CLASSIFICATION D’APRÈS LES CARACTÈRES HÉMOLYTIQUES
insisté sur l’hémolyse, d’une part, et sur l’incapacité du streptocoque de pousser dans un filtrat streptococcique, d’autre part; nous proposons d’appeler ce dernier phénomène « le signe de Marmorek ».
Plus de 40 échantillons de streptocoques d’origine humaine ont été essayés par Marmorek au point de vue hémolytique; tous ont donné des résultats positifs. Seuls, les streptocoques isolés des cas de scarlatine hémolysaient moins bien, mais, si faillie qu’elle fût, l’hémolyse a été constatée dans tous les cas.
Quant au deuxième caractère — le signe de Marmorek, — il est également commun, d’après ce savant, à tous les streptocoques. Si l’on ensemence le streptocoque dans une culture en bouillon, filtrée, de ce même échantillon ou d’un échantillon étranger, le bouillon ne se trouble pas, alors que tout autre microbe, tel que le staphylocoque ou le pneumocoque, ensemencé dans le même bouillon filtré, donne une culture abondante.
La grande majorité des chaînettes essayées par Marmorek ayant répondu à ce desideratum biochimique, Marmorek en a conclu qu’elles appartiennent à une seule et même famille. Les streptocoques rencontrés dans la scarlatine s’écartent un peu de cette règle ; ils peuvent donner, dans les conditions indiquées, une culture, bien que très faible. Quant au streptocoque de la gourme, il se distinguo nettement de tous les autres : dans un filtrat streptococcique, il cultive presque aussi bien qu’un microbe étranger. En plus de ces deux réactions biochimiques, Marmorek a vu un troisième argument en faveur de l’unité des streptocoques dans l’action spécifique de son sérum (antitoxique) contre tous les streptocoques, y compris celui de la scarlatine. (Sous ce rapport, également, le streptocoque de la gourme est le seul qui se singularise, le sérum n’ayant aucune action sur lui).
Vu cet ensemble de faits, Marmorek n’a pas hésité à rattacher tous les streptocoques, celui de la gourme excepté, à une même espèce et cela, répétons-le, parce que tous ils hémolysent les globules rouges de lapin, tous ils se montrent incapables de pousser dans un filtrat streptococcique, et tous ils sont justiciables du même sérum antistreptococcique.
Classification basée sur les caractères hémolytiques.
11 est vrai que le phénomène auquel nous avons donné le nom de Marmorek, n’a jusqu’ici soulevé aucune objection. 11 n’en est pas de môme pour ce qui concerne les deux autres qui sont
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passibles de critiques. La conclusion de Marmorek doit donc être acceptée avec réserves. Ainsi, pour l’hémolysine, le fait ne semble pas aussi général que le croyait Marmorek.
Schlesinger (l) a souvent observé des streptocoques soit pathogènes, soit non pathogènes, qui n'hémolysaient pas du tout. .Nousmêmes avons souvent rencontré, au cours de nos études sur le sérum antistreptococcique, des échantillons qui non seulement ne dissolvaient pas les hématies in vivo, ce qui est, du reste, fort rare, mais ne déterminaient pas de diffusion d’hémoglobine in vitro, même après vingt-quatre heures de contact avec les globules. Si, par conséquent, cette propriété d’hémolyser ou de ne pas hémolyser les hématies de lapin devait avoir l’importance que veut lui attacher Marmorek, on aurait dû voir là plutôt un argument sérieux contre l’unité des streptocoques.
Nous nous garderons cependant bien de tirer des conclusions d’aucun genre de ce fait, car, pour nous, la propriété de cultures entières streptococciques de dissoudre les globules rouges est un phénomène de peu d’importance et ne mérite pas d'entrer en ligne de compte dans la discussion qui nous préoccupe.
Ne savons-nous donc pas aujourd’hui que presque tous les microbes sont doués d’un pouvoir hémolytique, à un degré plus ou moins prononcé. Si, à l’exemple de Marmorek, on voulait tirer un parti de cette propriété des streptocoques, il aurait mieux valu, pensons-nous, s’adresser non à des cultures entières, mais à des cultures filtrées, c’est-à-dire au produit que nous avons décrit (2) sous le nom de streptocolysine ; ce produit seul porte en lui un cachet de spécificité : cette streptocolysine filtrée présente des caractères qui ne permettent de la confondre avec aucune autre hémolysine ; de plus, la plupart des microbes cessent d’être hémolytiques aussitôt qu'ils sont filtrés.
Classification basée sur l’agglutination.
Nous allons passer maintenant aux arguments tirés de l'élude des propriétés des sérums antistreptococciques, notamment de leurs propriétés agglutinatives, préventives et fixatrices.
Chaque fois que les caractères morphologiques d’un microbe prêtent à des doutes sur son identité, on a grand avantage à s adresse) à des sérums spécifiques. Ce fut le cas pour les différentes îaies de vibrions que l'on a appris à distinguer, en grande partie, grâce aux
(1) Zcitsckr. f. Hyg.i 1903, vol. XLl\, p.
(2) Annales de V Institut Pasteur, 1901, p. 880.