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CRITIQUE DE LA CONCEPTION D’ARONSON

procédé très rapide, déclare que son sérum, obtenu avec une seule espèce virulente, préserve les souris, non seulement contre cette espèce, mais même contre les streptocoques étrangers, tels que ceux d’Aronson ou de Marmorek.

Voici donc deux savants qui opèrent sur des animaux différents, qui emploient des procédés d’immunisation différents el qui arrivent à la même conclusion que Marmorek a toujours fait sienne, c’est-adire que le streptocoque est unique dans son espèce et que le sérum monovalent agit contre tous les streptocoques que l’on rencontre chez l’homme.

Tel est le dernier mot au sujet de cette question, d’après les travaux les plus récents.

Critique de la conception d'Aronson.

Est-ce que réellement la question se trouve ainsi résolue?

Tel n’est pas notre avis ; ni les expériences d’Aronson, ni celles de Neufeld ne démontrent l’unité des streptocoques.

Expliquons-nous. Commençons par Aronson.

Ce savant a immunisé des chevaux avec un streptocoque qu’il avait rendu extrêmement virulent en le faisant passer de souris à souris. 11 a obtenu un sérum d’une très grande activité, non seulement pour le streptocoque qui a servi à l’immunisation, mais encore, dit-il, pour d’autres streptocoques de diverses provenances : ainsi, il a pu constater que le streptocoque de la scarlatine est également justiciable de ce sérum, au même titre que son propre streptocoque.

En règle générale, les streptocoques qui sont isolés directement chez l'homme ne sont guère pathogènes pour la souris ; pour les rendre virulents, Aronson a été naturellement obligé de les faire passer plusieurs fois par la souris. Ceci fait, il vit que, quelle que fut l’origine primitive du streptocoque, le sérum était toujours actif. Nous connaissons la conclusion qu’en tire l’auteur. Eh bien, cette conclusion est basée sur une erreur.

En prenant des streptocoques de provenance différente et en les faisant passer par l’oi'ganisme de la souris, en vue d’exaller leur virulence, Aronson leur a enlevé leur individualité et les a transformés tous en une seule espèce, pathogène pour la souris.

Si le sérum monovalent d’Aronson se montre actif vis-à-vis de tous les streptocoques essayés, ce n’est pas parce qu’ils appartiennent, dès leur origine, à la même famille, mais paire qu’Aronson les a uniformisés artificiellement par des passages successifs de souris à souris. 11 n’est dès lors pas surprenant que son sérum, qui avait été préparé

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avec un streptocoque, ayant fait de nombreux passages par la souris, se soit montré actif vis-à-vis de celte espèce unifiée d’Aronson.

Et cela est si vrai que, lorsque cet expérimentateur s’adressa à un streptocoque qui est d’emblée pathogène pour la souris, comme c'est le cas du microbe de la gourme, le sérum n’eut pas d’action sur lui. Par contre, quand le même microbe eut fait plusieurs passages par la souris et que sa virulence se trouva de lu sorte beaucoup plus exaltée, ce même sérum, d’inactif, devint actif.

11 y a là un fait paradoxal : un sérum n’a pas d'action sur un streptocoque peu virulent, puis, devient actif dès que ce streptocoque augmente de virulence.

L’explication en est, cependant, très simple. Le streptocoque delà gourme, tel qu’on le rencontre dans la nature, étant différent de celui d’Aronson, n’est pas justiciable du sérum d’Aronson ; mais ce même streptocoque de la gourme, dès qu’il perd son individualité et se trouve transformé par la souris en un streptocoque particulier que nous appellerons volontiers un streptocoque de passage, devient justiciable du sérum préparé avec un streptocoque semblable, c'est-à-dire avec un streptocoque de passage.

Il s’ensuit donc que tous les essais de sérum, faits par Aronson sur des streptocoques de la scarlatine, de l’angine, etc., n'ont été faits, en réalité, que sur un seul streptocoque, celui de la souris, c'est-à-dire sur le streptocoque de passage.

Quant à savoir si ce sérum monovalent, mis en présence de streptocoques originels de la scarlatine ou d’autres streptococcies humaines, se serait montré efficace, c’est là un problème qui reste encore ouvert.

Aronson lui-même s’en rend compte, car, pour immuniser ses chevaux, il adjoint maintenant à son streptocoque virulent d'autres streplocoques qui n’ont jamais fait de passage par l'animal.

Critique de la conception de Neufetd.

Quant aux recherches de Ncufehl, elles n’autorisent pas non plus, nous semble-t-il, à conclure à l’unité des streplocoques.

Un exemple concret fera mieux comprendre notre pensée.

Cet auteur nous parle d’un lapin qu’il avait immunisé, par son procédé rapide, contre un streptocoque très virulent, F.

Le sérum de ce lapin se montra très actif non seulement vis-à-vis de ce streptocoque F, mais encore vis-à-vis de deux autres streptocoques, celui d’Aronson, isolé de la scarlatine, et celui de Marmorek.

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