PRÉVENTION DU TÉTANOS CHEZ L HOMME
L’injection préventive ne dispense en rien des soins les plus minutieux qu’exige le traitement des plaies. Celles-ci seront expurgées c tous les corps étrangers qui les souillent, des caillots sanguins qu elles renferment. L’antisepsie doit être aussi parfaite que possible mais, sous le prétexte de viser à la destruction des germes, elle ne doit pas
aller jusqu’à détruire ou amoindrir là vitalité des éléments cellulan es,
dont l’intervention est indispensable dans la lutte contre 1 infection
'0I Anaphylaxie . — La question de l’anaphylaxie ayant été parfois posée à l’occasion des injections préventives, il est bon de rappeler (iue l'on doit en tenir compte dans la pratique de la sérothérapie.
Une personne qui reçoit du sérum étranger quelconque pour a première fois n’en éprouve aucun ciïet fâcheux, même si la quantité introduite est considérable. Chez un certain nombre de sujets, du huitième au douzième jour, peuvent survenir les accidents sériques bien connus : fièvre, urticaire, éruptions variées, parfois arthralgies.
A partir du dixième jour environ, que les manifestations sériques se soient ou non produites, s’établit une modification de l’organisme qui peut persister pendant des mais et même des années. Elle se traduit par l’apparition rapide d’accidents sériques à la suite d’une nouvelle in jection. La tuméfaction locale, les éruptions, la fièvre, etc., peuvent se manifester aussitôt après l’introduction du sérum. Dans l’immense majorité des cas, les accidents se dissipent promptement ; on a cependant cité des exemples, très rares il est vrai, où iis deviennent graves et auraient même pu entraîner la mort par des troubles de la respiration et de la circulation.
Faudrait-il en conclure qu’il est dangereux de recourir à des injections répétées de sérum au cours d'une maladie ? Assurément non ; la pratique courante dans le traitement des afieclions auxquelles la sérothérapie s’applique est là pour le démontrer. Une seconde injection de sérum ne cause d’accidents sériques que si elle est laite de dix à douze jours après la première. Avant ce délai, elle ne présente aucun inconvénient; elle a même pour eiret de retarder la production de l’état anaphylactique, de sorle que l’on peut éviter indéfiniment ce dernier, en pratiquant une série d’injections à de courts intervalles, deux, quatre, six, huit jours par exemple.
Mais, lorsque la question se pose d’utiliser un sérum thérapeutique pou,r traiter ou prévenir une maladie, il faut toujours s’enquérir si le palient a déjà reçu du sérum antérieurement. S’il en est ainsi, on ne lui en injectera que dans le cas d’absolue nécessité. On pourra même, sans doute, éviter au sujet tout accident résultant de son état d'anaphylaxie, en employant un des procédés qui ont si bien réussi