PRÉVENTION DU TÉTANOS CHEZ L’HOMME
sont do nature variée, les spores sont associées à des bactéries diverses, toutes conditions qui peuvent favoriser leur germination plus ou moins rapide. Le sérum confère alors une assurance éventuelle contre les risques d’intoxication résultant de la végétation du virus, et, par là, donne aux phagocytes comme au chirurgien le délai nécessaire pour accomplir l’œuvre qui leur incombe.
Mais cette assurance est limitée dans le temps; elle dure tant que l’antitoxine se trouve présente et circule en quantité suffisante, c’est-à-dire une semaine environ chez 1 homme. Après ce délai, si la culture du virus se poursuit encore au foyer de la blessure, la toxine sécrétée ne trouvera plus d’anlitoxine pour la neutraliser et produira ses effets habituels. Si, au contraire, la provision d’antitoxine est renouvelée en temps opportun, la préservation seia prorogée pour un nouveau laps do temps. De là 1 absolue nécessité de réitérer les injections de sérum tant que persiste le foyer d où peut sortir le tétanos. Encore faut-il aussi que le sérum soit donné à dose suffisante. L’expérience montre, en effet, que la quantité de sérum n’est pas indifférente. Des doses fortes protègent mieux que des doses faibles. Une habitude arbitrairement prise fixe à 10 centimètres cubes la quantité de sérum à employer ; il conviendrait de doubler, de tripler même la dose de la première injection dans ces cas de traumatismes graves, propices à 1 infection tétanique et latalement exposés à la suppuration ultérieure.
On ne peut prétendre que le sérum préservera toujours infailliblement; les données expérimentales démontrent le contraire. Lorsque l’infection tétanique évolue dans les muscles, la préservation des cobayes est très aléatoire, même presque impossible si le corps étranger infectant (écharde) demeure fixé dans la plaie; outre que la phagocytose s’effectue mal dans ces conditions, la richesse des éléments nerveux (nerfs, plaques moLrices terminales) favorise l’absorption et le cheminement de la toxine par des voies où l’antitoxine ne semble pas pouvoir pénétrer. La préservation est aussi incertaine lorsque la culture du bacille se fait en un loyer viscéral ou hémorragique. D’autre part, chez l’animal imprégné de substances microbiennes diverses, le composé atoxique sérum + toxine peut se dissocier en libérant un poison encore actif; cette éventualité ne pourra-t-elle se produire chez le blessé au cours des incidents septiques dont une plaie grave est le siège? Enfin le tétanos peut éclater très tardivement après la blessure, jusqu’à 87 jours, comme dans un des cas de Terrier. 11 serait donc puéril de ne point prévoir des insuccès possibles, puisqu’ils surviennent dans les faits expérimentaux. On ne doit pas demander au sérum cette certi-
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Inde absolue qui n’appartient guère aux phénomènes d'ordre biulogique parce qu’ils soûl soumis à des condilions individuelles ou à des contingences dont notre esprit ne saisit pas toujours les effet'.
Même dans les circonstances où le tétanos est sut venu malgré le sérum, ce dernier n’en procure pas moins quelque bénéfice au blessé, car souvent alors la maladie est rendue plus bénigne. 35 cas envisagés à ce point de vue par Berger « ont donné 10 morts et 10 guérisons, cest-à-dire une proportion de guérisons infiniment supérieure à celle que l’on observe dans la majorité des cas de tétanos développés en l’absence d’injections préventives ». L’avantage est encore appréciable.
Mode d’emploi du sérum à titre préventif. — Le sérum doit intervenir aussitôt que possible après le traumatisme et la dose de la première injection doit varier avec la nature ou la gravité de ce dernier. Pour les blessures peu profondes, régulières, facilement accessibles aux soins antiseptiques, 10 centimètres cubes suffisent habituellement. Pour les plaies confuses, profondes ou souillées de corps étrangers, pour les blessures anfractueuses avec mortification des tissus et foyers hémorragiques, les écrasements, les fractures ou luxations compliquées, il est indiqué d’injecter d’emblée 20 à 30 centimètres cubes de sérum, car la quantité comme la qualité de l'antitoxine contribue au succès de la préservation. Les risques de tétanos sont particulièrement à redouter dans les traumatismes graves quj s’accompagnent si fréquemment de suppurations prolongées ou d’autres accidents septiques. Aussi est-il nécessaire de renouveler l’injection de sérum à des périodes convenables pendant tout le temps que le danger d’infection tétanique subsiste; et l’on sait, par les exemples précédemment cités, que le tétanos a pu apparailre de trente-neuf à quatre-vingt-sept jours après la blessure. Des observations faites sur l’homme ont montré que la quantité d’antitoxine introduite avec le sérum demeure à peu près stable pendant près d’une semaine pour tomber ensuite rapidement en deux à six jours. L’est donc avant la fin de la première semaine, et ensuite hebdomadairement qu'il conviendra de réitérer le sérum. Si la dose initiale a été de 20 à 30 centimètres cubes, il suffira de 10 à 15 centimètres cubes pour les injections subséquentes.
L’emploi du sérum scc saupoudré à la surface de la plaie ne saurait être substitué à l’injection sous-cutanée du sérum liquide. L'absorption du sérum sec peut se faire sur une solution de continuité laissée à nu (Calmctte), mais elle n’est plus assurée lorsque la plaie est recouverte par un pansement ordinaire (Tuffier); confier à ce seul moyen la prévention du tétanos serait une imprudence.