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PREMIERS ESSAIS DE BACTÉRIOTIIÊRAPIE

18 cas traités avec des comprimés de levure stérile dans 4 seulement il n’a constaté aucun effet, tandis que, dans tous les auties il a été observé un effet laxatif plus ou moins fort. On ne pouvait remarquer aucune différence notable de cette médication pai rapport à la levure vivante. Même les symptômes concomitants, tels que le mal de ventre et le ballonnement, se montraient moins prononcés. » L’eflicacité de la levure doit, d’après Roos, dépendre de quelque substance irritante sur les intestins, qu’elle renferme.

1 e Dr Roos a essayé aussi l’action laxative des colibacilles, obtenus en culture sur gélose et avalés dans des capsules kératinisées. Sur cinq personnes qui souffraient de légère constipation, deux n’ont éprouvé aucun effet de cette « baclériotherapie », tandis que chez les trois autres l’absorption des colibacilles a provoqué des selles quotidiennes molles. A la suite de cette première expérience, deux dames constipées ont suivi le meme traitement. Chez l’une d’elles l’effet a été très marqué, tandis que chez l’autre il a été nul.

L’administration des colibacilles tués par la chaleur n'a amené aucun résultat, ce qui a fait dire au DrRoos que l’effet favorable de ce microbe à l’état vivant est dû « à l’activité des bactéries dans les

intestins » (p. 1482).

Résumant, dans son traité des «Maladies de Indigestion », les expériences de Roos, le professeur Ewald (1) conclut qu elles n ont donné qu’un « résultat indécis » et ajoute, à propos de 1 idée de l'emploi thérapeutique des microbes, les mots suivants : « 11 est étonnant où peut mener une tète avide de nouveautés »., Le choix des colibacilles et des levures ne peut être considéré comme particulièrement heureux, mais l’idée directrice de cette théiapeutique microbienne ne doit nullement être rejetée pour cela.

Tandis que le Dr Roos cherchait dans la bacteriothérapie un moyen pour guérir la constipation, le Dr Brudzinski (2), de ^ arsovie, appliquait le même principe dans le traitement de certaines diarrhées infantiles. Son travail a été exécuté dans le service du professeur Escherich.

Comme point de départ, Brudzinski s’est arrêté sur une expérience de Baginsky, dans laquelle le Bacterium lact'S aeroyenes a empêché, in vitro, le développement d’un microbe qui liquéfie fortement la gélatine et qui doit être rangé dans le genre Protcus. Ayant établi que, dans les maladies intestinales des nourrissons, les matières fécales renferment souvent ce microbe, Brudzinski a eul idée dap-

(1) Klinik der Verdauungskrankheilcn, vol. III, Berlin, 1902, p. 122.

(2) Jahrbuch fur KinderhMkun.de, N. F. LU. Ergünzùngsheft, 1000, p. 409.

Médic. microbiens, 2e édit. -

18 M ETC UNI KOI' F.

U ACTÉ Kl OTIIÉ HA PI K 1 N Th ST J .N'Ahh .

pliquer à litre «le traitement des cultures pures du liaclerium lacti » aerogenes.

1 rois nourrissons atteints de diarrhée fétide, dont deux renfermaient des «] i juii t i lés de l’mleus vuhjaiis , tandis que le troisième en était indemne, lurent traités avec des cultures du Bacterium lueti » aerogenes dans du petit-lait. Peu de jours après le débutdecelte thérapeutique, les matières fécales avaient perdu leur odeur fétide et étaient devenues acides. Aussi les nourrissons n’ont pas lardé à guérir. Dans un cas, l’enfant était presque moribond au début du traitement, et cependant, après 1 absorption «les cultures du liaclerium laclis aerogenes, les selles ont perdu leur fétidité, les Proteus et le bacille pyocyanique disparurent, el la guérison ne se fil pas attendre.

Persuadé que, dans ces diarrhées, le Proteus joue le rôle d’agent étiologique, Brudzinski conclut de ses observations que» la victoire du Bacterium lactis aerogenes sur le Proteus a enrayé le mal (p. ^79). Et cependant, il a établi lui-même des faits qui ne permettent pas d attribuer au Proteus une grande importance étiologique. Il a soigné à l’hôpital un enfant atteint de <' colicolilc typique », c'est-à-dire de dysenterie, dont les selles contenaient de telles quantités de Proteus qu'il a été impossible d isoler n importe quel autre microbe. Malgré cela, les matières fécales n'étaient point tétides, mais répandaient une odeur de sperme. L abondance du Proteus pourrait taire croire a son rôle étiologique dans un cas où le mal a été sûrement causé par le bacille de la dysenterie.

L absence de recherches de la flore anaérobie marque l’insuffisance du côté bactériologique du travail, mais n'enlève nullement l'importance des essais thérapeutiques du Dr Brudzinski. 11 y a lieu de s étonner qu il n ait pas été fait d’autres tentatives dans la même direction.

Nous voyons donc qu'à la tin du xixc siècle les bases de la bactélio thérapie avaient déjà été posées et qu’elles avaient donné lieu à quelques applications intéressantes.

IV- Bases empiriques et scientifiques de la bactériothérapie intestinale

La bactériothérapie des maladies intestinales repose sur deux bases fondamentales. La première est fournie par l’emploi courant de certains aliments qui, étant le produit des fermentations, contiennent une grande quantité de microbes. La seconde base est établie par des recherches scientifiques sur la concurrence entre les mi "tobes et 1 action antiputride do certaines fermentations.

BASES DE LA B ACTÉRIOTILËRAPIE INTESTINALE. 19

Le lait des ruminants et des juments, qui constitue dans beaucoup de pays un aliment d’importance capitale, subit facilement des fermentations spontanées donnant lieu à la production des Iromages et des laits aigris de toutes sortes. Depuis un demi-siècle, c’est-à-dire depuis le premier travail de Pasteur sur les fermentations, on a appris que tout lait fermenté est peuplé d'une quantité de microbes. Or, comme l’usage des laits, ayant subi des fermentations diverses, est très répandu depuis des temps immémoriaux, il a été possible de se rendre compte de l’effet de l'absorption de cette végétation microbienne sur l’organisme humain.

Il a été bien établi que les populations, qui consomment régulièrement des laits fermentés, jouissent en général d’une bonne santé, et que ces aliments ne sont nuisibles que dans des cas tout à fait exceptionnels, comme dans des exemples rares d’empoisonnement par des fromages avariés. 11 a été môme remarqué que certaine sortes de lait fermenté exercent une influence très favorable sur l’organisme affaibli par diverses causes, de sorte que l'emploi de ces aliments en thérapeutique date d’une époque où on n'avait aucune notion sur l'importance des microbes et où la microbiologie était loin d’être fondée.

Dans les pays de culture primitive où l’élevage des chevaux occupe une place prépondérante, la population consomme du koumiss ou lait de jument, ayant subi la fermentation alcoolique et lactique des matières sucrées. 11 a été facile d’observer que l’usage prolongé de celte boisson engraissait le corps et rendait de grands services dans la lutte contre les maladies du tube digestif et était même capable de favoriser la guérison de la tuberculose pulmonaire. Aussi, depuis très longtemps, les personnes atteintes de phtisie tuberculeuse se dirigeaient vers les steppes de Russie d’Europe et de Sibérie, pour faire des cures pendant des saisons entières. Bien que le koumiss soit loin d’être un remède spécitique de la terrible maladie, il a servi à un grand nombre de malades pour arrêter sa marche progressive. Remède d’abord populaire, le koumiss a attiré l’attention des médecins et est entré dans l’arsenal thérapeutique d’une façon durable. 11 a été établi que le koumiss est un aliment capable de réparer les pertes de l’organisme, qu’il contribue au dépôt de la graisse dans les tissus, qu’il diminue les sécrétions intestinales et exerce une aclion stimulante sur le cœur et les vaisseaux. En outre, on a bien constaté son aclion très favorable sur la fonction rénale La difficulté de se procurer du koumiss dans les pays de haute culture, où il n’y a plus de steppes et où l’élevage de la race équine est limité, a amené la recherche de quelque moyen, capable de le

20 MUTCHN tKOFF. — Il AC T fi RI OTHIÏRAI'IK INTESTINALE.

remplacer efficacement. Pendant un certain temps, on a préconisé la préparation du koumiss avec du lait de vache, mais cette technique a dû céder la place à l’usage du kéflr. Cette boisson est employée parmi lespeuplesdeCaucase.au même titre que le koumiss chez les habitants des steppes. Son usage s’est répandu depuis une époque très reculée, et son effet, favorable dans toute une série d<* maladies, a été constaté parles médecins russes résidant au Caucase qui en introduisirent l’emploi en Europe. Depuis une trentaine d’années, le kélir s’est répandu dans presque tous les pays civilisés et son action bienfaisante ne fait plus de doute. Il est d'usage courant de prescrire le kélir dans certaines maladies du lube digestif, des reins, et même dans la tuberculose pulmonaire.

A côté des laits ayant subi simultanément les fermentations alcoolique et lactique, on se sert d’autres, dans lesquels la production d’alcool est réduite au strict minimum ou est même absolument nulle. Tandis que le koumiss et le kélir son! des boissons mousseuses, les laits, soumis à la fermentation lactique seule, doivent être mangés avec la cuillère, à cause de leur consistance épaisse. C'est dans la péninsule balkanique et dans certaines régions de l'Asie et de l’Afrique que la consommation des laits aigris, préparés avec du lait de vache, de buffle, de brebis, de chèvre ou de chameau, est répandue depuis des temps très anciens. Ces laits aigris, connus sous le 110m deleben, yahourth, etc., renferment toute une flore de microbes, parmi lesquels prédominent les ferments lactiques. Beaucoup de renseignements aulhenliques concordent à attribuer à tous ces produits acides une action bienfaisante sur la santé.

Il faut donc considérer comme établi d’une façon certaine que la consommation prolongée des masses de microbes qui pullulent dans tous ces divers laits fermentés, non seulement ne peut être considérée comme malsaine, mais doit, au contraire, être jugée comme favorable pour l’organisme. Même les norurissous supportent très bien des quantités de microbes lactiques. Ainsi les paysans de la Frise employaient depuis longtemps le babeurre pour nourrir leurs enfants. Or, le babeurre cru contient une quantité de microbes. L’usage de cet aliment, tel qu’il est employé actuellement, ne peut pas entrer en ligne de compte, car on le fait cuire avant de le donner aux enfants.

La seconde base de la bactériothérapie est fournie par l'étude de la concurrence enlre divers microbes. Le fait établi par l'empirisme, de l’eff t antagoniste des acides contre les putréfactions, a servi de point de départ à toute une série de recherches bactériologiques. • Nous avons déjà cité dans le précédent chapitre l'opinion des pé-

BASES DE LA BACTÉRIOTHÉRAPIE INTESTINALE

diùtres sur le rôle empêchant de certains microbes contre le ProtonDes expériences plus approfondies ont été entreprises dans la même direction par d’autres chercheurs ; mais ce sont surtout les travaux du D'1 Bienslock (I), exécutés au commencement du siècle, qui ont, ajuste titre, attiré sur eux l’attention générale.

Depuis longtemps, on se demandait pour quelle raison le lait s'oppose à la putréfaction. On en cherchait la cause, tantôt dans la caséine, tantôt dans le sucre du lait, ou bien encore dans les acides qui se développent abondamment dans le lait après la traite. On envisageait donc le problème exclusivement au point de vue chimique, et on ne faisait pas attention au monde des infiniment petits qui peuplent le lait cru. C’est le mérite du 1> Bienstock d’avoir tenu compte de ces organismes. Après des expériences multiples, il est arrivé à ce résultat que le lait lui-même, avec tout son arsenal de substances chimiques, n’empêche pas les putréfactions. Aussi le lait sLérilisé ou même pasteurisé est non seulement incapable de remplir ce rôle, mais il pourrit lui-même avec la plus grande lacilité. Bienslock en conclut que ce n est pas le lait qui empêche la puliefaclion, mais quelque chose qui lui est étranger, c est-à- dire les microbes qui pénètrent dans le lait pendant et après la traite.

Après avoir examiné l’influence d’une quantité d espèces bactériennes, Bienstock arrive à ce résultat que ce ne sonl que les colibacilles et le Bacillus lactis aerogenes qui empêchent la putréfaction du lait et que, pour cette raison, ces deux espèces microbiennes « doivent être considérées comme la première et la véritable cause du pouvoir antiputride du lait ». L’ensemencement de ces microbes dans le lait stérilisé, auquel on ajoute des bactéries putréfiantes (telles que le Bacillus putrificus, le bacille du charbon symptomatique et le vibrion septique) empêche la putréfaction de la caséine.

Pour se rendre compte du mécanisme de cette action antagoniste, Bienstock a étudié l’influence d’autres microbes producteurs d’acide, tels que le Bacillus prodigiusus et le Proteus. Mais, malgré l’acide succinique qu’ils développent dans le lait, celui-ci ne tarde pas à se putréfier sous l’influence des microbes anaérobies. Bien que l’acidité du lait qui ne putréfie pas joue un grand rôle dans l’action antiputride, il doit y avoir, d’après Bienstock, d’autres facteursqui contribuent au même résultat et qui sont propres à deux espèces qu’il a principalement étudiées. Puisque ces microbes — colibacilles et Bacillus lactis aerogenes — sont des hôtes habituels du tube digestif, et puisque les putréfactions intestinales sont beaucoup moins pro-

(I) Arc hiv fiir Hygiène, 1001, vol. XXXIX, p. 090

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noncées que les putréfactions en dehors de l’inleslin vivant, fii«îii ~lock en conclut que ces deux espèces constituent une défense naturelle de l'organisme humain contre la pourriture intestinale, c'està-dire contre la pullulation dans notre corps des anaérobies pulréiiants, tels que le Bucillus putrificus.

Les expériences qui onl servi à celte théorie ont été vérifiées pai lissier et Martelly (t). Après avoir ensemencé du colibacille, eu même temps que du Bucillus putrificus, dans un milieu minéral (Ouchinsky-Krànkèl) contenant de la fibrine el du sucre, ils onl vu que la fibrine reste pendant des mois presque inaltérée, llsconr.luent que, dans ces conditions, ces bactéries (colibacille sont des espèces empêchantes 'p. 898). Seulement, ils pensent que la cause de ce! empêchement réside exclusivement dans l’acidité du milieu, résultat de la fermentation du sucre. Ainsi, lorsqu'ils supprimaient celui-ci de leur milieu de culture, la putréfaction se faisait sans arrêt. La fibrine subissait également la protéolyse dans le cas où Tissier el Martelly ajoutaient à leur milieu sucré du carbonate de chaux qui neutralisait l’acidité au fur et à mesure de sa production.

L’antagonisme établi par toutes ces expériences sur le colibacille et le bacille de la putréfaction, antagonisme déjà prévu par Escherich, n a fait que renforcer celte idée courante que le colibacille est un microbe très utile pour l’organisme, capable de le protéger contre l’action des microbes nuisibles. On avait même supposé qu il est. capable de s’opposer contre le vibrion cholérique et d’empêcher, par conséquent, de prendre le choléra. Le Dr Kolbrugge a même émis l'hypothèse que l’appendice vermiformede l'homme, servant comme pépinière du colibacille, doit être considéré partant comme un organe de grande utilité pour l'organisme.

Escherich et Pfaundler, dans leur grande revue sur tout ce qui concerne le colibacille (2), déclarent comme « incontestable le rôle important de ce microbe dans le tube digestif des nourrissons, et peut-être aussi dans d’autres cas où il s’agit d’empêcher la putréfaction » (p. 384).

L’examen plus approfondi des faits bien établis ne permet pas cependant d'accepter cette thèse si répandue. Tissier et Martelly ont déjà rappelé que Malvoz a souvent isolé le colibacille chez le cadavre en voie de putréfaction. Eux-mêmes l’ont trouvé dans tous les examens de viande putréfiée.

Dans les expériences de Bienstock, ce savant constatait toujours antagonisme réel du colibacille contre le lfacillus putrificus. Or,

<l).lmiales de l'Institut Pasteur, 1902.

(2) Koi.i.f. cl W assk nM \n> . Hnndhnch d. pnlhogcncn Microorganismen, vol. II. Joni.

BASES DE LA BACTÊRIOTHÉRAPIE INTESTINALE

d’après ses propres recherches, Bienstock (1) insiste sur 1 absence constante de ce microbe dans les putréfactions intestinales. Le rôle empêchant du colibacille ne peut donc s’étendre à cette cause des maladies du tube digestif. Dans l'étiologie de ces dernières, c’est plutôt le bacille de Welch ( Bacillus perfiïnijens de Veillon et Zuber) (|ui a une importance capitale. On l’a trouvé, ainsi que nous l'avons résumé plus haut, dans des cas d’entérite des nourrissons et chez les adultes. C'est lui qui attaque les albuminoïdes dans la putréfaction cadavérique de l'homme. Eh bien ! Tissicr et Martelly ont démontré l’impuissance du colibacille pour arrêter la pullulation du Bucillus W Ichii. Celte espèce, étant elle-même un ferment très actif du sucre, ne craint pas l’acidité produite par le colibacille. Aussi les deux microbes vivent très bien en symbiose, et on les voit concourir ensemble à la putréfaction de la paroi intestinale du cadavre humain. Bien qu’incapable d'attaquer les substances albuminoïdes propres, le colibacille détruit avidement les peptones et, devenant une so irce de production de corps aromatiques, de mercaptan, d’hydrogène sulfuré, il occupe une place marquée dans l’ensemble des phénomènes de putréfaction. Parent proche du bacille typhique et des bacilles paralyphiques, le colibacille est certainement capable de donner naissance à des toxines. Bien querelles qui lui ont été attribuées jusqu’à présenl dérivent en majeure partie du bacille de la dysenterie (toxines de Celli), il n’en est pas moins vrai que le colibacille authentique est un microbe toxique.

Quoique plusieui's des maladies, attribuées par plusieurs savants au colibacille, se soient montrées d’origine étrangère (dysenterie, fièvre paratyphoïde, etc.), il reste encore des cas nombreux d’affections de toutes sortes, parfois mortels, où le rôle étiologique du colibacille a pu être démontré avec les moyens les plus perfectionnés de la technique moderne. D’un autre côté, sa propriété pathogène résulte des expériences sur des animaux. Lorsqu’on inocule une suspension de matières fécales d’homme dans le péritoine de cobayes, ceux-ci meurent infectés exclusivement par le colibacille. De toute la flore intestinale si riche, il s’accuse donc, comme le plus virulent dans les conditions données.

Doué de faible pouvoir de protection cont e certains microbes putréfiants et impuissant contre les anaérobies de la putréfaction intestinale, le colibacille est un producteur de poisons et un véritable microbe pathogène. 11 estdonc bien temps de le détrôner de la place qu’on lui attribue couramment et de le désigner comme un ennemi

I) Anna/es fto /'Institut Pasteur , 1906.

MKTCHNIKOFF. — ilACTlî HIOTIIÉRAI'IK INTESTIN UJ

que nous nourrissons dans notre sein. De ce point de vue on comprend facilement le succès médiocre des tentatives thérapeutiques avec le colibacille, dont nous avons parlé plus liant, ain-i que les résultats des expériences de llerler ;1 qui a vu augmenter la pourriture intestinale chez des chiens auxquels il introduisait dans l’intestin grêle des masses de ce microbe.

.Mais, si le colibacille s'est montré impuissant à exercer un pouvoir protecteur sur notre organisme, il ne s'ensuit pas que d'autres microbes ne soient point capables de ce rôle bienfaisant. lissier 1 a déjà vu que son Bacillus bifidus, ce microbe anaérobie qui constitue de beaucoup la majeure partie de la dore normale du nourrisson au sein, empêche non seulement la pullulation des espèces anormales de l’intestin, mais exerce aussi une action antagoniste sur le colibacille. Celui-ci ne pousse dans des tubes ayant contenu le B. bifidus qu’à condition de neutraliser le milieu et d’y ajouter des peptones.

D’après les recherches de Tissier et Martelly (3), le B. bifidus et le streptocoque intestinal (ou l'entérocoque) arrêtent la putréfaction par le B. putrificus encore plus rapidement que ne le fait le colibacille. Voilà donc deux microbes qui pourraient exercer une action bienfaisante dans les auto-intoxications ou auto-infections intestinales d’une façon plus forte que le colibacille. Le premier, quoique particulièrement abondant dans les selles des nourrissons, n'a jamais pu être accusé comme cause d'aucune affection. Au contraire, son absence ou son développement insuffisant a été toujours constaté dans toutes sortes de maladies intestinales des petits enfants. La réapparition du B. bifidus dans les matières fécales est toujours de bon augure et constitue un signe de guérison. Tissier a donc à juste Litre signalé le rôle protecteur de cet anaérobie. Ce rôle est partagé par plusieurs autres microbes producteurs d'acide lactique, ainsi que le démontre une expérience des plus simples.

Lorsqu’on ensemence dans du lait stérilisé un peu de matières fécales d’homme et qu’on les laisse cultiver dans des conditions anaérobies, il se développe plusieurs microbes lactiques qui font coaguler le lait en formant un caillot large et souple, submergé dans du petit-lait blanc laiteux. La culture est riche en acide lactique et répand une odeur de lait aigri ordinaire. Au microscope, on distingue beaucoup de diplocoques, d’entérocoques, des bacilles, parmi lesquels souvent du B. bifidus. Le colibacille est plus rare et

(1) British medical Journal, 1897, p. 1898.

(2) Flore intestinale normale et pathologique des nourrissons. Paris. 1900.

(3) Annales dp l'Institut Pasteur , 1902, p. 898.

bases de la bactériothér apie intestinale.

les gros bàtonnels du II. W'IcMi ne se rencontrent qu’à Litre exceptionnel et en quantité minime.

Mais, lorsque l'ensemencement du lait stérilisé de même provenance a été fait avec la même quantité des mêmes matières fécales préalablement bouillies, la fermentation prend une loul. autre allure.- Au bout de vingt-quatre heures, le lait se coagule en formant un caillot spongieux et ferme, réduit, surnageant sur un liquide presque transparent. A l’ouverture du tube, il se produit une explosion des gaz, et il se répand une forte odeur d'acide butyrique. Au microscope, on constate une culture pure du B. Wakhii, entouré de halos très larges et très marqués. Ce procédé est le meilleur pour obtenir en très peu de temps une culture pure du B. Wclcliii.

L’expérience que je viens de relaterdémontre que, dans le lait avec des matières fécales non chauffées, le développement du JL Welchii cet anaérobie malfaisant et protéolytique, a été empêché par les microbes lactiques de la flore intestinale. Parmi eux, ce sont particulièrement les diplocoques lactiques qui se sont montrés doués d’une grande force antagoniste 11 a suffi d’éliminer ces microbes empêchants par le chauffage des matières fécales, auquel ont résisté les spores du B. Welchii, pour donner une culture abondante de ce dernier.

Le mécanisme d’action antagoniste des microbes lactiques vis-àvis du B. Welchii n’a pas encore été étudié d’une façon suffisante. Puisque cet anaérobie putréfiant est lui-même un grand producteur d’acide, il n’est pas probable que ce soit l’acide lactique ou cet acide seul qui l’empêche de se développer. Il doit y avoir autre chose qui le gène dans le lait, aussi bien que dans les intestins où il ne se rencontre généralement qu’en petit nombre d’individus. Peut-être s'agit-il ici de quelques produits thermolabiles, comme ceux décrits par Conradi et Kurpjuweit (1) qui interviennent dans cette lutte entre les microbes du tube digestif. Cette éventualité n’empêche pourtant d’aucune façon que la production d'acide lactique joue un rôle important dans l’empèchementdes put réfactions intestinales. Dans tous les cas, le fait que les microbes lactiques vrais exercent cette action d’une manière plus efficace que le colibacille (ne produisant relativement que peu d’acide), suffit pour justifier l’emploi des premiers comme antagonistes des putréfactions intestinales.

Dans cet ordre d’idées, il a été tout naturel de s’adresser à des microbes lactiques les plus puissants. Parmi tous les représentants connus, c’est le Bacille bulgare qui produit le plus fort rendement

(I) Miinchner meilieiniselie Wochenschrift, 1905. p. 2101, 222».

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d’acide lactique. Isolé presque en même temps à Genève par .Maisol et à l'Institut Pasteur par Gohendy et Michelson, il a fait le sujet de plusieurs recherches intéressantes. G. Bertrand et Weisweiler (1 ont étudié les modifications que ce bacille produit dans le lait et ont établi qu'il fournit 25 grammes d’acide lactique par litre. Les autres acides, tels que l’acide succiniqueet l’acide acétique, ne sont produits qu’en très petite quantité, pas plus de 50 centigrammes par litre. L’acide formique n’est produit que sous forme de traces. Par contre, le bacille bulgare ne donne ni alcool, ni acétone el n'attaque presque pas les substances albuminoïdes. De plus, c’est un microbe dénué de tout pouvoir pathogène. Par toutes ses qualités, il présente un intérêt particulier au point de vue qui nous intéresse.

Le bacille bulgare s’est révélé, non seulement comme un microbe capable d’arrêter la putréfaction des albuminoïdes, mais aussi comme un puissant antagoniste du colibacille, ainsi qu'il résulte du travail du Dr Bélonowsky (2), exécuté dans le laboratoire du professeur Salkowsky, à Berlin.

Le bacille bulgare n’entrave pas le développement du colibacille dansunbouillon de veau peploné.additionnéde lactose, maisempêche fortement l'attaque des matières azotées et la production des substances de la série aromatique. Cultivé seul, le colibacille produit le phénol en quantité faible, mais appréciable par la réaction de l’eau bromurée. Développé en symbiose avec le bacille bulgare, la production de phénol est nulle. La quantilé de l’indol produite par le colibacille diininuesous l’intluence du bacille bulgare, quelquefois jusqu’aux traces difliciles à révéler. La destruction des substances azotées est aussi diminuée en assez forte proportion dans les mêmes conditions de culture.

Le développement du colibacille et du bacille bulgare en symbiose ne change pas beaucoup la production des acides volatils, mais augmente très notablement celle des acides fixes et notamment de l’acide lactique.

Le Bacillus acidi lactici, étudié également par Bélonowsky, exerce aussi une action antagoniste vis-à-vis du colibacille, quoique beaucoup moins prononcée que celle manifestée par le bacille bulgare.

Plus récemment, Dobrowolskv (3 1 a démontré que le bacille lactique empêche dans les cultures le bacille paratyphique ^bacille coli lyphimorphe de Tissier) de produire du phénol et de l indol.

Le mécanisme intime de l’action antagoniste des microbes lactiques

(1) Annales de l'institut Pasteur, 1906, p. 979.

(2) liiochemisckc Zeitschrift, vol. VI, 1907, p. 231.

(3) Cos Annales dr l'Institut Pasteur. 1 0 10, p. 60.

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vis-à-vis du colibacille el des bacilles paratvphiques reste encore à élucider.

Les phénomènes qui se passent dans le tube digestif étant beaucoup plus complexes que ceux que l’on observe dans des vases à fermentation, il a été nécessaire d’étudier la lutte entre les microbes de la flore intestinale dans l’organisme vivant. Cette tâche a été poursuivie par Bélonowsky (1) dans un travail exécuté dans notre laboratoire. Ce chercheur a étudié l’influence des cultures pures du bacille bulgare sur des souris. U ajoutait à leur nourriture, après l’avoir stérilisée, des quantités de ce microbe lactique, développé dans du lait. Parallèlement, il nourrissait d'autres souris avec de la même nourriture (graines île froment) à laquelle il ajoutait du lait coagulé par l’action de l'acide lactique, en quantité égale à celle du lait qui se trouvait dans la culture du bacille bulgare, ou bien il ajoutait des microbes non lactiques ( Bacillus prodi'jio'nis ou B. pyocyani'iue). Un lot de souris était conservé à titre de témoinset ne recevait que la nourriture ordinaire sans microbes ni acide lactique.

De toutes les souris ainsi traitées, celles qui avaient reçu du bacille bulgare se développaient le mieux et donnaient la progéniture la plus nombreuse. Leurs déjeclions se distinguaient en même temps par la moindre quantité de microbes et surtout par la rareté des microbesde putréfaclion.

Après avoir établi ces faits, Bélonowsky a soumis un certain nombre de souris à un régime dans lequel les cultures du bacille bulgare vivant étaient remplacées parles mêmes microbes préalablement lués à ;i0-60°. Dans ces conditions, les souris vivaient presque aussi bien qu’avec des cultures vivantes et notablement mieux qu'avec l’acide lactique. Il existe doncquelque autre produit du bacille bulgare qui empêche les putréfactions intestinales el qui agit favorablement sur les fondions vitales des souris.

Nous avons observé deux lots de vieilles souris, dont les unes mangeaient des graines de froment additionnées de sucre, tandis que les autres mangeaient en plus du bacille bulgare. Ces dernières souris ont de plusieurs mois survécu aux premières, bien que le lot des témoins fût choisi parmi les souris ayant l’aspect plus vigoureux.

L’organisme des souris étant bien di lièrent de celui de l’homme, il a été important d’établir, si les ferments lactiques sont capables d’exercer leur rôle bienfaisant dans notre tube digestif La première expérience dans ce sens a été faite par te D1' M. Cohendy (2) sur lui-

(1) Annales de VInslifut Pasteur , 1007, p. 991.

(2) Comptes rendus de la Société de biologie , 17 mars 190(1.

28 METCHNJ l<OFF. BACTERIOTJIERAPIE INTESTINAL!-:.

même. Après avoir l'ail déterminer la quantité des éthers sulfoconjugés dans son urine pour se rendre compte de l'intensité des putréfactions intestinales, pendant une période de vingt-cinq jours, lorsque Gohondy suivait le régime normal, il s'est mis a ab-mrberderulturespuresdu bacille bulgare dans le lait Pendant une période <!<• 7 i jours, il en prenait des quantités variant de 280 à 350 grammes. L’analyse de l’urine, pendanl loule la durée de l’expérience, a démontré que les put réfacl ions intestinales, autant qu'on peut en juger d’après le taux des éthers sulfoconjugués, avaient très notablement diminué dans la période de la consommation du bacille bulgare. Cette diminution a même persisté pendant sept semaines après la cessation des prises de ce microbe. En dehors de cela, Cohendy s’est aperçu que les matières fécales étaient devenues acides et que leur odeur avait sensiblement diminué. Le bacille a mis plusieurs jours pour s’acclimater, mais il a fini par s'implanter à la flore intestinale et a pu être retrouvé dans les déjections encore troimois après la cessation de son absorption par la bouche. Profitant de ce que le bacille bulgare pousse dans du lait acidifié au point qui ne permet plus le développement d’autres microbes, Cohendy s’en est servi pour l’isoler de ses matières fécales. Parmi les bactéries lactiques, le bacille bulgare est un de ceux qui poussent bien à la température du corps humain. Lorsqu’on le cultive en symbiose avec le bacille paralactique à 35°-37°, c’est le bacille bulgare qui se montre le plus fort et qui devient prédominant, tandis qu à des températures plus basses, 180-25°, il se laisse facilement envahir par son concurrent. Les résultats obtenus sur lui-même ont été vérifiés par M. Cohendy sur une trentaine de personnes bien portantes.

Ces données suffisent déjà pour justifier la tentative d implanter le bacille bulgare dans notre flore intestinale, à litre de microbe cultivé bienfaisant. Ceci d’autant plus que plusieurs faits que nous venons de résumer ont été déjà confirmés. Ainsi le I)r Pochon 1 . interne du professeur Combe à Lausanne, qui s'est chargé d expérimenter sur lui-même, avec des cultures de bacilles lactiques, a obtenu des résultats certains au point de vue de l’auto-intoxication intestinale. Seulement le Ur Pochon absorbait des cultures du bacille bulgare en symbiose avec le bacille lactique ordinaire.

11 est vrai que l’on a objecté que le taux des éthers sulfoconjugués excrétés par l’urine est incapable de mesurer t intensité des putréfactions intestinales. Dans ces derniers temps, ce sont surtout Labbé et Ail ry (2) qui s’efforcent de démontrer 1 absence de relation

(1) Voy. Comhk. 1, auto-intoxication intestinale, Paris, S* cnil., 1000.

(2) Comptes rendu* de In Société de biologie, 1906*1907.

BASES DE LA BACTÉRIOTHÉRAPIE INTESTINALE

causale entre les deux ordres de faits : quantité des éthers sulfoconjugués de l’urine et intensité des putréfactions intestinales. Plusieurs de leurs arguments, comme l’excrétion de ces éthers par des animaux en état de jeûne, ont été souvent mis en valeur contre la thèse de Baumann et ses élèves, devenue classique. Il a été répondu que, chez ces animaux, il se produit une forte putréfaction des sucs digestifs déversés dans les intestins, qui deviennent la source des substances entrant en combinaison avec l’acide sulfurique. Mais, sans insister sur les points de détail, un grand nombre de faits bien établis justifient l’évaluation du taux des sulfoconjugués urinaires comme moyen pour juger de l’intensité des putréfactions dans le sein de l’organisme. Nous pouvons d autant plus ne pas entrer iei dans la discussion de cette question, qu’elle ne présente qu’un côté accessoire du problème général qui nous intéresse.

Dernièrement on a fait valoir d’autres objections contre le rôle des ferments lactiques comme antagonistes des putréfactions intestinales. Dans un travail exécuté sous la direclion du professeur P». Pfeiffer à Kœnigsberg, Luer.ssen et Kühn 1) relatent leurs expériences avec les diverses cultures lactiques. Ils ont voulu contrôler les essais d’acclimatation des microbes lactiques, essais entrepris par Cohendy. Dans une expérience avec le bacille bulgare, dont ils prenaient un tiers de litre par jour, les matières fécales, après deux semaines de ce régime, gardèrent leur réaction alcaline, e: ne donnaient sur culture que des faibles quantités de microbe ingéré. Ceux-ci poussèrent encore trois jours après la cessation des prises de bacilles, mais disparurent des matières fécales deux jours plus lard. Il n'a pas été fait de recherches des éthers sulfoconjugués dans les urines.

Dans une autre expérience avec du yahourth complet, qui renfermait trois espèces de microbes lactiques, les matières fécales donnaient toujours une réaction fortement alcaline. Leur ensemencement ne révélait que peu de bacilles bulgares qui disparurent cinq jours après la cessation du yahourth. L’urine de l’un des expérimentateurs a été analysée pendant la période de l’absorption du yahourth et présenta une diminution d’un quart des sulfoconjugués, dont le taux se releva six à dix jours après la fin de l’expérience.

Les auteurs reconnaissent eux-mêmes l’insuffisance des faits obtenus par eux, mais concluent néanmoins que l’idée d’acclimater le bacille bulgare dans notre flore intestinale est absolument erronée. Us s’appuient dans leur critique sur les arguments suivants.

(1) CentralblaU fur Bahlcriologie, elc.. 1I« Abtheilung, vol. XX, 1908, p. 2;U.

JO METCllNIKOFF. — 1 i ACTÉ RIO THÉ K A PI E INTESTINALE.

Lt; bacille bulgare pousse mal sur les milieux «le culture ordinaires à 37°-40°. Les bacilles «lu yahourlh, en général, ne peuvent («as sac climat*' t dans le tube digestif, car ils n’y trouvent pas les conditions favorables pour leur développement. D’un autre côté, Luerssen et Külin ne voient aucune raison pour laquelle les gens bien portants devraient s'introduire des bacilles du yahourlh, lorsqu’ils ont ««déjà assez de producteurs d’acide lactique dans le tiaclerium Utctis aerogenes, le colibacille et les streptocoques intestinaux ».

Le point essentiel dans celte controverse se réduit à la non-confirmation par Luerssen et Kuhn des résultats obtenus par Lohendv. Or, il est bien facile d'expliquer la différence de leurs résultats. Tandis que Cohendy, pendant la période de son expérience, prenait peu de viande (loO gr.), beaucoup de féculents (700 gr.), et d<‘ légumes verts (400 gr.), et mangeait encore 300 grammes de fruits et d'entremets (1), les savants de Kœniusberg continuaient leur régime mixte ordinaire, qui «levait certainement contenir plus de viande et moins de féculents, de légumes verts, de fruits et de matières sucrées. Nous connaissons une personne qui prend tous les jour' un pot de lait caillé préparé avec deux microbes lactiques, et dont les matières fécales restent faiblement alcalines, mais dont la nourriture est en grande partie animale et dans laquelle les végétaux n’entrent que faiblement dans le menu. 11 est de toute évidence que. pour acclimater le bacille bulgare ou un autre microbe lactique, il faut leur donner le moyen de vivre dans notre tube digestif, ce qui a été suffisamment démontré par Cohendy, dont les laits restent absolument exacts.

Il faut d’autanl moins compter sur le rôle antiputride du colibacille, ainsi que le font les élèves de Pfeiffer, que ce microbe est lui-même un fort agent «le destruction des matières azotées. Le lait que les vrais microbes lactiques exercent une action antagoniste vis-à-vis du colibacille, doit encourager encore plus les tentatives pour les acclimater dans notre flore intestinale. Quant à l idée que quelques autres microbes peuvent s’acclimater plus facilement que le bacille bulgare, il n’y a là rien d’impossible ; seulement cette proposition doit être bien démontrée par «les constatations directe? Lt bacille bulgare présente, ce grand avantage que tant inoffensif et n’attaquant cjue très peu les substances albuminoïdes, il est le plu? fort producteur d’acide lactique.

Luerssen et Kühn ont eu parfaitement raison, lorsqu ils ont avancé «[ue le rôle des putréfactions intestinales dans la vieillesse

(l) Comptes rendus de n Société de biologie , 90G,

mars.

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