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ACTION PRÉVENTIVE DU SÉRUM

Ainsi, Neufeld (1) a pu constater que quelquefois un sérum agglutinait mieux un streptocoque étranger que celui avec lequel il avait été préparé; la présence, dans le sérum, de certaines substances comme le tricrésol, suffit pour détruire son pouvoir agglutinant; ce dernier varie sous l’influence du moindre changement de réaction du milieu; et, chose curieuse, le même streptocoque, suivant qu’il est plus ou moins virulent, manifeste un litre agglutinatil diflérent. Neufeld a pu s’en assurer en prenant deux streptocoques de même origine, mais de virulence différente.

Le sérum de Moser, dit antiscarlatineux, se montra très agglutinant (i : 20.000) pour la variété atténuée; mais, dès qu’on le mit en contact avec la variété virulente, il n’y eut pas d’agglutination, même à la proportion de 1 : 100. Lorsque l’auleur exalLa la virulence de la culture atténuée, en la faisant passer plusieurs fois par la souris, le streptocoque, devenu virulent, perdit la propriété de s’agglutiner.

L’agglutinabilité du streptocoque étant très variable, ne convient donc pas à un dosage rigoureux, ce qui lui enlève une grande partie de sa valeur au point de vue auquel nous nous plaçons. Ajoutons à cela que souvent les streptocoques poussent en amas, en donnant de gros grumeaux qu’il est nécessaire de transformer préalablement en une émulsion homogène, avant de procéder aux essais d’agglutination; cette opération préalable varie nécessairement avec chaque expérimentateur, ce qui rend les résultats peu comparables.

Vu toutes ces difficultés, il serait hasardeux de vouloir baser sur le phénomène de l’agglutination des conclusions au sujet de l’unité ou de la multiplicité des streptocoques.

Classification basée sur l’action préventive du sérum.

Comme nous l’avons déjà fait remarquer au début de cet article, si l’on a tant cherché à éclaircir cette question, c’est surtout parce qu’elle est liée à une question pratique fort importante, le mode de préparation du sérum antistreptococcique. Mais alors, il eût été plus simple d’aborder le sujet de face et de voir si un sérum monovalent agit vis-à-vis de tous les streptocoques ou non ; car, en somme, c’est là le point où aboutissent toutes les discussions que nous avons résumées plus haut.

La question fut posée sous cette forme plus d’une fois; mais il y fut répondu de différentes façons.

(1) Zeitschr. f. //; /</., 1903, p. 101.

27 fi A. DESREÙK A. — SIÎROTIÎÉRAPTE ANTISTREPTOCOCCIQUE .

Après que Marmorek oui annoncé (1896) que le sérum préparé avec un seul streptocoque, très virulent pour le lapin, préservait contre toute infection slreptococcique, Méry (1) d’abord (1896), .). Cour-mont 2; ensuite (1898) publièrent des observations qui ne cadraient pas avec celte manière de voir. Le streptocoque, employé par Méry, a été isolé chez un enfant atteint de scarlatine, pendant la vie; injecté à des animaux, ce streptocoque déterminait une infection mortelle, et cela aussi bien chez les animaux traités par le sérum que chez les témoin-. Ce fait s’étant reproduit chez plusieurs animaux, Méry en conclut que « l’unicité du streptocoque, qu’on rencontre en pathologie humaine, lui paraît définitivement infirmée ».

Deux ans plus tard (1898), Courmonl a observé un phénomène analogue avec d'autres streptocoques. 11 essaya sept échantillons dont un était celui de Marmorek : seul, ce dernier fut influencé par le sérum de Marmorek. Ce résultat lui fit penser que les streptocoques représentent une famille microbienne mal différenciée, composée d’une série de variétés impossibles à distinguer; le sérum, qui immunise contre l’une, n’immunise pas contre l’autre ».

Ces critiques n'ont pas cependant ébranlé la conviction de Marmorek qui, dans son mémoire de 1902, persista à affirmer que son sérum, préparé avec la toxine de son streptocoque virulent, est actif vis-à-vis de tous les streptocoques; ce fut même, pour lui. une preuve, comme nous l’avons déjà dit, de l’unité de tous les streptocoques, celui de la gourme excepté.

Conception uniciste d’Aronson et de Neufeld.

Cette thèse uniciste a trouvé des partisans convaincus en la personne de deux autres bactériologistes de valeur, Aronson et Neufeld, qui ne peuvent pas cependant être soupçonnés de tendresse pour le sérum de Marmorek.

Aronson (3) nie catégoriquement la multiplicité des streptocoques. D’après lui, il existe une parenté « extraordinairement grande » entre tous les streptocoques et, à l’appui de son dire, il cite son sérum qui, quoique préparé avec un seul streptocoque, protège contre tous les streptocoques, quelle que soit leur origine.

De même, Neufeld (4), qui a réussi à vacciner des lapins, par un

(1) Comptes rendus Soc. Iliologic, IS90.

(2) Comptes rendus Soc. Hiotogic. 1898.

(3) Berlin. Iclin. Woch., 1902, p. 979, 1006; Deutsche meditinische HocA., 1903,

(4) Loc. cit.

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