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CLASSIFICATION CASÉE SUR L’AGGLUTINATION

sérums; ce procédé s’est montré souvent très utile pout les cas du B. typhique, du B. de la dysenterie, du colibacille. Il était tout naturel qu’on l’essayât également pour le streptocoque.

L 'agglutination des streptocoques a été signalée par Van de Velde(l). En immunisant des chevaux avec différents streptocoques, il a remarqué que le sérum était à la fois préventif et agglutinant vis-àvis des streptocoques employés et point vis-à-vis d’autres. Ce parallélisme fut tel qu’il se demanda « si on n’aurait pas dans l’agglutination un moyen sûr eL facile de savoir si un microbe donné est justiciable ou non d’un sérum donné ».

Les mêmes espérances ont été formulées par lavel (2). Nous savons aujourd’hui que ces deux propriétés préventive et agglutinante — n’ont rien de commun entre elles, et ces espérances ont d’autant moins de chances de se réaliseï que l’agglutination des streptocoques est un phénomène éminemment changeant. Déjà Van de Velde a remarqué que l’on a là un réactif peu stable et que le même streptocoque peut s’agglutiner différemment suivant le cas; « ce fait, dit-il, est de nature à enlever une grande partie de sa valeur à la réaction d’agglutination, comme critérium de classification ».

Cette remarque n’est intéressante que parce qu’elle a été faite il y a bientôt quinze ans et qu’à cette époque-là déjà on s’est aperçu que l’agglutination ne saurait être utilisée pour la différenciation des streptocoques.

Cela n’a pas cependant empêché beaucoup d’auteurs de revenir plus tard sur ce phénomène avec l’espoir de baser sur lui une classification rationnelle.

Ainsi, Meyer (3), en 1902, a cru pouvoir diviser les streptocoques d’après la propriété agglulinalive, en deux groupes : dans le premier, il place les streptocoques des angines (scarlatine, rhumatisme, angine simple); dans le deuxième groupe, il range les streptocoques des infections pyogènes.

Mais c’est surtout à la suite de la communication retentissante de Moser (4) que celte question, qui semblait jugée et tombée définitivement dans l’oubli, fut de nouveau appelée à l’ordre du jour. Les tentatives pour démontrer la spécilicité du streptocoque scarlatineux ou sa non-spécificité nous ont valu une série de travaux, dont quelques-uns fort remarquables; ils portent les signatures d’Aronson,

(1) Archives de médec. expérim., 1897, p. 835.

(2) Deutsche mediz. Woeh., 1903, p. 950, 979.

(3) Deutsche rnediz . Woeh., 1902, p. 72.

(4) Loc. cil.

Médic. microbiens, 2» ùdil..

274 A. DESRF.DK A. — SEROTHERAPIE ANTISTREPTOCOCCIQUE-

Neufeld, Weaver, Moser et von Pirquet, Baginsky et Somrnerleld, Tavel, Wlassiewski, Solge et Hasenknopf, Dopter, etc.

On devine que les principaux arguments apportés par ces auteurs pour ou contre la spécificité du streptocoque scarlatineux, roulaient sur des chiffres exprimant le litre agglulinalif de divers sérums vis-à-vis de divers streptocoques. Nous n’entrerons pas dances détails, d’autant plus que la conclusion générale qui se dégage de tous ces travaux, même de ceux qui sont favorables à la spécificité, est que l’agglutination n’est pas à même de trancher celte question .

En effet, si l’on fait abstraction de quelques observations cliniquede Solge et Ilasenknopf (t) qui auraient vu le sérum des malades agglutiner le streptocoque de la scarlatine dans la proportion de 1 : 150, on ne connaît aucun autre fait clinique du même genre.

Moser lui-même, en collaboration avec von Pirquet, a examiné le sérum de 51 malades atteints de scarlatine et un grand nombre de sérums d’autres personnes. >< L’agglutination », disent-ils en manière de conclusion, « se voit plus souvent chez les scarlatineux que chez les non-scarlatineux ; plus souvent dans les cas graves que dans les cas légers ».

On conviendra qu’une pareille conclusion n’est pas de nature à entraîner la conviction en faveur de la spécificité. A côté de cela, Baginsky et Sommerfeld(2), Weaver(3), et Dopter (4) n’ont enregistré que des faits négatifs.

* Tels sont les renseignements puisés dans la clinique.

Quant à l'agglutination des streptocoques scarlatineux par le sérum des animaux immunisés, elle n’est pas non plus en faveur de la conception de Moser. Il nous suffira pour cela de citer un exemple parmi beaucoup d’autres; c’est au travail d’Aronson que nous 1 empruntons. Ce savant a immunisé un cheval avec un streptocoque de la scarlatine et un autre cheval avec un streptocoque isolé d'un cas de septicémie. Lorsque, à la fin de l'immunisation, Aronson essaya les deux sérums vis-à-vis d'un nouvel échantillon de streptocoque scarlatineux, il vit que ce dernier était agglutiné mieux par le sérum du cheval septicémique que par celui du cheval scarlatineux.

On eût été en droit de s’attendre à autre chose d’un streptocoque spécifique. Du reste, l’aggluünabilité des streptocoques par des sérums préparés est extrêmement changeante et ne se prête guère à la précision voulue.

(1) Cenlralbl. f. Bakler., t. XXXII ; Refer., p. «43.

(2) Berlin, klin. IUocA., 1900, p. 588, 618. . a.f

(3) Journal of infect, diseuses, 1904, p. 91 ; Journal of med,c. Research, 1903. p. -4b.

(4) Comptes rendus Soc. Biologie, 1904, p. i87.

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