits de la méthode pastorienne étant clairement établis, nous devons discuter une question souvent posée aux médecins : Le traitement antirabique est-il capable de donner la rage? A cette question, nous en ajouterons une autre d'invention plus récente : Le traitement antirabique est-il capable de favoriser le développement de la rage chez une personne en incubation ?
Le traitement antirabique est-il capable de donner la rage?
Le traitement antirabique n'a-t-il jamais donné la rage? 11 sciait téméraire de l'affirmer. On se rappelle l'émotion soulevée en 1889 par Bareggi qui, commençant d'emblée le traitement antirabique par du virus fixé, vit cinq personnes succomber à la rage paralytique. Il n'est pas certain que Ferran qui employait un procédé de vaccination spécial demeuré secret ou tout au moins incomplètement publié, n'ait pas .1 eu à déplorer de faits semblables. On peut affirmer par contre que le traitement antirabique tel qu'il est pratiqué actuellement dans la totalité des Instituts est incapable de donner la maladie. Le vaccin en effet esl injecté sui\ant une échelle de virulence bien graduée qui faisait totalement défaut dans les inoculations de Bareggi.
II importe de faire observer aussi que le virus usité en 1889 par cel auteur était loin d'être adapté' à l'organisme du lapin comme le virus en usage actuellement qui, au commencement de 1008, provienl
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d'un 800e passage. Nous avons énuméré déjà les arguments de nature à montrer l'innocuité presque absolue pour l'homme de ce virus fixe désadapté de son organisme comme de celui du chien. Il va de soi cependant que cette innocuité ne doit pas être considérée comme tout à fait complète. Bien qu'elle autorise une certaine haï diesse dans les vaccinations en cas de morsure grave, elle ne doit pas inciter à faire commencer d'emblée le traitement par des moelles très virulentes. Un Institut qui se départirait des règles de prudence que les cas malheureux de Bareggi doivent inspirer pourrait être parfaitement dangereux.
Le traitement antirabique peut-il favoriser l'apparition de la rage chez une personne en incubation?
La question de la nocuité du traitement pastorien s'est présentée récemment sous une nouvelle forme. On sait que les virus-vaccins (charbon, rouget, charbon symptomatique, pasteurelloses) sont loin d'être inofTensifs chez les animaux en état d'infection latente. Les microorganismes qui sommeillaient reçoivent un coup de fouet du fait de la vaccination et la mort s'ensuit rapidement. Elle ne se serait pas produite si les animaux n'avaient pas été vaccinés. 11 existe les plus grandes analogies entre les vaccins précités et le vaccin antirabique. N'est-on pas dès lors en droit de se demander si les mêmes accidents ne sont pas, à titre exceptionnel, il est vrai, susceptibles de se produire avec lui? Nilsch, comparant la chronologie de 140 cas de mort chez des personnes ayant subi le traitement antirabique à Paris, à Varsovie et à Cracovie et celle de 100 décès par rage chez des personnes non soumises au traitement pastorien, est arrivé à cette conclusion que la mort se produit plus tôt chez les personnes traitées et que les longues incubations sont plus fréquentes chez celles qui ne se soumettent pas au traitement. On conçoit l'argument qu'on pourrait tirer de ces faits contre la méthode pastorienne. Cependant ils sont grevés d'une cause d'erreur importante, car l'incubation de la rage est d'autant plus courte que les morsures sont plus graves. Or ce sont les morsures bénignes qui échappent au traitement et les morsures graves qui lui sont soumises. Du reste la statistique de l'Institut antirabique dé Constantinople donne un résultat diamétralement opposé à celui des Instituts visés par Nitsch. En Turquie, la mort se produit plus tardivement chez les personnes traitées et les longues incubations sont plus rares chez celles qui n'onl pas suivi le traitement. In grand nombre de laits cliniques prouvent en outre que la méthode